Quand une équipe chinoise arrive à Londres pour un séjour de 48 heures, la Section D devient suspicieuse. Beth doit alors tenter de retourner un agent des services chinois pour découvrir la véritable raison de leur présence.

Ruth : Everyday you make it home in one piece, its a little victory.

À ce stade, on peut se demander si Lucas North passera justement la saison en vie, au vu de l’énergie qu’il met à ce que cela ne soit pas le cas. Sans compter le twist final, fortement inspiré, en tout cas bien plus que tout ce qui se rapproche aux manigances de l’espion, embourbé dans une histoire d’amour aussi répétitif que le chantage qu’il subit. Chance, cet épisode se charge de faire passer Lucas à l’action, juste pour faire empirer son cas. Pendant qu’il s’enfonce dans une situation où l’issue devient quasi invisible – et dont on sait à peine de quoi il retourne ! -, la Section D poursuit son travail.

Beth s’est fait un ami chinois, ce qui est parfait, car ils sont au cœur de cet épisode. Ce ne sont pas des petits joueurs, et avec la CIA venant y mettre son grain de sel (petit, mais présent quand même), nous tenons là des adversaires de taille, animés par le patriotisme et la franchise. Ils passent rarement par quatre chemins.

La Section D doit donc découvrir ce qu’une équipe de Chinois fait à Londres, ce qui permettra d’envoyer Ruth sur le terrain, pour découvrir que les Chinois veulent mettre la main sur la scientifique Jiang Lee. Si le début de l’épisode laissait supposer qu’Harry et Ruth occuperaient une place moins prépondérante, la suite se chargera en tout cas de fournir à Ruth l’occasion de sortir du bureau pour s’affirmer et prendre le contrôle. Impeccable, elle maitrise de bout en bout.

Elle offre une certaine crédibilité à une histoire qui est au départ assez bancale, l’intrusion dans l’ambassade n’étant pas un moment fort inspiré, même si cela parvient quand même à faire grimper la pression. De même, Beth peine à être crédible dans quelques scènes avec Kai, son inexpérience affaiblissant considérablement les premières interactions. Pourquoi nous avoir mis Beth dans ce rôle alors ? C’est clairement pour la placer dans une position difficile pour sa personne, tout en explorant la relation qu’elle aura développée avec l’agent des services chinois. Ainsi, Benedict Wong se charge d’offrir la complexité nécessaire à son personnage, prenant plus que les devants, épaulé par un second twist mieux maitrisé que le premier. Nous avons une nouvelle fois le droit à un portrait travaillé d’un homme dans une position dangereuse, et des dynamiques relationnelles qui font plus que crédibiliser, mais donne la substance nécessaire à l’intrigue. Avec deux scènes, Ruth et Jiang Lee illustrent aussi ce point.

Dans cet ensemble, il faut aussi noter que Dimitri a pour mon plus grand plaisir plus de lignes de dialogues, avec clairement la tentative de développer ici quelques liens avec Beth.

Spooks nous livre ici un épisode qui va avoir quelques difficultés à démarrer, se montrant grossier et moyennement inspiré dans sa première partie, mais parviendra à relever la barre dans sa seconde moitié, et possédant un retournement final qui pourrait enfin donner un véritable intérêt à l’intrigue autour de Lucas North. Affaire à suivre …