Doctor Who – The Beast Below (5.02)

Par • Publié le : 10/04/2010 à 22:10 • 9 commentaires.

Le Doctor emmène Amy sur le Starship UK, soit le Royaume-Uni en déplacement dans l’espace. Bien entendu, l’aventure va être mouvementée.

I’m the bloody Queen mate, and basically I rule.

Il y a du pain sur la planche pour cette saison 5 de Doctor Who, devant nous présenter le Doctor et sa nouvelle compagne. Nous ne savons pas grand-chose des protagonistes à ce stade, et l’épisode aura en partie pour vocation d’expliciter leurs principaux traits de caractères.

Une scène introductive plus tard servant à resituer nos deux personnages, le Doctor et Amy arrivent sur un autre vaisseau, le Starship UK, qui va se révéler être une référence directe à l’œuvre majeure de Terry Pratchett. Ce qui me rappelle pour le coup l’autre grosse référence de l’épisode, avec Amy en pyjama, écho à la première aventure avec le dixième Doctor, elle-même tirant son origine du Guide galactique.

Quoi qu’il en soit, le Doctor et Amy vont vite se séparer, ce qui m’a paru assez peu sensé, car cela se fait volontairement. Aussi courageuse soit notre Écossaise, cela manque singulièrement de naturel, et sert surtout les intérêts de l’intrigue qui a besoin d’évoluer plus rapidement, avant que nos deux voyageurs ne soient réunis.

Les deux vont avoir le droit à une exploration plus poussée de leurs personnalités, pour que le spectateur les découvre un peu plus. Amy se montre débrouillarde, aventurière, mais aussi très angoissée par son mariage. Une histoire qui risque d’être approfondie au fil des épisodes, ou en tout cas jusqu’au retour sur Terre, à notre époque (ce qui n’est pas pour tout de suite).

Le Doctor, quant à lui, fait une nouvelle fois une démonstration de son arrogance, à l’aide d’un parallèle entre son passé de Time Lord (il faut bien qu’Amy soit mise au courant) et de l’intrigue en place. C’est fait de façon assez vulgaire, peu aidée par la rapidité à laquelle l’histoire est résolue (ceci n’étant pas un défaut nouveau de la série). Enfin, ce onzième Doctor est aussi très bavard et se révèle être un excellent menteur. Ces deux traits de caractère étant certainement ce qui promet le plus !

Enfin, dans cette histoire, autant le dire, nos deux amis se font quelque peu voler la vedette par Sophie Okonedo, excellente (ce qui est une habitude chez elle), en Reine Elizabeth X. Elle est assurément ce qu’il y a de plus marquant et mémorable dans l’épisode.

Pour conclure, après une reprise franchement réussie, The Beast Below se révèle quelque peu décevant, nous offrant une histoire trop basique qui peine à être efficace,  Moffat y allant en plus avec de gros sabots pour les explications et résolutions.

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Vos Commentaires

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  • Raphaël |

    Les détails qui tuent : l’eau qui ne tremble pas, faute de moteur. Il n’y a que Moffat pour en faire un élément crucial. Certes, moins de temps que pour le précédent épisode, donc ça s’enchaîne très, trop vite. Mais le script est original (oui, malgré quelques échos d’un certain épisode de la saison 27, il y a de réelles surprises), intelligent (pas forcément niveau subtilité, mais assurément niveau rebondissements, toujours les réelles surprises et le bon ficelage d’ensemble), divertissant, bardé de références à la littérature traditionnelle de science-fiction comme le fait judicieusement remarquer Carole (à ce propos, les multiples ouvrages du Disque-Monde, je les recommande vivement, ainsi que les téléfilms produits sur cet univers). Je n’irais pas dire que l’épisode est un cran en-dessous du précédent, simplement qu’il est plus rapide, mais réussit pleinement dans sa tâche de divertissement amputé de 35% de durée par rapport à l’épisode précédent. Bref, une bonne continuation de The Eleventh Hour, en attendant Victory of the Daleks la semaine prochaine, inutile de cracher sur du bon Doctor Who quand ça se présente à nos yeux.

