Skins - Freddie (4.05)

Freddie et Effy célèbrent leur amour en vivant leur vie sans se soucier du lendemain. Sex, Drugs and Rock’n’roll! Mais la jeune fille succombe petit à petit à ses démons, et Freddie va tout faire pour sauver celle qu’il aime.

Cet épisode va à coup sûr diviser. Cette saison développe les personnages en prenant le contre-pied de la précédente, si pour certains le risque s’est révélé payant (Cook, Katie), c’est plus discutable ici.

Freddie est finalement plus un épisode sur Effy. La vie du jeune homme tourne autour d’elle et de ce point de vue, on rentre parfaitement dans son univers. Même lorsqu’elle n’est pas présente, on pense à elle. On la voit s’autodétruire sous nos yeux, et comme Freddie on reste impuissant et surtout incrédule.

L’épisode commence pourtant plutôt bien. On voit le couple qui avait eu tant de mal à être réuni enfin heureux, et leur bonheur est contagieux. Leur hédonisme est poussé à l’extrême comme rarement dans la série, avec un montage introductif qui nous immerge dans leur vie à deux où presque toutes les drogues y passent et se conclue par une scène de sexe dans les escaliers (tellement inconfortable).

On suit ensuite Freddie (qui a laissé tomber le skate pour le vélo) reprendre contact avec la réalité. Comme on pouvait s’en douter, les cours et les devoirs sont les derniers de ses soucis, mais de ce côté-là il n’aura pas vraiment le temps de se reprendre.

On creuse un peu sa situation familiale, en introduisant son grand-père. Il représente pour Freddie le dernier lien qui lui reste avec sa mère décédée. Car il y a bien deux femmes dans la vie de Freddie: Effy et sa mère. On découvre ici un ado en colère, qui en veut à son père de l’avoir « laissée » se suicider, contrairement au 3.05 qui n’avait pas du tout donné cette impression.

À part ce détail, le personnage reste fidèle à lui-même. Effy, au contraire, opère un virage radical qui est le point le plus discutable de l’épisode. On la connaissait torturée, mais ici les scénaristes ont décidé de la pousser jusqu’au bout, quittes pour certains à aller trop loin.

Elle avait déjà perdu le contrôle (avec Katie dans le 3.08) mais là il s’agit carrément de maladie mentale! Au début il est difficile de faire la différence entre ce qui peut être dû à toutes les drogues qu’elle ingère (son premier réflexe en se réveillant est de boire une gorgée de vodka) et ce qui relève de la folie.

Ce n’est qu’à partir du moment où elle est sobre qu’on se rend compte qu’elle a vraiment un problème. Le chaos se fait alors total, l’épisode lui-même semble dépourvu de toute structure à part peut-être celle de la chute, du trou noir. Freddie cherche des réponses par tous les moyens, mais les adultes restent inutiles comme toujours dans Skins.

Le jeune homme va tout faire pour empêcher que l’histoire ne se répète, le suicide de sa mère planant comme une épée de Damoclès au dessus de sa tête. L’inévitable finira par arriver après la séquence du carnaval. Cette scène illustre parfaitement l’épisode entier. Elle vient rappeler que le couple est complètement coupé du reste du monde. Freddie y poursuit Effy désespérément. Cette dernière est perdue et sombre dans le chaos.

La fin est une des plus sombres jamais vues dans la série, dans laquelle Cook montre à quel point il a évolué. L’épisode laisse finalement peu de moments de répit: les scènes avec le conseiller d’orientation (très drôles), celle en amoureux dans le champ (dont le filtre rappelle Virgin Suicides, justement!).

Skins nous aura rarement offert un épisode aussi chargé émotionnellement, on tient sûrement là l‘épisode le plus noir de toute la série. On assiste à la destruction du seul personnage qu’on a connu depuis quatre ans, et l’un des plus attachants. Si au premier visionnage, Freddie peut laisser perplexe, il illustre, en réalité, parfaitement son propos et continue de hisser cette series 4 au niveau des deux premières.

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