5 octobre 2000. The WB lance Gilmore Girls, une série offrant le portrait d’une famille différente : une mère célibataire élevant seule sa fille.

La saison 2000-01 de la chaine se présentait sous le signe de la sitcom, avec Nikki ou Grosse Pointe. Mais, c’est la série sur laquelle la chaine ne comptait pas et n’a clairement pas misé qui va s’imposer. En fait, pire que tout, elle la place dans la case meurtrière du jeudi, face à Friends et Survivor. Autant dire que les Gilmore ne vont pas exploser l’audimat. Ce qui n’empêcha pas la série de fournir de bons chiffres, et surtout, d’obtenir des critiques élogieuses. Ces dernières et le bouche à oreille ont permis à la série de grossir. En saison 2, les Gilmore déménagent le mardi pour s’imposer face à Buffy (étant passé de The WB à UPN) et le show était donc en route pour durer encore quelques années. Un succès qui continuera jusqu’à la fin, survivra à la destruction de The WB pour The CW étant, même au moment de son annulation, une des séries les plus suivies de la chaine. L’aventure s’acheva ainsi le 15 mai 2007.

8 septembre 2001. Gilmore Girls débarquait en France le samedi, à 18 heures, un horaire qui lui réussira peu. En fait, pour ses débuts, j’ai peiné à ne pas oublier qu’elle était diffusée, et c’est avec un regret mitigé que j’ai vu la série se faire déprogrammer de la chaine. Mes souvenirs sont un peu moins clairs quant à la diffusion qui suivit pour France 2, vu que j’avais quelque peu lâché l’affaire, n’ayant pas réussi à me remettre dedans. Cela ne concordait définitivement pas à mon emploi du temps. Pour tout dire, Gilmore Girls et moi, ce fut au départ une histoire perturbée, car ma véritable deuxième tentative de visionnage – par voie internet – de la série se bouclera aussi sur un échec, n’arrivant pas trop à me prendre dans le show.

Je ne sais plus trop ce qui m’a réellement poussée à en remettre une couche, mais c’est ce que j’ai fait. Pendant plusieurs mois, Gilmore Girls est alors devenu un rendez-vous quotidien. Du lundi au vendredi, en rentrant des cours, je regardais un épisode de la série avant de devoir (malheureusement !) me plonger dans mes leçons scolaires. Je me souviens bien mieux de ces moments-là, de l’envie de rentrer chez moi pour regarder un épisode, que de ce que j’étudiais à l’époque. C’est ainsi en tout cas que j’ai consommé la seconde partie de la saison 1 jusqu’à la saison 3 (en entière ou non, je me souviens plus précisément). Après, le rythme de diffusion américain a dû tout simplement s’imposer, ou en tout cas, quelque chose en approchant. Je suivrais fidèlement la série jusqu’à sa fin.

Gilmore Girls aura ses hauts et ses bas. Comme tout programme. Au meilleur de sa forme, elle a toujours excellé dans ses conversations à vitesse folle et dans les dynamiques relationnelles de ses personnages. Elle a brillé avec une Lorelai désinvolte et une Rory responsable pour chuter quand les rôles se sont inversés et ont entraîné Rory loin de l’école. Elle s’est toujours montrée extrêmement attachante sur le plan amical, offrant à Lorelai et Sookie une relation faite de bonne humeur, et à Rory et Paris une amitié étrange et crédible. Elle aura eu ses moments forts, décalés, drôles et tristes avec Lane, sa mère, son groupe de rock, sa grossesse. Elle s’est montrée inspirée avec Luke et Jess, beaucoup moins avec Luke et sa fille cachée. Elle n’a quasiment pas fait de faux pas avec le portrait des grands-parents, Emily Gilmore impeccable, froide et touchante, Richard Gilmore, sobre, paternel et tout aussi émouvant. Elle aura égaré Rory pendant quasiment toute une saison, symbolisé par l’histoire de son arbre (un classique inoubliable pour nous rappeler les erreurs d’une série), pour mieux rebondir et offrir à la jeune fille un portrait plus contrasté socialement parlant. Elle était timide et mignonne quand elle mettait en scène les débuts amoureux de Rory avec Dean, plus compliqués pour Jess, et plus terre-à-terre avec Logan. Elle joua des cartes différentes pour Lorelai, avec Luke toujours présent, l’histoire non terminée avec Christopher, et ceux de passage, mais important, Max et Jason. Sans oublier Babette, les différents jobs de Kirk (par moment insupportable), le studio de danse de Miss Patty, et j’en passe, venant égayer Stars Hollow, lieu emblématique de la série, une vision un peu rose bonbon qui participa à l’identité de la série.

Gilmore Girls n’est pas une série parfaite, loin de là. Mais elle occupe une place particulière pour moi, n’ayant jamais trouvé d’équivalent. Légère, attachante, romantique, idéalisée, elle a pendant 7 saisons, soit un total de 153 épisodes, mélangé simplicité de la vie et complexité relationnelle, perturbation familiale et portrait social, excentricité et joie de vivre.

5 octobre 2000, le spectateur américain découvrait Stars Hollow et ses habitants, il rencontrait pour la première fois la famille Gilmore. Sans se douter que 10 ans plus tard, on en parlerait encore.