CSI a conclu sa 10ème saison en consacrant les trois derniers épisodes à Nate Haskell, le serial killer qui a fait sa première apparition dans la série au moment où Gil Grissom a passé le relai à Ray Langston.

Nate voyait en Ray l’adversaire que tout bon serial killer télévisé rêve d’avoir. Le CSI s’impose comme étant celui qui devra mettre fin au parcours mortel du tueur psychopathe. De ce côté-là, la série a fait quelque chose qu’elle n’avait pas tenté auparavant, puisque Grissom ne fonctionnait clairement pas comme Ray. C’est d’ailleurs probablement pour ça qu’il y a toujours eu une étrange sensation de décalage vis-à-vis du reste de la série dès que Nate Haskell refaisait surface. Ce n’était plus CSI, mais le Ray Langston Show. À un moment, Ray a compris qu’il faisait partie d’une équipe qu’il n’était pas le seul à vouloir mettre fin aux agissements de son autoproclamé ennemi juré. Mais voilà, en cours de route, Dr. Langston a oublié tout cela et le season finale ne peut pas mieux l’exprimer, car il est seul pendant que le reste de l’équipe chasse les preuves qui révèleront si oui ou non ses actes sont condamnables.

Dans les trois derniers épisodes, il y a du bon et du moins inspiré. Le passage à Los Angeles ne tient pas trop la route, mais on en retire d’excellents moments, tout particulièrement avec tout ce qui tourne autour de Nick. La première partie était d’ailleurs une introduction assez efficace qui ne manquait pas d’énergie et de rebondissements, et qui avait en plus le mérite de ramener Sofia Curtis (Louise Lombard). Le dernier épisode, par contre, était plutôt l’opposé. Ça commence par un affrontement et ça se poursuit par de la collecte de preuves qui sert à nous révéler les morceaux manquants de la biographie d’Haskell et qui doit en plus jongler avec un dilemme moral. Ça peine à être captivant et ça donne l’impression que l’école Grissom est forcée de justifier qu’elle est limitée. Sarah et Catherine tentent tant bien que mal de maintenir en place les clés de la philosophie sur laquelle la série s’est construite alors que Ray parait représenter celui qui est là pour démontrer qu’elle devient obsolète à partir du moment où on parvient à prouver que la vérité n’est plus primordiale quand un « monstre » entre dans l’équation.

C’est perturbant à un certain degré, car on peut se demander pourquoi tout n’est pas juste mis en place pour conduire Ray vers la sortie. Il n’est pas indispensable pour la série, ayant en plus atteint le bout de la route avec son ennemi, et même quand on croit qu’il réussit à assumer son rôle dans l’équipe, il trouve le moyen de s’en extirper et de partir en solitaire. Sans Nate Haskell, le personnage se retrouve seul avec ses démons intérieurs et, autant le dire, ce n’est pas réellement intéressant. Il faut avouer que Dr. Ray n’est pas facile à apprécier et que ce qui l’anime le pousse la plupart du temps à le marginaliser encore plus.

En trois épisodes, CSI a donc offert ce qui pourrait très bien être le chant du cygne de Ray Langston, surtout que la fin du season finale ouvre en grand la porte de la sortie. C’est lui qui décide ce qu’il veut faire et c’est la seconde année consécutive que l’on termine au niveau où Ray a la possibilité de quitter le show.

En tout cas, le dernier épisode n’est pas une réussite dans le sens où il inspire surtout un sentiment de confusion au lieu de nous délivrer une aventure palpitante qui aurait pu nous laisser dans l’expectative d’une reprise intense – comme tout bon season finale devrait le faire –, et c’est dommage.