Nick est la star du lycée, mais suite au retour de Matty, il est perturbé en voyant son frère se lier d’amitié avec le gang, et de vieilles blessures refont surface.

On en est déjà à plus de la moitié de la saison, et la troisième génération de Skins nous offre son épisode le plus abouti jusqu’à présent. Étonnamment, cette réussite vient d’un personnage dont on n’attendait pas grand-chose : Nick, le «jock». Les scénaristes prouvent qu’ils n’ont pas perdu la main lorsqu’il s’agit de rendre attachant (et surtout complexe) un des pires stéréotypes des séries pour ados.

Nick a donc une vie parfaitement calibrée entre le rugby, ses potes, et sa petite amie parfaite Mini. Il semble s’entendre comme un charme avec son père, une sorte de coach de vie, adepte des slogans du type «Tout ce qui compte, c’est de gagner». On aurait pu craindre une redite du bancal Mini, mais on en est loin. Nick est une excellente source d’humour, là où Mini était juste antipathique. Il faut aussi dire que Sean Teale est très efficace en sportif amateur de blagues poussives.

La seule ombre à ce joli tableau vient de son grand frère, le toujours ténébreux Matty. Ce n’est pas tant du côté de cette relation fraternelle qu’il faudra chercher la réussite. La dynamique rappelle un peu trop celle d’Emily et Katy de la génération précédente, avec le «populaire» qui fait tout comme il faut, et «l’alternatif» qui a été viré de chez lui. Mais, plus que leurs interactions, c’est l’influence que le grand frère a sur le petit qui est intéressante. On sent que Nick aime son frère, mais aussi qu’il l’envie terriblement.

On entre ainsi dans la deuxième dimension de l’épisode: la crise identitaire du jock. Après avoir rit avec le (mais surtout aux dépends du) rugbyman, on compatit à son sort. Cette génération a pour thématique la quête identitaire, et Nick pousse le sujet très loin. Personne ne se sera remis en cause aussi profondément que lui. Il reviendra sur tout: sa relation hypocrite et superficielle avec Mini, sa dévotion à son père, et même sa pratique du rugby. Sa seule certitude semble alors être son amour pour Liv.

Mais comme les choses ne sont jamais aussi simples dans Skins, la jeune fille sort avec le grand frère. Nick enviait déjà énormément son frère qui en une réplique parvient à s’intégrer au gang, alors que ses propres blagues font un flop retentissant. C’est dans ces moments-là que Nick gagne toute notre affection. Cette envie d’être intégré, d’être apprécié, est quelque chose auquel chacun peut s’identifier. Paradoxalement, cela marche d’autant mieux que Nick n’est pas «alternatif/cool» comme les autres. Ce renversement est bien réussi et colle parfaitement à l’esprit non conventionnel de la série, qui semble avoir trouvé son rythme de croisière.

Encore une fois, il faut saluer le travail de l’interprète, qui porte sans effort le personnage durant tout l’épisode. Et cela même dans les passages peu inspirés, comme l’escapade sexuelle avec la mère de famille. On est bien loin de Sebastian de Souza (Matty) qui n’arrive à jouer juste que le sarcasme.

Si Nick ressort clairement gagnant de son épisode, c’est donc une autre histoire pour son frère. Outre les failles de l’acteur mentionnées ci-dessus, Matty s’enferme dans le rôle du bad boy ténébreux, au point qu’il en devient antipathique. Un exemple de cela est le regard aguicheur qu’il lance à Franky, dans le bar. C’est simple, à mesure que notre sympathie grandit pour Nick, elle diminue vis-à-vis de l’aîné Levan.

Pour parler en terme rugbystique, c’est un essai transformé pour Nick. L’épisode équilibre parfaitement les points forts habituels de la série (le côté «fucked up», le détournement des stéréotypes) sans pour autant donner l’impression de se répéter.

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