Alias, le 10ème anniversaire

Comme vous l’avez certainement notés, nous avons pris l’habitude de revenir sur certaines séries marquantes à l’occasion d’un anniversaire ou d’un autre. Il y a 10 ans aujourd’hui, Alias débutait sur ABC. Selon pratiquement tous les critères de sélection, je ne devrais pas spécialement lui consacrer ce petit article. Elle ne fut pas un réel succès d’audience et ne doit son salut qu’au fait qu’à l’époque, ABC n’avait pas vraiment de hits et les critiques appréciaient le show. Les derniers renouvellements ont été tendus, même si le changement de la programmation de la quatrième saison l’aida à délivrer des performances convenables.

Quoi qu’il en soit, bien qu’elle ne restera pas dans les annales pour son succès ou pour ce qu’elle aurait pu accomplir pour le petit écran, Alias a étrangement laissé son emprunte dans la pop culture de ce début de siècle. Elle a presque imposé un standard en termes d’action et de structure pour les séries d’espionnages. De plus, le personnage de Sidney Bristow était fortement iconographique, tout comme l’œuvre du mystérieux Rambaldi.

À présent, tout ceci s’estompe de plus en plus, et ce n’est pas vraiment une surprise. Le temps passe et, comme je le rappelais plus tôt, elle n’a jamais été aussi marquante qu’on aurait pu le croire. Le fait que ce soit une série de J.J.  Abrams contribua à faire perdurer son souvenir un peu plus longtemps, mais ce qui a perdu le show, c’est simplement que l’histoire est progressivement devenue trop abracadabrantesque pour son propre bien.

Mais revenons au commencement. Je n’ai pas découvert Alias le 30 septembre 2001, mais quelques mois plus tard, sur Teva. La chaine a eu la bonne idée de la diffuser en version originale sous-titrée. J’ai immédiatement été conquis par le rythme soutenu et l’ambition du scénario. J’avoue que le coup du meurtre du fiancé m’avait paru légèrement poussif, mais ça faisait son effet.

J’ai suivi avec passion la première saison et cela ne s’est pas arrêté là. La seconde n’était pas décevante, tout particulièrement avec le gros changement – dans l’épisode post-superbowl – que fut la chute du SD-6. Dans ce type de show, il n’est pas fréquent de voir la donne changer à ce point en pleine saison. Cela dit, même avec des ennemis différents, Alias restait elle-même et il est vite devenu claire que c’était Sloane qui comptait, pas l’agence qu’il dirigeait.

Sloane justement, est probablement l’une des plus grandes forces du show. Non seulement Ron Rifkin était vraiment excellent, mais comme toujours, un bon méchant rend une histoire bonne. Sans Sloane, la série aurait perdu de son intérêt en un rien de temps. Dommage par contre que le personnage soit passé par tant de phases différentes, car bien qu’il retrouvait régulièrement de sa superbe, les intrigues tendaient à devenir poussives à la longue, même dans les standards très élastiques que la série avait rapidement imposés.

Dans Alias, il était plus souvent question de tout faire pour entretenir le suspense avec n’importe quel twist que de maintenir une cohésion quelconque. Plus elle avançait et plus elle peinait à garder une forme satisfaisante. Comme ce fut le cas avec The X-Files, la série s’est légèrement égarée à force d’étirer sa mythologie, même si elle a su retomber sur ses pieds plus d’une fois, notamment à la fin.

Peu importe l’ennemi, de toute façon, on savait que Sidney finirait par courir dans un couloir dans une base secrète ou dans les coulisses d’un club, tentant de sauver sa peau.

En tout cas, avec cinq saisons au compteur, Alias a délivré ses moments forts et ses déceptions. Par exemple, j’aurais aimé que les liens familiaux chez les Bristow ne deviennent pas aussi proéminents. Ça tendait à rendre grotesque certaines révélations. D’ailleurs, des révélations, il y en avait peut-être trop au final. Le coup sur la véritable identité de Vaughn aurait pu ruiner le cliffhanger qui concluait la fin de la saison 4 et qui est celui que je préfère dans la série.

Donc, Alias débutait il y a 10 ans. C’était un divertissement sympathique qui a tenu la distance uniquement grâce à l’attachement que l’on pouvait avoir pour les personnages. Elle a offert de bons moments, mais son penchant pour le grand n’importe quoi aura eu raison d’elle.

Spoiler Alert!
Veuillez suivre les règles suivantes concernant les spoilers dans les commentaires :
1. Sur la critique d'un épisode, ce qui concerne les épisodes à venir est considéré comme étant spoiler (idem pour ce qui concerne les saisons).
2. Vous avez le droit de mettre des spoilers dans vos commentaires, mais le contenu sensible doit être placé entre les balises <spoiler>....</spoiler> afin de protéger les autres lecteurs.
Critictoo Newsletter
Inscrivez-vous à la newsletter Critictoo pour ne plus rien manquer de l'actualité du site, des séries et plus.
©2006-2017 Critictoo, le webzine des séries TV - powered by Wordpress. Critictoo.com participe au Programme Partenaires d'Amazon EU, un programme d'affiliation conçu pour permettre à des sites de percevoir une rémunération grâce à la création de liens vers Amazon.fr.
Nos partenaires : DVD Series | Amazon | HypnoSeries | Tous nos partenaires

Critictoo dans ta boite mail !

Recevez notre Newsletter hebdomadaire pour suivre l'actualité, découvrir des séries et ne rien manquer tout simplement.
Inscris-toi !
close-link