Spooks – Series 8, Episode 5

La Section D est prise de court quand deux agents de la CIA sont retrouvés morts. Alors qu’elle essaie de trouver le responsable et les véritables motifs, Ros reçoit la visite de son ancien mentor, soulevant des questions sur le passé d’Harry.

Ce 5e épisode démarre assez fort, entre la découverte de la mort de Samuel Walker et celle d’un autre agent de la CIA. Autant dire qu’on ne traine pas et que la menace qui plane prend forme. Il n’est pas difficile pour Harry de relier ces morts à la puissante réunion qui a eu lieu à Basel, surtout quand, avant la mort de Walker, il avait reçu un coup de fil de ce dernier au sujet de cette rencontre.

Les évènements vont prendre une nouvelle tournure quand Ros est contacté par son ancien mentor, Jack Coleville, ancien du MI-6, qui a quitté les services sans raison apparente. Ce dernier ne vient pas les mains vides, mais avec un mémoire, dans lequel un chapitre est consacré à ce bon vieux Harry. Sans surprise, mensonges et trahisons vont s’ensuivre.

L’épisode offre, à travers le personnage de Jack Coleville, l’opportunité de se concentrer d’une façon très subtile sur Ros. La plupart du temps froide et implacable, on découvre alors l’homme qui a créé l’espionne que l’on connaît. Hermione Norris est toujours impeccable dans la série, mais cette histoire lui offre la possibilité de jouer sur différents tableaux, réussissant à exprimer des sentiments, tout en conservant la ligne de conduite qui fait de Ros ce qu’elle est. Ce qui la rend pour le coup encore plus impressionnante. Connaître les codes qui régissent le monde de Ros Myers donne plus de profondeur et de logique à cette femme, qui semble par moment doté de peu de sentiments, mais qui ne fait que suivre quelques règles très simples : servir son pays pour le bien de tous, et surtout, ne jamais prendre de décisions avec lesquelles elle ne peut pas vivre. Ce qui explique finalement beaucoup sur la capacité de Ros à se relever des situations les plus éprouvantes (psychologiquement parlant).

Si le rythme de l’épisode se révèle fort soutenu et entrainant, un petit bémol scénaristique quand même : l’introduction de Jack Coleville se retrouve au départ lié aux morts de la CIA. Et, là, je dois dire, mes espions préférés déçoivent. Comme sorti de nulle part, Coleville ferait son apparition et serait alors le responsable ? Même sans réellement connaître la responsable du meurtre de Walker, il est difficile de tomber dans ce panneau, tellement il est gros. Cela semble être un petit détour scénaristique, assez significatif de cette saison, qui a pas mal précipité les évènements dans sa première partie. Mais, comme souvent, l’atterrissage est parfaitement maitrisé, ce qui permet d’oublier les petites erreurs.

L’affaire autour des deux morts de la CIA est donc temporairement éclipsée par les évènements autour de Coleville, mais ressurgira sur la fin, Ruth ayant eu le temps de mener son enquête. Les soupçons sont donc portés sur Sarah – sans surprise – et Lucas se charge de réellement découvrir si oui ou non elle a joué un rôle dans la mort de son patron.

Un épisode qui amorce donc un virage quand aux manipulations et manigances à grande échelle de la saison, mais qui est avant tout servi par une histoire d’espionnage simple et efficace. Le mélange des ingrédients est parfaitement dosé et maitrisé. Du très bon Spooks.