Grace vit dans un monde de contes de fées. Mais elle doit faire face à la réalité, lorsque Rich rencontre son père, et que celui-ci menace de la renvoyer au lycée pour jeunes filles de Mayberry si elle n’obtient pas un A en théâtre.

De la comédie, de la tragédie. Des amours perturbées par des parents autoritaires, des triangles amoureux, des amants indécis, de la confusion des genres… Il y a tout cela dans Skins, mais aussi dans Shakespeare. Ainsi, les préparatifs de la représentation de Twelfth Night (mis en scène par Grace) au Roundview College servent de très appropriée toile de fond à ce nouvel épisode. Les enjeux et les questionnements présents dans la pièce collent parfaitement à ce qui se passe dans la vie de nos lycéens. Comme toujours avec Shakespeare, les sentiments sont sublimés et portés à leur paroxysme, et les scénaristes l’ont bien compris. On a donc droit à un bel hommage au talent du Barde (superbe discours de Grace) et à sa pertinence, encore aujourd’hui. De plus, les répétitions offrent un contexte quasi-huis clos, qui permet de réunir tous les personnages et de faire avancer les intrigues à un épisode du final.

Plus que les précédents, cet épisode laisse le champ libre aux autres pour exister. C’est en particulier vrai pour Liv et Franky, qui n’en finissent pas de se battre pour un Matty qui fait les gros yeux à se les sortir des orbites. A ce propos, Liv devient de plus en plus antipathique, et son caractère égoïste ressort très fortement, chose qu’on avait seulement entrevue auparavant. Au contraire, en jouant la carte de l’humour, et en la plaçant plus en retrait, Mini gagne en sympathie et est, à présent, très bien intégrée au groupe.

Comme le triangle amoureux ne sera pas résolu avant la semaine prochaine (et encore…), on nous fait patienter en révélant l’orientation sexuelle de Franky. «I’m into people» dit-elle. Une réponse somme toute logique, qui ouvre des champs inédits que la série pourra sûrement explorer la saison prochaine. Le jeu de Dakota Blue Richards, tout en nuances, aura permis durant toute cette saison 5 de créer un personnage profondément attachant malgré sa présence limitée.

Mais, dans tout ça, il ne faudrait pas oublier Grace. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’épisode commence sur les chapeaux de roue, lorsqu’on découvre que son père n’est nul autre que le conseiller d’orientation de Roundview: M. Blood. C’est une très bonne idée de l’intégrer ainsi, car les adultes sont souvent les points faibles de la série. Il aurait certes été plus intéressant de nous montrer son côté humain, mais son côté maléfique fonctionne bien dans l’ambiance conte de fées – Shakespeare.

Grace lutte donc, elle aussi, pour savoir qui elle est. Et avec un paternel pareil et une mère adepte du déni, on peut la comprendre. Les scénaristes montrent qu’ils sont toujours aussi habiles à retranscrire le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Pour Grace il s’agit d’arrêter de vivre dans des histoires, d’arrêter d’être un personnage et d’être enfin soi-même, qui que ce soit. Et qui de mieux pour l’aider que son métalleux de copain Rich? Ce dernier va prouver aujourd’hui l’étendue de son amour et de son engagement, en supportant un dîner gratiné chez les Blood. Mais on retiendra surtout la fin, où il rejoue la scène du balcon de Roméo et Juliette pour sa dulcinée, dans un moment parfaitement romantique (mais pas gnan-gnan). L’annonce finale est complètement inattendue, surtout dans Skins, et nous promet un final intense, la semaine prochaine.

Cette saison de Skins en est déjà à son avant-dernier épisode, et elle semble avoir gardé le meilleur pour la fin. Le milieu des contes de fées cher à Grace, ainsi que l’influence shakespearienne, se ressent dans les histoires qui retrouvent un peu du côté over-the-top des générations précédentes. Mais Grace confirme aussi l’étendue que notre attachement à ces nouveaux personnages a pris en l’espace d’une poignée d’épisodes.

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