Avec sa mythologie, Person of Interest perfectionne un modèle à suivre

11 Mar 2014 à 16:01

Person of Interest

Tout d’abord, avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons pour les nouveaux venus que, quand on parle d’une série TV, la mythologie est l’ensemble des éléments qui donnent sa forme à la continuité d’un show – de l’histoire des personnages aux grands (et petits) mystères de la principale intrigue. C’est une définition du terme qui a commencé à être véritablement utilisée avec The X-Files et qui fait désormais partie du vocabulaire de tous les sériephiles.

Avec la série de Chris Carter, c’est une chose assez facile à suivre, puisque seulement 5 ou 6 épisodes par saison étaient réellement liés à la mythologie. Depuis, tout s’est compliqué d’une certaine manière, car si le terme s’applique à n’importe quel show, il est devenu un véritable outil marketing pour tout ce qui s’approche de la science-fiction.

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, en 2014, le développement d’une mythologie dans une série non-feuilletonnante est plus ou moins une obligation pour offrir aux téléspectateurs de quoi ruminer. C’est arrivé à un niveau où certains cherchent le moindre détail pour tenter de donner forme à une intrigue « fil rouge » que les scénaristes n’avaient pas forcément envisagée au départ.

En tout cas, une série a trouvé l’équilibre parfait et a construit sa mythologie avec brio. Je parle bien entendu de Person of Interest. Présentée comme un simple formula show CBS à ses débuts, la création de Jonathan Nolan a rapidement commencé à se développer autour du passé de ses personnages et de figures récurrentes distinctes. Alors que l’on a dépassé la moitié de la troisième saison, les scénaristes ne paraissent pas pouvoir s’arrêter, créant de nouvelles intrigues qui ne cessent d’enrichir un univers plein de surprises et d’une complexité qui passionne.

Cette réussite dans le domaine vient en grande partie du fait que l’on ne nous fait pas miroiter des réponses à de vagues questions lancées à l’aveugle. Chaque nouvel angle est exploité pleinement et délivre de façon régulière des révélations exposant des plans encore plus grands ou des développements de personnages pertinents. Concrètement, Person of Interest respecte son spectateur en lui donnant ce qui a été promis et en le prenant sans cesse par surprise. Le tout se fait en maintenant en vie la formule du show qui permet d’éviter à l’ensemble de s’égarer sur des routes sinueuses pour essayer vainement d’entretenir des mystères qui se développent mieux quand ils ne sont pas explorés en continu.

On rêverait que toutes les séries prétendant avoir une véritable mythologie suivent ce modèle, car il est fait pour durer – le fait que Person of Interest se construise autour de thématiques fortes aide aussi. Par exemple, Castle a lamentablement tenté de bâtir quelque chose avec la mort de la mère de Beckett (Stana Katic)… et c’est tout. Un ou deux épisodes par saison l’évoquent ou l’explorent réellement, mais le reste du temps, c’est un peu comme si cette intrigue n’existait pas. Au fil du temps, les scénaristes se sont aussi amusés à créer un serial killer qui revient une fois l’an. Il y a de la place pour plus, mais ce n’est pas dans l’ADN de la série, ce qui rend tout ça presque anecdotique. Dans le même registre, avec son histoire de Red John, The Mentalist a d’ailleurs été obligée de se réinventer en plein cœur de sa sixième saison pour réussir à aller de l’avant.

À l’opposée, il y a The Blacklist qui n’a pas une saison entière derrière elle, mais ça ne l’empêche pas de montrer un excès de zèle de plus en plus fatigant avec sa mythologie. Il semble que les scénaristes veulent nous offrir régulièrement des bribes d’informations. C’est gentil de leur part, mais ils ont oublié de nous expliquer pourquoi on devrait être intéressé. Résultat, quand on nous révèle quoi que ce soit au sujet de l’insipide mariage de notre héroïne (Megan Boone), cela donne envie de bailler.

Dans un autre genre d’excès, Arrow s’en sort beaucoup mieux que la série NBC, mais en fait juste trop. Toutes les intrigues finissent par se cannibaliser. C’est assez ridicule, car le succès du show lui garantit de longues saisons à venir pour pouvoir le faire convenablement. Pourtant, les scénaristes paraissent pressés de nous livrer tout ce qu’ils ont en stock, se retrouvant alors à accumuler les négligences en tout genre.

Enfin, CBS a exploré le concept dans l’univers de la sitcom avec How I Met Your Mother pour nous donner un exemple type de « ça fait trop longtemps que ça dure ».

Concrètement, si une série n’est pas feuilletonnante dès le début aujourd’hui, suivre le modèle de Person of Interest est clairement la seule chose intelligente à faire.

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