Violet Crawley : L’inébranlable duchesse de Grantham

Du 19 au 26 novembre, Critictoo se met à l’heure anglaise avec une semaine dédiée à la télévision britannique. En savoir plus.


Downton Abbey a eu son lot de personnages touchants et hauts en couleur. Mais s’il ne devait en rester qu’une, ce serait indéniablement Lady Violet Crawley. Forte tête, son aplomb et son charisme bien britanniques n’ont d’égal que sa roublardise et sa répartie grinçante. Pendant cinq saisons, Maggie Smith a incarné avec beaucoup de talent la matriarche de la famille Crawley, nous a fait rire et nous a émus, parfois en une seule réplique.

Veuve de Patrick Crawley et mère de Robert (Hugh Bonneville) et Lady Rosamund (Samantha Bond), Violet a également trois petites-filles : Mary (Michelle Dockery), Edith (Laura Carmichael) et Sybil (Jessica Brown Findlay), et trois arrière-petits-enfants George, Sybbie et Marigold. Rien n’a plus d’importance à ses yeux que l’honneur de sa famille et le bonheur des siens – souvent dans cet ordre. Comme elle le rappelle quelquefois, Violet vient d’un milieu noble sans être riche et c’est par le mariage qu’elle s’est hissée dans l’aristocratie anglaise qu’elle incarne aujourd’hui si bien. À la fois sévère et ouverte d’esprit, sa révulsion face à la nouveauté est aussi forte que sa capacité à s’y adapter rapidement.

“I’m a woman, Mary. I can be as contrary as I choose.”

Féministe qui s’ignore et en avance sur son temps, Violet utilise à plusieurs reprises le statut de pauvre petite chose fragile que lui assigne son sexe pour tirer avantage des hommes qui l’entourent et obtenir ce qu’elle souhaite. Plus encline à la discussion et aux changements que ses comparses masculins, c’est souvent à elle que l’on doit les grands bouleversements à Downton. Proche de ses petites-filles, elle voit en la future génération une véritable opportunité de faire évoluer les choses et n’hésite pas à partager les leçons que la vie lui a enseignées.

Violet a depuis longtemps dépassé l’âge de prendre des pincettes et de faire dans l’hypocrisie. Peu lui importe d’être appréciée tant qu’elle est respectée. Elle n’hésite plus alors à dire ce qu’elle pense, avec une franchise déconcertante dont son fils fait souvent les frais. Les mots et l’ironie sont pour elle des armes à utiliser sans modération. Derrière cette carapace se cache un personnage extrêmement sensible et empathique qui s’investit autant pour sa famille que pour ses domestiques, comme lorsqu’elle permet le mariage de Daisy (Sophie McShera) et William (Thomas Howes).

Sa relation avec Isobel Crawley (Penelope Wilton) est l’une des plus intéressantes de Downton Abbey. La confrontation entre la comtesse pleine de grands principes et de cette infirmière travailleuse issue de classe moyenne est explosive et donne lieu à des échanges passionnants. Ces deux femmes au fort caractère et à la langue bien pendue ont bien plus de points communs qu’elles ne l’admettront jamais, et leurs chamailleries persistantes deviendront avec le temps de véritables démonstrations d’affection et de respect.

“Why does everyday involve a fight with an American?”

Si Violet peine en effet à verbaliser ses erreurs, elle sait revoir ses positions et éprouve même une certaine satisfaction à être remise à sa place de temps en temps. Son opinion tranchée sur son excentrique belle-fille américaine Cora (Elizabeth McGovern), par exemple, va évoluer au fil des saisons vers une certaine tendresse, et elle finira aussi par accepter Tom (Allen Leech), mari de Sybil, mais surtout ancien chauffeur, comme un membre à part entière de la famille. Après un violent refus, Violet acceptera également de transformer Downton en hôpital de guerre et ira jusqu’à soutenir le projet.

Malgré ce qu’elle peut laisser penser, la grande dame à la canne n’est pas éternelle, et se trouve très affectée par les malheurs qui frappent à répétition la famille Crawley. La pétillante Violet des débuts perd petit à petit en désinvolture et son fatalisme s’immisce de plus en plus dans ses bonnes répliques. Profondément marquée par la mort de Sybil à la fin de la troisième saison, elle ne s’en remettra jamais vraiment. Les nombreuses disparitions, les problèmes financiers et les aléas du quotidien ne feront qu’accélérer le lent déclin de la duchesse de Grantham dont la santé se fragilise.

“Don’t be defeatist, dear, it’s very middle class.”

Violet, c’est la grand-mère punk dont tout le monde rêve, et la belle-mère grinçante que tout monde redoute. Derrière les gants de soie et les chapeaux extravagants se cache une super star du XIXe siècle au charisme fou, qui s’est imposée dès sa première apparition comme un personnage incontournable de la télévision britannique.

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