In Treatment est arrivée au bout de sa troisième saison, nous laissant avec une fin de série qui consiste à pousser Paul à la réalisation qu’il est temps qu’il vive sa vie (je résume).

Pour nous emmener à la fin, trois nouveaux patients et une nouvelle psychiatre ont été introduits puisque la série n’a jamais utilisé la possibilité de poursuivre une thérapie sur plus d’une saison. La raison semble plutôt logique puisqu’on est arrivé au point où les patients ne servaient que de miroirs dans lesquels Paul voyait différents reflets de lui-même. Une fois que l’on est arrivé au bout avec l’un, pourquoi le réexploiter ?

Enfin, cela est surtout présent dans cette dernière saison. Sunil, Frances, et Jesse n’étaient pas là pour eux, mais pour nous parler de Paul, de sa peur d’abandon, de ses problèmes de communication avec sa famille, du fait qu’il ne voulait pas devenir son père, ni sa mère d’ailleurs, du fait qu’il ne sait plus où est sa place, que les lignes sont troublées… qu’il en a marre.

In Treatment est surement la série la plus exigeante qui soit envers ses spectateurs. Même en diminuant d’une dose hebdomadaire, cela reste éprouvant à suivre. On s’investit dans la vie de Paul, dans celles de ses patients, et on traverse avec eux les moments durs, comme on craint ce qu’ils pourraient faire entre deux semaines.

Bref, c’est le genre de série qui se doit d’offrir autant qu’elle demande pour pouvoir avoir une substance justifiant son existence. La triste vérité étant que ce n’est plus le cas et que Paul est là pour nous dire que, malheureusement, il ne le sait que trop bien – même s’il faut attendre la fin pour qu’il s’en rende compte.

Cette saison 3 va alors emmener le psychiatre – puisque les patients ne sont plus réellement là pour autre chose que le faire valoir – sur une route cahoteuse au bout de laquelle se trouve la réponse à ses problèmes et ce fameux aveu de fatigue.

Il a donc 57 ans et il est temps pour lui d’arrêter de ne vivre qu’entre les 4 murs de son cabinet. Il n’a plus que ça, et plus vraiment de vie à côté. Il ne sait plus comment être heureux et est plus préoccupé par sauver les autres que par empêcher sa vie de s’effondrer complètement sur lui. Cela le pousse toujours plus loin dans son investissement avec ses patients et il ne sait plus où il doit s’arrêter, tordant les règles les unes après les autres pour avoir des bribes de relations humaines réelles.

Difficile de ne pas compatir avec lui quand il s’en rend compte, mais cela ne compense pas une saison qui ne fut pas vraiment intéressante. Les patients ont rencontré des difficultés à s’affirmer, et Adèle, la nouvelle psychiatre, a été instrumentalisée d’un bout à l’autre pour « manipuler » Paul afin qu’il arrive là où il le devait.

La fin laisse une impression de légère sérénité, mais est surtout un soulagement, car ça a un peu trop duré et voir une série qui fut si impressionnante n’être que l’ombre d’elle-même n’est pas vraiment une chose que j’apprécie.

In Treatment s’achève et cette fois il semble que ce soit définitif. Pour ceux qui ne lui ont jamais donné une chance, je vous recommande de regarder la première saison qui reste une expérience à part. Je ne regrette pas d’avoir été jusqu’au bout, mais je ne suis pas sûr que cela soit réellement très pertinent de le faire, vu le résultat. À vous de voir, et si vous tentez l’expérience, vous pouvez lire ce que l’on a écrit sur la série dans la catégorie qui lui est dédiée.