Histoire d’être encore plus chargée en séries que je ne l’étais déjà, la saison 3 de In Treatment est venue compléter la grille des programmes il y a deux semaines de cela, reprenant la formule de diffusion de la saison 2, soit à coup de deux épisodes par soirée, pour un total de 4 séances – le lundi et le mardi.

A chaque saison ses spécificités. La première comprenait 5 séances étalées du lundi au vendredi. Une formule éprouvante, mais que je préférais, car elle dotait réellement le visionnage d’un aspect « thérapie ». La série n’a jamais joué avec les jours. On aurait pu croire qu’en diffusant deux épisodes d’affilée, on aurait pu suivre deux patients de la même journée. C’est là que la saison se démarquait. A chaque jour sa séance. La saison 2 conservera les cinq séances pour une diffusion adaptée, HBO ayant constaté que les spectateurs regardaient par bloc. Résultat, un jour deux épisodes, le lendemain trois. Toujours basé sur la série Be’Tipul, cette seconde saison ne se montrera pas véritablement à la hauteur des attentes posées par la première, souffrant d’une absence de nouveauté, de redites peu inspirées, et d’un découpage narratif bien trop visible.

Ce qui nous mène à une saison 3 imposant un défi différent : plus de matériel original à adapter. Be’Tipul n’ayant pas dépassé la saison 2, l’équipe créatrice doit tout créer – personnages et storylines (exception faite de Paul, bien entendu). Au vu du travail que demandait déjà la série avant, il n’est pas trop étonnant qu’une séance passe à la trappe pour une formule de 4 épisodes – se concluant, comme on peut s’y attendre, par Paul allant chez sa psy, si ce n’est que ce n’est plus la même. Pour le coup, c’est entre crainte et joie que la saison 3 était attendue, car les scénaristes ont là l’opportunité de sortir un peu du schéma des deux précédentes saisons, mais il est difficile de savoir s’ils en ont l’envie ou l’inspiration. Sur ce plan-là, après deux semaines, soit 8 épisodes, le verdict est partagé, certaines ficelles semblant impossibles à briser, mais les nouveaux patients commencent doucement à s’imposer et prendre leurs distances vis-à-vis des thématiques parfois trop classiques de la série.

Sunil – Premier et nouveau patient, Sunil se montre être un bon moyen de démarrer en douceur, dû à une personnalité calme, en surfant sur un type comportemental assez facilement identifiable. On nous fait le coup du patient qui n’a aucune estime dans la thérapie, mais Paul jouera une autre carte, proposant à Sunil un lieu où il peut s’exprimer et être lui-même, ce qui fait que malgré des idées reçues, le patient se montre de nature ouverte, jouant plus sur le registre d’une conversation. C’est en tout cas, à ce stade, un bon choix d’ouverture, qui n’a pas forcément tout le matériel pour tenir sur la durée, mais on peut compter sur le fils et la belle-sœur pour venir s’immiscer là-dedans.

Frances – Actrice sur le retour et nouvelle patiente, cela démarre mal, nous jouant la carte du passé (sa sœur a consulté Paul). Une routine scénariste qui fait grincer des dents, et il est plutôt satisfaisant de la voir mise de côté dès la seconde séance pour offrir la possibilité à Frances de dépasser le cliché de l’artiste imposée par sa première séance de thérapie et pour exposer des fragilités naturelles, dues à son âge, sa profession, et sa situation familiale. Cela démarrait mal, mais la patiente se montre finalement pleine de promesses.

Jesse – La bonne idée avec Jesse est qu’il était déjà en thérapie. C’est approximativement là que cela s’arrête, car il a 17 ans et est, malheureusement, un cliché ambulant. Ce n’est pas franchement la faute de l’équipe créatrice, vu que le portrait de Jesse est d’un réalisme affligeant. Jeune, adopté, gay, pseudo-artistique, en colère contre le monde, Jesse passe la moitié de ses séances à provoquer Paul (Gabriel Byrne retenant sa colère est parfait !) et l’autre partie à mentir. Difficile de véritablement voir le but de la thérapie quand le patient ne parvient même pas à être honnête, mais vu comment lutte Paul face à lui – et que Jesse est quelque peu forcé d’être là – il y a un procédé naturel, mais qui n’est pas forcément exaltant.

Paul (ou Adele) – A l’image des autres saisons, l’image nous indique Adele, et je ne comprendrais définitivement jamais pourquoi ils n’inscrivent pas Paul, vu que c’est lui qui prend le siège du patient, et Adele est alors la psy. La force d’Adele est qu’il n’y a pas le bagage historique qu’il y avait avec Gina (même si j’ai fortement envie de la revoir). Celle-ci est quand même là, avec son livre, et surtout, l’histoire de Paul plane au-dessus de notre tête. Nous sommes en position de force, car nous connaissons le patient mieux qu’Adele, et que, quoi qu’il advienne, Paul est et restera toujours le plus intéressant, fascinant, et complexe des personnages de In Treatment.

Ainsi, après avoir fait de l’exposition la première semaine, In Treatment parvient à ouvrir pas mal de portes avec la seconde. Sans se débarrasser de certaines vieilles habitudes, les patients parviennent doucement à se dévoiler. Le chemin sera bien sûr difficile, la thérapie, comme nous l’avons déjà vu, n’est pas quelque chose qui se fait sans douleur, mais cela se montre prometteur. Sans oublier Paul, s’imposant encore plus que les saisons passées, en lutte professionnelle et personnelle continuelle.