Chatswin, un microcosme de vie plus réaliste qu’il n’y parait (Suburgatory)

Avec l’amitié et les relations de bureaux, la famille est le grand sujet des sitcoms américaines sur lequel on pourrait écrire un nombre incalculables de thèses. Sur la question, on peut dire que ABC a beaucoup aidé ces dernières années, d’abord avec Modern Family, puis avec The Middle et enfin avec celle de la saison 2011-2012, Suburgatory.

Suburgatory raconte l’histoire de Tess (Jane Levy), une New Yorkaise de 15 ans qui vit avec son père George (Jeremy Sisto). Après avoir découvert une boite de préservatif, George décide de déménager sa petite famille en banlieue, à Chatswin pour être précise.

Pour le coup, la sitcom se présente avant tout comme une satire de la banlieue, avec Tess qui entre en collision avec un monde différent qui a ses propres codes de vies. Seulement, Chatswin n’est pas si ignoble que cela et la série le signifiera à plusieurs reprises, avec l’adolescente en manque des bruits des sirènes de la grande ville alors que quasiment aucun crime n’a lieu où elle vit maintenant.

En vérité, plus qu’une critique des styles de vies à l’américaine, Suburgatory s’imposera avec sa représentation exacerbée, mais réaliste du couple, du mariage et de la vie de famille.

Au départ, d’ailleurs, c’est un peu troublant, car le show ne mise pas tant sur l’humour, mais bien plus sur ce qu’il veut dire ou démontrer en faveur de développements pour ses personnages. Et, si on se trouve dans une sitcom, la vie à Chatswin n’est pas si colorée que cela. C’est surtout retranscrit à travers Dallas Royce, incarnée par Cheryl Hines. Quand on fait connaissance avec Dallas, c’est une femme prise au piège dans un mariage qui est fini depuis longtemps, mais qui cherche à maintenir les apparences pour le bien de tout le monde. Elle se fait plus de mal qu’autre chose et quelques échanges plutôt sinistres avec son mari viendront le signifier. Pour le coup, il y a des passages dans la première partie de saison qui se montrent assez noir à un certain niveau.

Ce n’est pas franchement aidé par le fait que la série n’expose pas énormément de relations fonctionnelles dans ces débuts, loin de là. On pourrait presque voir une ré-orientation dans la seconde partie, avec le développement des parents à Lisa, les Shay, ainsi qu’une mise en avant du couple Werner – on côtoie principalement Noah (Alan Tudyk) au début, avant de rencontrer sa femme.

Chaque couple est plus ou moins caricatural dans le but de pouvoir fournir de l’humour, mais ils ne sont pas pour autant si éloignés que cela d’une certaine réalité.

Les Shay forment alors la famille nucléaire dans toute sa splendeur : les parents, avec deux enfants, un garçon et une fille. C’est avec cette dernière, Lisa, que nous pénétrons dans ce foyer, elle qui a juste l’impression d’être l’extra-terrestre sous son toit. Ce sentiment est exacerbé par le fait que ses parents vouent presque un culte à son frère crétin au point de la négliger. Lisa, comme toute adolescente qui se respecte recherche l’attention, l’approbation parentale autant qu’elle veut affirmer sa personnalité et s’émanciper de leur autorité (quitte à prouver qu’elle n’est pas leur fille biologique). La place de Lisa au sein de sa famille est traitée avec tous les excès dignes d’une sitcom pour faire rire (et elle est un des grands points forts de la série), tout en se montrant, l’air de rien, plus que crédible.

Lisa représente un pendant de l’adolescence qui est aisément contrebalancé par approximativement tous les autres. Dalia Royce vit dans un monde rose bonbon où elle est accoutumée à obtenir tout ce qu’elle veut – et pire que tout, à réussir tout ce qu’elle entreprend. Et, elle le fait presque comme un robot, avec le regard vide, comme si tout ceci était normal et que c’était la vie qui lui devait quelque chose et non elle, autrement, à l’évidence, quelque chose ne va pas.

Il y a aussi Malik, l’ami de Lisa et Tess, responsable du journal, souriant, assez sous-employé, qui réussit assez bien dans sa vie – et qui est juste le quota racial assumé à son extrême dans la série. Ironiquement, il n’est pas franchement traité ainsi, mais parce qu’il vit dans une banlieue majoritairement blanche, c’est ce qu’il est.

Enfin, il y a Tess, l’héroïne qui se fait voler la vedette par son père George – plus drôle qu’elle. Ensemble, il forme la famille monoparentale, plus ou moins absente de Chastwin avant leur arrivée, qui renvoie à un autre monde qui ne parait pas pouvoir entrer dans la banlieue.

La relation parent-enfant que met en scène le show se montre très vite plus que tangible, avec un père qui fait du mieux qu’il peut pour sa fille (et de temps à autre ce qu’il ne faut pas) et une adolescente sympathique, mais égocentrique et déterminée. Tess est studieuse, plutôt maline, mais elle reste clairement jeune et la série ne l’oublie pas. Cela aide régulièrement à garder en mémoire l’âge du personnage, et pourquoi passer quelques années à Chatswin semble être une sentence de prison pour elle – alors que cela n’a rien d’éternel et que ce n’est pas si horrible que cela.

Dans le but de s’amuser avec la représentation de la banlieue qui vient se heurter à la vision de la grande ville de Tess, Suburgatory a exacerbé l’environnement de vie de ses protagonistes. Avec une volonté très prononcée de développer cette petite communauté, celle-ci va vite prendre le dessus et qu’importe où l’on vit non, les habitants traversent, malgré quelques extravagances ou exagérations, les mêmes problèmes que tout le monde – juste avec moins de réalisme et plus ou moins d’humour.

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