Franky arrive au lycée de Roundview, à Bristol. Elle est bien décidée à changer les choses et ne plus être un paria. Malheureusement pour elle, son look masculin la fait tout de suite sortir du lot et elle se fait très vite une ennemie, en la personne de Mini.

Disons-le tout de suite, ce premier épisode est loin d’être enthousiasmant. On n’a tout simplement pas l’impression d’être devant un épisode de Skins. Le désir des auteurs était visiblement de prendre une approche différente des deux series précédentes, qui étaient très rentre-dedans. Ici, pas de sexe et très peu de drogues, un comble ! Ce n’est pas gênant, car essayer de faire plus outrageux aurait été grotesque. Le risque est de tomber dans le produit aseptisé, risque que l’épisode va avoir du mal à contourner.

Il faut d’abord dire que le scénario de l’épisode est sa plus grosse faiblesse. Il reprend grosso modo l’histoire du film Mean Girls. En soi ce n’est pas un problème, Skins étant connue pour reprendre les clichés du genre à sa sauce. Et c’est justement là que le bât blesse. Alors oui, nous avons la galerie de personnages de teen show caricaturaux (peut-être même plus que d’habitude): la freak, la mean girl, le jock, l’intello, le stoner, le metalleux, le ténébreux… Malheureusement, le scénario ne sortira pas des sentiers battus. Pire, les rebondissements sont prévisibles!

La faute aussi à la thématique de l’épisode: le désir d’intégration. Thématique ô combien classique de tout teen show (Skins la première), l’approche est ici beaucoup trop didactique. Rassurez-vous ce n’est pas du niveau de Glee, mais on a connu la série plus subtile. Le message est louable, mais depuis quand Skins est-elle une série «à message»? La série semble tomber dans les travers qu’elle dénonçait à l’origine.

Mais alors que dire de Franky (Dakota Blue Richards)? Le personnage est a priori la représentante de cette nouvelle génération qui se veut plus accessible, plus réaliste. Difficile de ne pas s’identifier à son désir de passer inaperçue, puis de s’intégrer à la meute par solitude, puis d’exprimer son individualité, etc… Tout est fait pour que le spectateur se voie en elle. Par exemple, son look androgyne permet à n’importe qui de se projeter, fille ou garçon. Mais, à trop vouloir pousser la projection, les scénaristes ont oublié de creuser le personnage.

Bien sûr, on essaie de nous la montrer comme unique avec son dessin animé en motion capture, mais cela reste très superficiel. La série peine à nous faire vraiment entrer dans son univers. Il faut aussi dire qu’elle n’a pas beaucoup de dialogue. Les scénaristes ont sûrement voulu se garder de la marge pour qu’elle évolue et découvre qui elle est. Pour l’instant, Franky reste une coquille vide, qui est censée fasciner mais n’y arrive pas, par manque d’un vraie personnalité. En somme, une tentative manquée de créer la nouvelle Effy, qui elle aussi n’avait que peu de répliques et un look original, mais pourtant avait une tout autre aura.

Vers la fin, l’épisode semble retrouver un peu de l’esprit Skins. Mais même à ce moment-là, la série peine à dire quelque chose. Ainsi, la scène où Franky s’entraîne au tir sombre dans le ridicule avec l’arrivée du beau gosse ténébreux. Ça se voudrait poignant, mais ça ne l’est pas. D’ailleurs, tous les dialogues sont ternes, pour ne pas dire fades, et ces ados n’ont pas la verve de leurs aînés. De même, la réalisation est efficace, mais à l’image du personnage principal, n’ose pas assez.

En conclusion, Franky est comme un faux-départ pour cette troisième génération d’ados de Skins. Mini et Franky ont beau se battre dans la boue, cet épisode est trop propre sur lui. Ce qui manque le plus, au fond, c’est ce côté british qui faisait tout le charme et la spécificité de la série. Le visionnage reste sympathique, mais désespérément lisse. Faisons confiance aux scénaristes pour approfondir les personnages et noircir le tableau, en cours de route. En attendant, la bande-son est toujours excellente!

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