Après l’explosion de l’hôtel, la Section D doit se remettre de ses pertes et continuer le travail. Rapidement, l’équipe traque un Somalien terroriste, Abib, à bord d’un bateau. Sur celui-ci, Lucas North se retrouve avec Beth Bailey, alors que les évènements prennent une tournure inattendue.

Après une fin de saison littéralement explosive, Spooks est de retour, continuant à compter les corps, mais devant aller de l’avant. En tout cas, c’est un peu l’idée, tout particulièrement pour Harry, bien qu’il soit difficile de laisser les cadavres dans le placard, ces derniers ressurgissant toujours dans un métier comme le leur.

L’excellente introduction se charge de boucler une fois pour toutes ce qui a régi la saison 8, en commençant par l’enterrement de Ros (et une sacrée demande en mariage !) puis l’élimination magistrale de l’ancien Home Secretary. Le nouveau (Simon Russell Beale) prend donc ses quartiers sur un terrain politique complètement différent.

Une fois le générique passé, Nightingale est donc de l’histoire ancienne, ce que n’est pas véritablement la mort de Ros. Celle-ci se transforme en goutte d’eau qui a fait déborder le vase de Harry Pearce, fatigué d’avoir tant de sang sur les mains, de cumuler les morts, et ce, pour maintenir un équilibre. Le combat ne s’arrête jamais, et il souhaite clairement un peu de répit. Seulement, comme Ruth s’exercera tout du long à le faire remarquer, il n’est pas question de ce qu’il veut ou non, mais de ce qu’il doit faire. Et, en ce qui les concerne personnellement, ils ont dépassé depuis longtemps le stade de la vie à deux. La dynamique entre Harry et Ruth n’a jamais été aussi forte et intense.

Enfin, la Section D doit aller au-delà de la mort de son membre le plus important. Lucas North se retrouve à la tête, alors qu’un certain Dimitri (Max Brown) a déjà rejoint les rangs. Son introduction sera la plus réussie du lot, l’équipe se retrouvant à la fin complétée par une Beth Bailey (Sophia Myles) qu’Harry qualifie d’arrogante – et il est difficile de ne pas être d’accord avec lui. En tout cas, le personnage nous est imposé avec une force qui ne joue pas toujours en sa faveur, surtout qu’elle succède à Jo et Ros, et la tâche est sacrément ardue. Elle a donc du caractère, mais la suite va devoir se charger de mettre un peu plus de subtilité dans son comportement pour la rendre plus solide. Cette mise en place se fait par moment au détriment de Dimitri, vu qu’elle est clairement plus mise en valeur ; il aura donc besoin de temps d’antenne pour s’affirmer, quelques scènes de l’épisode laissant présager du bon pour le personnage.

Enfin, les changements à la Section D sont mis en place au sein d’une intrigue assez classique dont le but principal est clairement de faciliter les introductions. Il n’y a rien à reprocher là-dessus, car malgré cet état de fait, l’épisode fournit la dose d’action nécessaire et quelques twists plutôt bien pensés. Le choix scénaristique fait ici est plutôt payant, jouant avant tout sur la psychologie de ses personnages – les nouveaux comme les anciens. Il n’y a finalement que Tariq qui n’est pas vraiment en position de sortir de sa fonction première, mais c’est un détail.

Comme si l’épisode n’en faisait déjà pas assez, il se charge sur la fin de bousculer nos certitudes, avec Lucas North. Après l’avoir adopté (on les aime ces espions !), voilà qu’un certain Vaughn (Iain Glen) refait surface, un homme de son passé qu’il n’est clairement pas heureux de revoir. Avec lui vient donc un soulèvement de questions, né avant tout du fait qu’il l’appelle John et réussir à changer d’identité et travailler dans l’espionnage est plus qu’une tâche compliquée, cela tient presque du miracle. Ainsi, avec sa scène finale, cet épisode nous annonce la couleur pour la saison 9, qui va se charger de remuer l’histoire de Lucas North et de John.

Pour son retour, Spooks fait ses adieux définitifs à l’un de ses personnages majeurs – qui restera « an enigma until the last », – et se lance dans de nouvelles directions avec grande conviction. Cela motive bien pour la suite.

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CaroleC
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