Ce cher Dexter par Jeff Lindsay
Il est lui-même serial-killer quand il ne s’emploie pas à les traquer. Lui, c’est Dexter, expert au service médico-légal de Miami. Un homme tout à fait moral : il ne tue que ceux qui le méritent. Mais aussi très méticuleux : il efface toute trace de sang après avoir découpé les corps… Un jour, il est appelé sur les lieux d’un crime perpétré selon des méthodes très semblables aux siennes. Dexter aurait-t-il rencontré son alter ego ? Ou serait-ce lui qui… Impossible…

Qui, dans le monde télévisuel, n’a pas entendu parler de Dexter, notre sérial killer préféré ? La source de la série se trouve être un livre, Darkly Dreaming Dexter, dont la saison 1 s’est inspiré. La saison 2 venant de s’achever, la curiosité à fini par avoir raison, et je me décide enfin, entre mes 36 autres lectures à lire l’ouvrage. Qu’en est-il réellement, que se cache t-il sur le papier support ? Nous allons faire un petit tour rapide du côté, à l’évidence, d’une des meilleures adaptations que l’on ait eu droit.

Franchement, sans détour, cela vient du cœur : la série télévisée est largement supérieur à l’ouvrage. J’ai été clairement dèçue par ce que j’ai lu. Je n’en attendais pas un roman révolutionnaire, je n’attendais qu’une simple lecture divertissante. Je l’ai à peine eue. Il m’a fallu au total 15 jours pour lire 309 pages. Je lis en règle général beaucoup. Autant dire que là, j’ai eu du mal.
Ce serait mentir de dire que l’ombre de la série ne complique pas la tâche. Bien au contraire. La différence entre nos protagonistes est tellement importante qu’on ne peut que congratuler les scénaristes pour nous avoir offert des personnages authentiques, et de nous avoir épargné les clichés romanesques.
Notre brave Dexter est assez insupportable. Un défaut prime dans la série, c’est l’aspect humain de Dexter, qu’il refuse à l’évidence d’admettre. Il a beau dire qu’il n’a pas de sentiments, c’est faux. Dans le livre, c’est encore pire. En plus d’avoir des sentiments, son arrogance et sa prétention font de lui un être fort désagréable, mais bel et bien doté d’émotions. C’est assez insupportable de constamment lire qu’il n’est pas humain, qu’il ne ressent rien, alors qu’il est presque à se vanter, à jubiler quand il tue, ou je ne sais quoi. Des réactions typiquement humaines.
Le reste n’est pas vraiment développé. 309 pages ne le permettent pas. Deb est une bimbo qui a les mêmes objectifs, et hors son physique, tout ou presque colle à notre Deb de la saison 1. Doakes n’est qu’un gros balourd qui n’aime pas Dexter, et La Guerta se transforme en flic incompétent, qui aime le pouvoir, mais j’insiste, très mauvaise dans son travail et loin d’être une lumière. Le reste n’est pas assez développé, et le Ice Truck Killer occupe une place complètement différente au sein de l’histoire.
Si le début du livre est assez fidèle : sa relation avec Rita, les meurtres, à la moitié, cela prend une tournure différente. Tout est donc centré sur les meurtres, ce que cela évoque à Dexter, et son envie d’en savoir plus. Les changements qui ont eu lieu dans la série ont largement permis un développement plus en profondeur, qui n’a pas lieu dans le livre.
On joue plus sur la simplicité.

Si le lecteur n’a pas vu une image de la série, le livre peut sûrement paraître comme un bon roman de gare, ou de plage. Il fait passer le temps, il est plus qu’oubliable. Il n’y a pas de jeu de pistes, pas de possibilité d’attachement, et pas de véritable envie d’arriver à la fin. Le tueur ne tient que Dexter en haleine, et non le lecteur. C’est un gros défaut, le principal, pour ce type de roman.

Indispensable pour le fan de la série, pour connaître l’œuvre d’origine. Divertissant, et un concept original pour les lecteurs de thriller pas trop exigeant. Un simple roman de gare pour tous les autres.