
La Section D est prise de court quand deux agents de la CIA sont retrouvés morts. Alors qu’elle essaie de trouver le responsable et les véritables motifs, Ros reçoit la visite de son ancien mentor, soulevant des questions sur le passé d’Harry.
Ce 5e épisode démarre assez fort, entre la découverte de la mort de Samuel Walker et celle d’un autre agent de la CIA. Autant dire qu’on ne traine pas et que la menace qui plane prend forme. Il n’est pas difficile pour Harry de relier ces morts à la puissante réunion qui a eu lieu à Basel, surtout quand, avant la mort de Walker, il avait reçu un coup de fil de ce dernier au sujet de cette rencontre.
Les évènements vont prendre une nouvelle tournure quand Ros est contacté par son ancien mentor, Jack Coleville, ancien du MI-6, qui a quitté les services sans raison apparente. Ce dernier ne vient pas les mains vides, mais avec un mémoire, dans lequel un chapitre est consacré à ce bon vieux Harry. Sans surprise, mensonges et trahisons vont s’ensuivre.
L’épisode offre, à travers le personnage de Jack Coleville, l’opportunité de se concentrer d’une façon très subtile sur Ros. La plupart du temps froide et implacable, on découvre alors l’homme qui a créé l’espionne que l’on connaît. Hermione Norris est toujours impeccable dans la série, mais cette histoire lui offre la possibilité de jouer sur différents tableaux, réussissant à exprimer des sentiments, tout en conservant la ligne de conduite qui fait de Ros ce qu’elle est. Ce qui la rend pour le coup encore plus impressionnante. Connaître les codes qui régissent le monde de Ros Myers donne plus de profondeur et de logique à cette femme, qui semble par moment doté de peu de sentiments, mais qui ne fait que suivre quelques règles très simples : servir son pays pour le bien de tous, et surtout, ne jamais prendre de décisions avec lesquelles elle ne peut pas vivre. Ce qui explique finalement beaucoup sur la capacité de Ros à se relever des situations les plus éprouvantes (psychologiquement parlant).
Si le rythme de l’épisode se révèle fort soutenu et entrainant, un petit bémol scénaristique quand même : l’introduction de Jack Coleville se retrouve au départ lié aux morts de la CIA. Et, là , je dois dire, mes espions préférés déçoivent. Comme sorti de nulle part, Coleville ferait son apparition et serait alors le responsable ? Même sans réellement connaître la responsable du meurtre de Walker, il est difficile de tomber dans ce panneau, tellement il est gros. Cela semble être un petit détour scénaristique, assez significatif de cette saison, qui a pas mal précipité les évènements dans sa première partie. Mais, comme souvent, l’atterrissage est parfaitement maitrisé, ce qui permet d’oublier les petites erreurs.
L’affaire autour des deux morts de la CIA est donc temporairement éclipsée par les évènements autour de Coleville, mais ressurgira sur la fin, Ruth ayant eu le temps de mener son enquête. Les soupçons sont donc portés sur Sarah – sans surprise – et Lucas se charge de réellement découvrir si oui ou non elle a joué un rôle dans la mort de son patron.
Un épisode qui amorce donc un virage quand aux manipulations et manigances à grande échelle de la saison, mais qui est avant tout servi par une histoire d’espionnage simple et efficace. Le mélange des ingrédients est parfaitement dosé et maitrisé. Du très bon Spooks.
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L’épisode est efficace, avec un rythme soutenu effectivement. Cependant, même si j’étais contente que la série prenne le temps de s’intéresser à Ros, l’introduction de son mentor, parachuté dans l’intrigue générale, m’est apparue trop artificielle. Cela donne un “toutélié” un peu brouillon, pas pleinement convaincant. Les pièces du puzzle s’imbriquent de façon un peu trop facile.
Par contre, le fait pour le MI5 d’identifier aussi rapidement le double jeu de Sarah est un plus pour la trame globale. Cela évite de stagner dans un jeu de manipulation à sens unique ; et permet au MI5 de reprendre un peu la main. Mais, Sarah m’apparaît par bien des côtés, surtout dans cet épisode, très amateur. En terme d’ambivalence et de réels adversaires, elle apparaît surtout comme un pion (peut-être est-ce le cas)…
Il n’empêche que cette saison 8, après 5 épisodes, se situe quand même dans la moitié basse de la série en terme de qualité. Ca donne très artificiel jusqu’à présent, un peu trop précipité et insuffisamment subtil. La suite permettra peut-être de relever le niveau pour conclure en beauté. Qui sait!
Personnellement, cet épisode est mon préféré depuis ce début de saison. Le coup du toutéliage (qui heureusement n’en est pas vraiment un) n’était pas très inspiré, mais est assez significatif de la façon dont la saison a de précipiter les évènements. Ils ont par contre un don pour retomber sur leurs pattes, c’est assez incroyable.
Perso, Sarah ne m’est jamais apparu être autre chose qu’un pion pour tout dire.
Autrement, ce n’est pas le meilleur de Spooks, ils tendent à avoir des difficultés à rebâtir le Grid, ce qui pénalise pas mal la saison à mon avis, servi par une intrigue globale trop poussé dans le décor.
Je n’arrive pas à avoir une opinion tranchée à propos de cet épisode.
Dans le positif, je trouve Ros tout à fait exceptionnelle, notamment la scène de la poursuite et de l’affrontement avec son ex mentor est d’une grande intensité.
Il me semble également que c’est plutôt une bonne solution de ne pas continuer à traîner la traitrise de Sarah comme un boulet, même si la révélation finale est un peu tirée par les cheveux avec Lucas au téléphone et Sarah (ou plutôt ses jambes) juste dans la pièce voisine. La section D sait maintenant à quoi s’en tenir à ce sujet et va devoir adapter sa tactique en conséquence.
Dans le négatif, “le coup du toutéliage”, les ficelles pour entrelacer l’intrigue Coleville et celle du complot mystérieux de Bâle ne passent pas très bien, l’impression de placage est un peu trop forte pour moi.
J’ai l’impression que cette saison 8 peine à trouver sa vitesse de croisière, je n’y retrouve pas non plus la cohérence et l’équilibre que présentait la saison 7. Le retour de Ruth ne suffit pas à donner de l’épaisseur à l’ensemble et pour le moment, je trouve le comportement de Harry assez étrange, sans que j’arrive à expliquer pourquoi.
Les épisodes à venir apporteront peut-être une réponse à cette question.