Cheers - Norm boit au passé

Le temps passe, nous sommes bientôt arrivés au bout de la première décennie de ce siècle et donc, il en est arrivé des choses en 10 ans de séries tv. Malgré tout, faut-il oublier toutes celles qui précédèrent ? Bien sûr, moi je vous dis que non, mais ce point de vue ne semble pas être le plus populaire.

Les séries ont évolué, on ne peut pas le nier. D’ailleurs, hier j’ai regardé l’ultime épisode diffusé de Sit Down Shut Up (le meilleur, soit dit en passant), et c’était dédié aux 80’s avec quelques références et constatations du genre : il n’y a plus, aujourd’hui, d’épisodes faits avec des extraits de précédents. C’était pourtant tellement répandu avant. Certes, le principe est sans intérêt en général, mais ça a pratiquement disparu de la circulation avec le temps.

Ce n’est qu’un exemple, mais il y en a certainement d’autres. En attendant, je débute la lecture de Philosophie en séries que l’on nous a gentiment envoyé (chronique à venir, donc), et au départ, l’auteur dit que durant cette fameuse dernière décennie, les séries se sont enfin « trouvées » – je cite. Regardant des séries depuis maintenant 20 ans, au moins, et ce, de manière régulière, j’ai du mal à saisir cette vision. Cela rejoint pourtant celle que beaucoup d’amateurs de séries pensent. À croire que ce qui est neuf vaut mieux que ce qui commence un peu à dater.

C’est indéniable, aujourd’hui, les séries sont plus « belles », surtout depuis le passage au 16:9 systématique et encore plus avec la HD. Mais ce n’est pas parce qu’une série bénéficie d’un emballage plus clinquant qu’elle a plus à raconter ou, pire, qu’elle le raconte mieux.

Il y a ce que j’appellerais la génération Lost – ceci est une généralisation qui n’est aucunement péjorative, mais qui fait référence à la période temporaire – qui a tendance à croire que les séries se doivent d’être feuilletonnante. J’ai lu sur des sites, et certainement même dans les commentaires sur Critictoo, des personnes qui condamnaient une série parce qu’elle était un formula show. Pire, les créateurs semblent désormais obligés de livrer leurs shows avec des intrigues « fil rouge ». Dernier exemple en date : The Mentalist. Son ennemi : Red John, un Serial Killer qui sera évoqué dans, au mieux, 4 épisodes de la saison. Il y en 19 autres indépendants, mais ce fut suffisant pour combler des spectateurs qui se déclarent passionnés par cela. Samantha Waters en fait des cauchemars…

Bref, je dois me faire vieux. Certes, certaines de mes séries préférées, pour ne pas dire la majorité, datent du début des années 2000 (et de la fin des 90’s). C’est générationnel, mais jamais je ne pourrais comprendre que réduire plus de 50 ans de production au stade d’un mal qu’il était nécessaire de subir pour avoir droit, aujourd’hui, à des séries dignes d’intérêt. C’est tout simplement dingue.