Je préviens tout de suite que je m’emballe peut-être un peu rapidement à ce sujet. Cela dit, si comme moi vous en étiez au point d’abandonner CSI, il faut reconnaitre que la surprise n’est pas trop désagréable.

Alors, nous débutons la 11ème saison des enquêtes des célèbres experts de la police scientifique de Las Vegas. Avec désormais plus de 230 épisodes au compteur, on peut dire que c’est un sacré investissement de la part du spectateur que je suis, surtout que j’en ai revu plus de la moitié. Conséquence, arrêter de la regarder n’était pas une décision facile. Et, dans ce genre de cas, je réussis à être plutôt persévérant, comme si j’avais trop fait et qu’abandonner à ce point serait cracher sur l’ultime récompense. Allez savoir, ça vient peut-être du fait que j’ai été au bout de JAG malgré la médiocrité qu’elle avait atteinte, alors ne pas faire autant pour une série comme CSI serait juste un gros manque de respect envers la série et moi-même. La psychologie d’un sériephile est quelque chose de complexe – que voulez-vous – la façon dont on peut s’investir dans une série atteint parfois un niveau affectif étrange.

CSI a eu ses hauts et ses bas. Pour moi, la saison 5 a failli être fatale tellement elle était mauvaise et, à ce niveau, l’arrêter n’aurait pas été difficile. J’ai quand même donné sa chance à la 6ème et ce fut payant. Certains spectateurs disent que la 7ème avec l’histoire du Miniature Killer est celle qui remontât le niveau, mais je ne suis pas d’accord là-dessus, car, à la 6ème, il y a eu un gros virage de pris au niveau artistique et certain des épisodes de cette saison sont simplement excellents.

L’épreuve suivante fut l’arrivée de Dr. Ray. Une demi-saison avec Grissom, une demi avec Langston. La première moitié était convenable, la seconde un peu plus faible, mais avec des idées intéressantes et l’excuse de la mise en place d’une nouvelle dynamique, on pouvait laisser passer.

Il faut reconnaitre que si le départ de Warrick fut sans réel impact, ceux de Grissom et Sara ont profondément affecté la série. Sara, justement, est revenue, mais ça ne fut pas suffisant pour compenser.

La saison 10 fut pénible, même si elle possède quelques épisodes dignes d’intérêt, mais la vitesse à laquelle le show se désagrège à ce niveau est juste catastrophique. Alors, arrêter ou continuer ?

La saison 11 est celle de la dernière chance. Première surprise de taille, Anthony Zuiker reprend les commandes. Et quand le créateur d’une série revient, c’est soit pour sceller la pierre tombale, soit pour sauver les meubles. Par chance, il est motivé et donne une nouvelle impulsion qui n’a en vérité rien de neuf.

Car il faut être honnête, CSI a vécu et ne peut pas réellement se réinventer suffisamment à ce point. Ce qui est fait est donc un retour aux sources et, surtout, une véritable exploitation de l’histoire de la série et des personnages.

Si je dis que je m’emballe, c’est parce qu’il n’y a eu que 4 épisodes de diffusés pour le moment et que tout ceci peut complètement changer.

En tout cas, si on passe l’horreur Bieber du season premiere qui fut relativement bien contenue, ces 4 épisodes ont su faire renaitre les classiques de la série. Mieux que ça, donc, elle va jusqu’à s’appuyer sur d’anciens épisodes, pour faire avancer les nouvelles histoires. On retrouve aussi Las Vegas avec ses casinos, ses conventions, et ses excentricités. On ajoute du guest star de luxe qui est bien utilisé, et des affaires à suivre qui sont pleines de promesses. Et là où je trouve que la série puise véritablement sa force, c’est dans ses personnages.

Il est clair désormais que Nick est le porteur de l’héritage Grissom. Il a été son disciple et est à présent sa voix. L’évolution est naturelle, mais le gain pour le show est palpable. De plus, Dr. Ray est parvenu à imposer son propre style et n’est plus juste le dernier ajout, il est un membre à part entière de l’équipe. Cela dit, tout ceci fonctionne avant tout grâce aux dialogues qui sont bourrés de références qui récompensent largement le spectateur le plus fidèle. À ce niveau, c’est vraiment appréciable d’être ajouté dans l’équation, mais surtout, c’est une intégration totale des personnages dans les histoires, alors qu’il y a très longtemps eu une volonté claire d’éviter que la série devienne dépendante d’eux. C’est d’ailleurs certainement ce point qui a été le plus nuisible aux dernières saisons.

Au final, ce début de saison est prometteur et on peut certainement remercier Zuiker d’être revenu, car c’est de nouveau un plaisir de suivre sa série. Certes, il y a toujours des défauts, mais une fois de plus, à cet âge, on ne peut pas demander à une série de se débarrasser de toutes ses mauvaises habitudes.