C’est le jour du mariage de Grace et Rich, et chacun met ses différents de côté pour l’occasion. Alo est chargé de conduire tout le monde à l’église, mais les choses ne se passent pas comme prévues et le gang est forcé de se séparer aux alentours de Somerset. Seront-ils tous à l’église à temps pour la cérémonie?

C’est déjà le dernier épisode pour cette saison 5 de Skins. Cette fournée aura connue des hauts et des bas, et ce final tombe dans la bonne moyenne, sans pour autant être sensationnel.

Au premier abord, on a le même sentiment que devant Franky (5.01) où l’on se demandait qu’elle mouche avait piqué les scénaristes pour nous sortir un remake de Mean Girls. Un mariage dans Skins, sérieusement ? L’idée était risquée mais les scénaristes s’en seront finalement bien sortis. Bien sûr, cela aide qu’il n’y ait finalement pas de mariage. En effet, après quelques rencontres avec des couples casés, Grace et Rich décident que la vie de couple rangée n’est pas pour eux et c’est tant mieux. Ce n’est pas vraiment surprenant, vu que tout est allé très vite. De plus, l’évènement manque d’ampleur et sert plus de toile de fond aux tergiversations sentimentales du reste du groupe, que de véritable enjeu de fin de saison. Une autre chose regrettable: cette idée saugrenue n’aura été remise en question à aucun moment par leurs « amis ». Mais le résultat reste globalement positif, entre la coupe à la Justin Bieber de Rich et la sympathique réception finale. On passera outre l’histoire du mouchard placé sur Grace par son père, c’était tout bonnement ridicule.

Si le mariage est donc traité un peu par dessus la jambe, les scénaristes se sont beaucoup attardés sur les cas de Mini-Franky (ou Minky), Liv-Matty, Matty-Franky et même Liv-Franky. Et il y avait de quoi faire ! La situation est tellement emmêlée qu’il n’est pas étonnant qu’on ressorte de ce final avec, en définitive, peu de réponses. Ce micmac amoureux se prolongera à coup sûr l’année prochaine, mais certaines combinaisons marchent plus que d’autres. Ainsi, l’association Mini/Franky est la plus agréable à regarder et a le plus fort potentiel. Une paire improbable et qui fonctionne pourtant très bien, grâce à une bonne alchimie entre les actrices. Vivement la saison prochaine pour creuser tout ça. Et puis, quel plaisir de voir Mini remettre Matty à sa place !

On ne peut pas en dire autant de ce dernier et Liv, qui confirment qu’ils sont les personnages les plus égoïstes, voire antipathiques, de cette nouvelle génération. Aujourd’hui, Liv décroche le premier prix avec cette scène ô combien crispante, où elle cherche à séduire Franky, pour les beaux yeux exorbités de Matty. Franky, elle, se fait trimballer, physiquement et mentalement, durant la majorité de l’épisode. Ça s’accorde assez bien avec le thème de cette année, la recherche identitaire. Chacun la tire dans une direction et sa passivité atteint son paroxysme lorsqu’elle se « laisse faire » avec Matty, dans la forêt. La jeune fille se réveillera à temps, pour fuir, fuir cette normalité à laquelle elle aspire, mais qui lui est contre nature. Là encore, la décision se révèlera peu judicieuse.

Le moment de la chute dans le ravin était clairement too much. C’est une ficelle scénaristique facile, mais c’est apparemment ce qu’il fallait pour que chacun réalise qu’ils ont besoin les uns des autres, et que de tourner inlassablement autour du pot ne peut rien apporter de bon. C’est aussi un moyen efficace de réveiller le spectateur, un peu lassé de ces histoires de cœur – il faut le dire – redondantes à la longue.

Ainsi se conclura cette saison 5, sur un happy end avec son gang enfin unifié. Ce serait presque trop gentil, cf. le mini-discours de Nick dans l’église. En tous cas, l’épisode aura grandement bénéficié de ne pas être centré sur un personnage en particulier, un procédé caractéristique de la série qui aura finalement pénalisé cette génération. La faute sûrement à des personnages qui sont encore trop dans le flou eux-mêmes pour porter un épisode à eux-seuls.

En résumé, ce n’est pas le meilleur final que la série nous ait offert. On notera, au passage, qu’il se rapproche, par bien des aspects, de celui de la saison 3 (Cook, Effy and Freddie – 3.10). Mais on ne peut nier le travail bienvenu fait sur les personnages et leurs relations, remarque qui peut s’étendre à la saison en général. C’est dans ces dialogues ambigus et subtils que l’écriture montre toute sa force. C’est aussi dans ces moments que l’on voit que cette troisième génération aura fini par se trouver un ton qui lui est propre, même si cela va parfois à l’encontre de ce que l’on pourrait attendre de Skins.

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