À chaque génération son teen show. Avec 90210, la CW, si elle sait mener sa barque vient assurément de créer la nouvelle série teenage de toute une génération. Les avis sur la toile divergent beaucoup quant à la possible qualité de la série, dont on n’a rien vu pour le moment. Je pense que cela peut être pas mal, et il faut noter que leur casting n’est pas mauvais. Il y a quand même un acteur de The Wire dedans ! Et puis leur slogan est trop énorme.

Ma sœur a grandi avec Beverly Hills 90210. Les premières années. Les débuts avec Brenda, Brandon, Dylan et Kelly. Quand Brian Austin Green était encore un gringalet (et classé dans la catégorie loser). Je ne regardais pas beaucoup la télévision à l’époque, mais j’en ai de bons souvenirs. Comme, bien entendu, je suis forcément plus jeune que ma sœur, je fais partie d’une époque où le teen show a connu une certaine explosion avec la WB : Buffy, Dawson, Felicity. La tueuse jouant aussi dans la cour série de genre, je dirais que l’emblème de ma génération est Dawson, dont je n’ai même pas dû voir plus de la saison 1, car passé le pilote, je n’ai plus trouvé d’intérêt à cette série. La relève a été assurée par One Tree Hill. En déplaise aux défenseurs des précédentes séries, les Frères Scott, ce n’est pas plus mauvais que le reste. Bien sûr, je ne connais personne qui écoute Travis, joue très bien au basket et lit du Steinbeck. En plus, ce n’est pas comme si Chad Michael Murray était moche, donc le personnage est digne d’un téléfilm Lifetime !
Avant tout ça, il y a eu un coup de vent : Angela, 15 ans. Et puis Degrassi qui a fait des petits, tandis que d’autres ont grandi avec Saved By the Bell.

Quand l’ère WB/CW s’achevait, The O.C. faisait son apparition. La même année que les frangins qui jouent au basket, donc. Une légère révolution dans ce petit monde, qui va surtout bouleverser la musique dans les séries télévisées. Entre nous, c’était ultra fun, ça ne se prenait pas beaucoup au sérieux, et Seth était un geek. L’autre teen qui va changer la perception du genre, c’est Friday Night Lights, en 2006. À tel point que la série est aussi rangée dans le genre tout simple ‘drama’, car il est difficile d’être un teen, si les 18/24 ans ne sont pas tant que ça au rendez-vous.

C’est un genre qui dure et perdure, dont la liste est sans fin : Gossip Girl, Skins, Hidden Palms, Jack & Bobby, Popular, Veronica Mars, Zoey 101… Tout ce que vous voulez, encore et bien plus ! Il y en a revendre, que cela ait marché ou non.

J’ai quand même un sérieux problème. On a tendance à mettre dans la catégorie ‘teen show’, toute série mettant en scène des jeunes. Alors comme ça au détour : Supernatural. Attendez, là, les frères Winchester, ils n’ont pas 16 ans ? Eh bien oui, car sa maison mère c’est la CW, car Dean et Sam ont le malheur d’être beaux et sexy et d’avoir entre 23 et 26 ans (à la saison 1), et non entre 30 et 35, il y en a qui classe la série fantastique/SF dans le teen. Vu les influences d’Eric Kripke, c’est un peu blessant.
Moins outrancier, mais qui m’a chiffonnée pendant sa saison 1, Kyle XY. C’est vrai que la saison 2 s’oriente bien plus de ce côté là (oserai-je dire, malheureusement, car elle est moins bonne), pourtant, je me rangerais du côté de Nicholas Lea : c’est une série familiale et de science-fiction.
Ce sont deux exemples perdus dans la masse, synonyme d’une évolution télévisuelle, qui a dépassé le vocabulaire.

Je n’ai jamais eu de phase ‘teen show’. Aucun n’a joué dans mon amour de la série télé. Le format a le droit à la place qui lui revient dans ce monde, sans être trop surestimé, sans pour autant être sous-estimé. Comme toutes les séries, 90210, ou même nos amies Filthy Rich auront droit à leur chance. Tout le monde est sur la ligne de départ, et les lignes d’arrivée ne sont pas les mêmes.

Je suis aussi sûrement plus exigeante que la moyenne. J’aime être prise par surprise, et quand on est âgé de 12 à 20 ans, nous n’avons pas obligatoirement les mêmes exigences qualitatives, la même maturité. D’un autre côté, beaucoup de mes amies apprécient ces séries, alors que je regarde véritablement du HBO depuis 2000. Il y a différentes sortes de télévision, pour tout un panel de spectateur.

Le petit écran évolue et mue, essaie de s’adapter à cet univers où chaque série tente de survivre dans ce monde où les règles du jeu sont en pleine mutation, où internet à une incidence sur sa durée d’existence, où le buzz devient plus important que l’audimat, où le cœur de cible peut vous offrir une année de plus, où les annonceurs n’ont pas besoin de 10 millions, mais juste de 5 millions qui correspondent au public visé. Le teen show ne fait pas exception à ces règles.

Finalement, moi tout ce que je demande, c’est que cela me fasse marré, ou au moins, que ce soit sans prise de tête. Avec un peu de chance, c’est ce que sera 90210. Car elle n’est pas tirée de la pire série de genre, mais de celle qui en a influencé des tas d’autres. Du fun, et du surréaliste, aux intrigues parfois poussives, et un peu trop adulte, en 10 ans d’existence, elle a eu le temps de faire beaucoup. Si la chaine sait tirer leçons de ses erreurs, mais aussi de ses succès (et ceux d’autrui), elle tient son nouveau hit entre les mains.