Un an après, où en est la révolution Netflix ?

15 Fév 2014 à 10:27

Netflix

Au moment où House of Cards est arrivée sur Netflix l’an passé, l’univers de la télévision était apparemment sur le point d’être totalement bouleversé. Selon la presse, le service de VOD américain lançait une révolution qui remodèlerait l’intégralité de l’industrie, certains étaient déjà prêts à aller jusqu’à suggérer la mort du modèle économique des networks traditionnels.

Bien entendu, quand on est familier avec le petit monde de la télévision américaine, on sait bien que ce genre de prédictions n’est pas fondé sur grand-chose, mais puisque les journalistes insistaient à ce point, quelque chose allait peut-être se produire. Un an plus tard, CBS annonce un record au niveau de ses revenus financiers, visiblement, le network n’est pas en train mourir.

En réalité, ce qu’a fait Netflix n’a pas eu un réel impact sur la production, par contre, il est indéniable qu’il y a eu un effet à un niveau socioculturel. Il semble que les Américains ont découvert qu’ils pouvaient passer leur week-end à voir ou revoir des saisons entières de shows sans avoir besoin de se lever. Ce n’est pas une nouveauté, même avant l’arrivée des séries en coffrets DVDs on pouvait aisément enregistrer des épisodes sur VHS et les regarder d’un bloc. D’ailleurs, c’est ce qu’on faisait, même si on n’appelait pas ça faire du binge watch. Avec 24 en 2001, la pratique a pour la première fois été mise sur les devants par la presse qui, semble-t-il, pense que cela ne s’était finalement pas démocratisé jusqu’à l’année dernière.

Quoi qu’il en soit, si révolution il y a, elle se trouve à un niveau où History Channel est autant à créditer que Netflix. En établissant des records d’audiences avec Hatfields & McCoys, puis avec The Bible, cette chaine du câble a remis au gout du jour la mini-série. Les responsables des networks, obsédés par la taille des saisons, ont dès lors vu là l’opportunité de revenir à un format qui se vend visiblement bien, qui attire de grands noms et, cerise sur le gâteau, qui peut être regardé d’une traite par les abonnés de Netflix.

La révolution est donc avant tout celle des formats. Dans les mois à venir, nous aurons toujours plus de mini-séries ou de séries « limitées ». L’idée est que la taille réduite des shows câblés va permettre aux chaines de sortir de leurs problèmes — dont l’origine se trouve justement être le nombre grandissant de chaines câblées sur lesquelles les spectateurs se rendent au lieu de rester sur les principaux networks.

Bien entendu, House of Cards est un show de qualité et aurait pu inspirer tout le monde à faire un effort dans le domaine, mais, selon certains critiques américains, il n’y a jamais eu autant de bonnes séries à voir. Et puis, Netflix a également Hemlock Grove qui a aussi été renouvelée pour une saison 2, preuve que le binge watcher est aveugle.

Le véritable apport de Netflix à l’univers des séries ne date pas d’hier ou d’il y a un an. Après trois saisons, Sons of Anarchy est arrivée sur le service de VOD. En étant mise à la disposition d’un tout nouveau public, la série est devenue un gros hit sur FX. Idem pour Breaking Bad qui n’a été vraiment suivie sur AMC qu’à la fin de sa vie, une fois qu’elle a débarqué en streaming. C’est là où se trouve le réel pouvoir de Netflix, car le service offert a sauvé des shows en les rendant facilement accessibles loin de leur network d’origine.

Ce qu’a réellement montré House of Cards est que n’importe qui peut produire des séries de façon rentable (on suppose, il n’y a pas de chiffres). Amazon a pris la suite et de plus en plus de petites chaines du câble s’y mettent progressivement. Il n’y a jamais eu autant de séries à regarder et si peu de temps pour le faire. On en est au point que le genre de service de recommandations que fournit Netflix pourrait devenir l’outil qui fera la différence et créera une révolution. On mettra des notes et on nous dira quoi regarder en fonction de ce qu’ont aimé ceux qui ont de gouts similaires aux nôtres.

En tout cas, à l’heure actuelle, la révolution est discrète et ne semble pas vraiment mener quelque part. Avant que Netflix nous offre ses séries, l’industrie était déjà encouragée à évoluer, mais cela ne va pas se faire comme ça, il ne nous reste qu’à attendre pour voir où cela nous entrainera. Une chose est sûre, si les séries étaient en perte de vitesse avec l’avènement de la Real TV il y a plus d’une décennie maintenant, elles n’ont plus de soucis à se faire – pour le moment du moins.

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