  • Raphaël |

    Ah oui, un détail particulièrement appréciable : le steampunk omniprésent au sein de Starship UK, ça confère à l’ensemble une super ambiance :-)

  • Lo |

    Après avoir adoré le premier, je trouve également que celui ci est un peu moins bien.
    on dirait vraiment que l’histoire était trop riche pour tenir dans 45 minutes. Et pas que parce qu’il est rapide, mais plein d’éléments ne servent finalement à rien. Les “smilers” par exemple, après avoir été introduits pour faire flipper les gamins, ne sont absolument plus exploités ni expliqués. Néanmoins l’histoire est très intéressante, avec plein de détails vraiment bien fichus comme les verres d’eau ou cette histoire de vote.
    Par contre oui, le parallèle Docteur/créature était quand même bien bien lourdement présenté, et surtout expliquer deux fois, ce qui n’était vraiment pas nécessaire devant la simplicité du procédé.
    Et aussi, je suis un peu dubitative sur le comportement d’Amy. Elle me paraît accepter un peu trop facilement tout ce qu’on lui envoie à la tête, et ne pose pas les questions que je m’attendrais à voir un être humain moyen poser, notamment sur le docteur et les Time Lords et tout ça. Et aussi, j’ai plus l’impression que le docteur la teste en permanence plutôt que de la laisser s’installer dans son rôle de compagne. Il la force à enquêter seule très vite, pis ne lui pardonne pas qu’elle est fait une erreur, essaye quasiment de la “former” à repérer ce qui est important, etc. Du coup je ne sais pas si tout ça vient d’une écriture un peu maladroite, ou s’il y a quelque chose à comprendre sur la présence d’Amy à bord du Tardis.
    Par contre si il y a un truc dont je ne doute pas, c’est que j’aime de plus en plus ce nouveau docteur! Il atteint un tout autre niveau de folie que le précédent, est encore plus difficile à suivre.
    Oh et il me semble que dans la critique vous vouliez dire Douglas Adams plutôt que de Terry Pratchett, si je ne fais pas erreur.

    • Raphaël |

      Pour Douglas Adams et Terry Pratchett, elle mentionne clairement les deux séparément dans sa critique. “Ce qui me rappelle pour le coup l’autre grosse référence de l’épisode, avec Amy en pyjama” : l’AUTRE grosse référence. Amy en pyjama, il suffit d’avoir vu le film H2G2 pour savoir à quoi il est fait allusion d’ailleurs, mais sinon, les traductions françaises de la saga de Douglas Adams, aux éditions Folio SF, sont particulièrement bien faites (merci à Jean Bonnefoy), bien mieux que celles de Discworld en tout cas, et je ne puis que conseiller de se jeter dessus.

    • Lo |

      Oui pardon, en fait j’avais mal compris la remarque et je croyais que Carole faisait référence au Starship Titanic de Douglas Admas pour la première référence qu’elle évoquait. Désolée de l’étourderie, le nom du vaisseau m’aura induite en erreur!
      Par contre c’est étonnant cette opinion sur les traductions, on entend généralement plutôt l’inverse, et le travail de Patrick Couton sur les Disque-monde est bien souvent encensé. Enfin je dis ça mais je n’ai pas d’opinion personnel sur le sujet, j’ai n’ai pratiquement lu les deux auteurs qu’en français.

    • Raphaël |

      Ben l’accueil de la traduction Bonnefoy se fait très mal pour une bonne moitié des gens, mais elle est très bien reçue par une autre moitié : disons qu’il prend beaucoup de libertés par rapport au texte original, rajoutant même des blagues là où il n’y en a pas par exemple, mais le côté non-littéral de sa traduction fait justement qu’on a un français qui ne sonne pas trop anglais, qui ne donne pas l’impression d’être une traduction, qui a une vraie valeur d’adaptation et non pas seulement de réécriture, là où pour le Discworld, la traduction est plus consensuelle car plus littérale, mais du coup le français sonne vraiment anglicisé. Étant dans l’esprit qu’une bonne traduction n’hésite pas à prendre des libertés par rapport au texte original rien que pour exploiter les possibilités de sa langue, je reproche à Chateaubriand d’avoir une traduction mal écrite bien que littérale de Paradise Lost de Milton, et j’encense Baudelaire, quitte à beaucoup s’éloigner par moments du texte original, d’avoir effectué une traduction très belle de Poe. Pareillement, lorsque je fais un comparatif paragraphes à paragraphes des Martian Chronicles de Bradbury et de la traduction française, la traduction française est amputée d’éléments importants certes (les dates de la chronologie qui tombent à la trapep !) et est beaucoup plus longue (ça pue le rajout) mais elle est beaucoup plus poétique : Bradbury en anglais est fluide, se lit facilement, en français c’est moins facile à lire, mais beaucoup plus beau. C’est une question de goût je pense : certains comme moi préféreront la traduction qui est une vraie écriture, une adaptation libre, d’autres préféreront la réécriture fidèle mais au style haché. Enfin, pour ceux qui sont allergiques à la traduction Bonnefoy, précisons que les cinq volumes H2G2 (bien qu’un sixième va sortir, neuf ans après le décès de Douglas Adams !) ressortent aux éditions DeNoël : la traduction a été “harmonisée”, entendre par là qu’elle a été complètement remaniée pour mieux coller au texte d’origine et que beaucoup d’ajouts sont passés à la trappe.

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