Billie Piper dans A Passionate Woman

Il m’arrive assez rarement de ne pas aller au bout d’une série de deux épisodes made in England. D’abord, car même si la première partie ne m’a pas totalement convaincue, je me dis souvent que la seconde peut relever le niveau. Ensuite, il y a souvent quelqu’un que j’aime bien au casting et c’est parfois suffisant. Ma curiosité maladive fait tout le travail, finalement.

Il y a bien sûr des exceptions, et aujourd’hui je vais vous parler de l’une d’elles : A Passionate Woman.

Me voilà devant le dernier period drama de BBC (première partie diffusée dimanche 11 avril) mettant en scène Billie Piper dans le Leeds des années 1950. Billie y joue Betty, une femme mariée avec un bébé, qui n’est pas épanouie. Que ce soit psychologiquement ou sexuellement. Difficile de réellement se rendre compte de ce qui ne va pas avec son mari, ce dernier passant une grande partie des 1h30 à demander à sa chère et tendre où elle était et à pointer du doigt qu’elle est en retard. Forcément, avec cela, on va loin.

Mais où est Billie/Betty ? À fricoter avec un beau polonais, qui lui vante sa beauté et ses charmes et lui montre ses belles dents blanches. Apparemment, il n’en faut pas plus à notre Betty pour se sentir l’envie de devenir une femme adultère, ce qu’elle reprochait justement au début à sa sœur. Tout en la soutenant quand même, c’est la famille ! Des femmes malheureuses qui trompent leur mari, il y en a donc un paquet dans le coin. En fait, des couples heureux, il n’y en a pas à la pelle dans A Passionate Woman, de quoi se questionner sur ce que cela tente de nous démontrer – à l’exception du fait qu’à l’époque, on ne divorçait pas, mais on ne savait pas non plus se supporter en silence.

Betty est donc malheureuse chez elle et bat des cils auprès d’un inconnu avec qui elle va coucher dans le parc sous la pluie, contre la porte, dans le lit … Enfin bon, il fallait bien trouver un moyen de nous faire croire qu’elle aimait son polonais et au lieu d’essayer de créer des scènes sentimentales, nous avons le droit à du sexe.

Parce que cela est là sûrement pour nous parler d’épanouissement sexuel. Ce que notre pauvre Betty ne connaît pas auprès de son mari. Faut dire aussi que dans la seule scène où Monsieur a envie, Madame le repousse avant de céder, presque plus par bienséance qu’autre chose.

Le portrait de Betty (soit dit en passant, c’est basé sur une histoire vraie) n’est pas d’une grande réussite. D’abord, car tout va très vite et qu’il est difficile d’adhérer à ce radical changement de comportement, nous ayant mené de la prude Betty à l’épanouie. Sans compter que cela n’affecte pas véritablement sa façon de vivre. Elle se dit une femme différente avec cet homme, et elle a bien raison. Il n’y a bien qu’avec lui qu’elle l’est. Comme il n’est pas toujours présent, quand on n’a pas le droit à la fausse passion, c’est la Betty ennuyeuse qui est à l’écran. Autant dire que tout ceci n’est pas palpitant.

Pour ne pas aider notre histoire, dès le début, nous savons que cette histoire d’amour est vouée à l’échec, l’épisode s’ouvrant sur l’amour de Betty se faisant tirer dessus. On sait qu’il y passe et en plus, on n’en a rien à faire.

Comme tout nous a été fourni par flashback – la Betty contemporaine se souvenant de l’histoire au tout début du programme – la seconde partie promet de s’intéresser justement à notre femme passionnée 30 ans plus tard. Le problème évident, c’est que Betty n’est pas véritablement une passionnée et surtout, n’est aucunement passionnante.

La seconde partie, c’est dimanche 18 avril, et ce sera sans moi.