La Section D est à la poursuite de Lucas North. Pour les aider, Harry décide de faire appel à un spécialiste. De plus en plus désespéré, Lucas joue au chat et à la souris avec Harry.

Nous arrivons à la fin de cette neuvième saison de Spooks, parfaite illustration des forces et faiblesses de la série. Cherchant définitivement à connecter ses épisodes par un fil rouge, nous avons ainsi suivi la destruction du personnage de Lucas North, celui-là même qui fut responsable à sa façon de la résurrection de la série – ou en tout cas qui l’avait ramené à son plus haut niveau. Il y a finalement toute une symbolique à cela, quand on y songe.

Quoi qu’il en soit, ce dernier épisode ne va pas transformer cette dernière saison en masterpiece caché, ni soudainement fournir une crédibilité plus palpable à l’intrigue qui fut développée. Rien de tout cela, l’intrigue misant encore sur une action efficace pour aboutir sur la confrontation de Lucas et Harry.

Pour en arriver là, il y aura différentes étapes à franchir. Lucas North – ou John – s’illustre aisément, du fait qu’il connaît ses adversaires. La grande faiblesse de Harry Pearce a toujours était Ruth, et il va l’utiliser (en même temps qu’il pousse au mariage !) pour obtenir Albany. Harry, quant à lui, fera ce qu’il fait de mieux : manipuler tout le monde ou presque pour tenter de prendre le contrôle de la situation. Seulement, avec la vie de Ruth mise en péril, sa mission se montre plus souvent casse-gueule qu’autre chose.

Enfin, pour tenter de débusquer Lucas, Harry fait appel à Alec White, ancien spécialiste des affaires internes, homme qui a un fort penchant pour la bouteille et dont le caractère a aussi participé à son éviction. Un point de vue extérieur sous exploité, mais diablement séduisant, Alec White étant pile le type de personnages qui a manqué à cette saison, ambigu et  charismatique. C’est donc avec un certain regret qu’il n’occupera qu’un petit rôle dans l’épisode, se retrouvant rapidement mis à la même échelle que Beth et Dimitri, une nouvelle fois mis au rencart pour n’être que de simples marionnettes. Les deux personnages ont tous deux eu au cours de cette saison des possibilités pour s’affirmer, et ont du potentiel, mais leur manque de développement, les deux espions passant continuellement après Lucas, n’aura certainement pas aidé à les établir. Cette fin ne semble vouloir que confirmer que cela ne fut jamais au programme (à croire qu’aucune leçon n’a été tirée du cas de Zaf, personnage plein de promesses, mais inexploité).

Le mystère Albany trouvera donc des réponses. Sans surprendre, il participera à conduire Lucas North vers sa chute visible depuis déjà trop d’épisodes. Cela n’empêchera pas le personnage d’émouvoir, jouant avec notre attachement, aussi palpable que celui qui existe avec ses anciens collègues désespérés de constater dans quel bourbier il s’est mis. Nous sommes donc pareils, aidés par le fait que Richard Armitage parvient réellement dans la dernière partie à pousser son personnage sur un territoire peu familier (et on ne peut pas dire que l’acteur fut brillant cette saison !). La sortie de Lucas North est teintée d’amertume, de regrets et de nostalgie, et elle colle parfaitement au sentiment que l’on peut avoir envers la série.

Cette dernière nous laisse avec un Harry Pearce qui arrive définitivement au bout du rouleau. Après la perte de Ros et celle de Lucas, le voilà mis sur la sellette, et il est difficile de ne pas voir là l’annonce d’une fin approchante – la série revenant en 2011, comme on nous le dit à la toute fin.