Bo, serveuse qui possède des pouvoirs qu’elle ne comprend et ne maitrise pas, vient en aide à Kensie, une jeune pickpocket sur le point de se faire agresser. Le cadavre qu’elle laisse derrière elles la fera remarquer par un groupe de créatures surnaturelles, les Fae.

Lost Girl est une nouvelle série canadienne de la chaine Showcase. Elle nous propose d’entrer avec Bo, une succube qui s’ignore, dans le monde fantastique des Fae (dénomination commune pour toutes les créatures d’ordre surnaturel).

Donc, comme dans toute série de genre qui se respecte, ce pilote va nous introduire à son héroïne et s’efforcer de poser les codes qui régissent l’univers dans lequel elle doit apprendre à naviguer.

Tout commence par une démonstration des pouvoirs de Bo, la belle et mystérieuse barmaid qui vient en aide à la jeune criminelle qui fait les poches des clients et qui est sur le point de se faire agresser, au mieux. La première victime est donc un pourri, histoire de montrer que Bo est du bon côté. Cela dit, la suite va rester plutôt floue sur le rôle de chacun, à savoir, qui est bon ou mauvais.

À la base, on serait enclin à penser qu’à l’exception du gentil flic/Fae, personne n’est vraiment recommandable. Ceci étant, si on n’entre pas trop dans ce genre de considération, il est appréciable que le choix ait été fait de laisser des ouvertures de ce côté, afin de ne pas ancrer immédiatement la série dans un univers manichéen, bien qu’un clan soit la nuit et l’autre le jour – figurativement parlant. Le concept n’est pas nouveau et la dénomination, ainsi que la représentation, dans certaines limites, rappellent les concepts à la base des livres et films Daywatch/Nightwatch/…  Espérons alors que les scénaristes de Lost Girl sauront manier les nuances comme Sergei Lukyanenko, et surtout, parviendront à étoffer rapidement leur univers.

Les Fae offrent donc beaucoup de possibilités, mais ce n’est pas pour cela que regarder la suite va forcément s’avérer comme une évidence, car s’il y a des idées, la série manque de finesse dans leur mise en place (et sérieusement dans leur mise en scène). Il est indéniable que ce genre de production possède son public qui, dernièrement, doit être plutôt en manque. Lost Girl pourrait donc facilement combler le trou.

Il n’empêche qu’elle a un côté légèrement grotesque qui ne facilite pas l’adhésion et qui, par moment, tend à devenir ridicule quand les lignes de dialogues le deviennent elles-mêmes.

Lost Girl marche sur une ligne assez fine entre la série B à potentiel et la mauvaise blague. Cela dit, si on apprécie le genre de fantaisies qu’elle véhicule, il ne devrait pas être trop difficile de se laisser entrainer dans la suite, du moins, le temps de découvrir si oui ou non cette série peut éviter les pièges qu’elle s’est elle-même posé.