Comme beaucoup de sériephiles, une fois que la saison se termine, je commence par finir de regarder les saisons des séries que j’ai dues légèrement mettre de côté à cause d’un certain manque de temps. J’ai donc commencé par The Good Wife et je ne vais pas vous proposer un bilan de cette seconde saison ici. Celui-ci arrivera dans les semaines à venir.

À la place je me suis dit que j’allais parler d’un élément de la série qui fait que je l’ai aimé au départ et qui n’est pourtant pas souvent évoqué, les spectateurs les plus passionnés par le show semblant surtout se focaliser sur l’aspect relationnel. Moi, c’est la partie juridique qui me captive. Pour une série judiciaire, on peut dire que c’est plutôt une très bonne chose.

The Good Wife n’adopte pas la forme la plus traditionnelle du genre. Tout d’abord, elle se centre sur l’activité d’une firme privée, comme L.A. Law le faisait (la comparaison est difficile à ne pas faire, et ce, à plusieurs niveaux). Cela lui offre l’opportunité d’aborder les dossiers sur lesquels les avocats se penchent en apportant un angle particulier, car Lockhart & Gardner doit protéger ses intérêts au même titre que ceux de ses clients. Ils ne sont pas là pour faire que la justice soit appliquée, ils sont là pour défendre ceux qui les paient.

Pour ce faire – et c’est là que la série a rapidement imposé sa différence –, il n’est pas nécessairement question de remporter un procès. L’idée de The Good Wife est d’explorer tous les recoins du système judiciaire américain de façon à voir comment tel ou tel autre élément peut être contourné, utilisé ou travesti dans le but que les avocats obtiennent ce qu’ils veulent, tout en restant dans les limites de la loi.

Tous les coups sont permis et il est souvent question de prévoir ce que l’adversaire a dans son sac pour pouvoir offrir une riposte adéquate. Donc, Alicia, Will, Diane et les autres tentent d’entrer dans les petits papiers des juges, négocient avec la partie adverse, et forcent le destin quand nécessaire.

Ajoutons qu’étant donné que Lockhart & Gardner n’est pas un cabinet spécialisé dans la criminalité, ses activités sont diverses. Entre les class actions, les divorces, les affaires de meurtres, les avocats protègent l’image de leurs clients, leurs propriétés intellectuelles, et s’attaquent à des violations de contrats. Une bonne partie de leur travail se passe loin d’une salle de tribunal.

Maintenant, la seconde saison fait tout cela, mais j’ai constaté qu’il y a une volonté claire des scénaristes de conceptualiser au maximum leurs épisodes. Plus d’une fois, on prend l’histoire au moment où un ultimatum temporel est posé ou quand les personnages se retrouvent à devoir gérer une limite d’un genre très particulier. Ils sont poussés à bout par les contraintes du système judiciaire et n’ont souvent pas d’autre choix que d’obtempérer.

Tout cela est parfois un peu répétitif à la longue, mais on ne peut pas nier qu’il y a encore quelque chose de rafraichissant à chaque fois qu’Alicia est propulsée dans une situation où les règles nous imposent une tension qui dépasse la classique attente du résultat d’un procès.

Ce que je trouve dommage, par contre, c’est que The Good Wife se répète de plus en plus fréquemment au niveau de ses thématiques et elle a également tendance à devenir autosuffisante au niveau de son univers ce qui le fait apparaitre confiné. La saison 3 pourra toujours rectifier le tir de ce point de vue, et j’espère que ça sera fait, car il se pourrait que la série perde un peu de son intérêt si elle restreint l’univers juridique de Chicago à une poignée de joueurs qui se renvoie la balle sans arrêt en cherchant juste un twist différent pour tromper l’autre à chaque rencontre.

En tout cas, The Good Wife a le mérite d’offrir à un genre une nouvelle jeunesse en misant sur la sobriété et en imposant des standards assez élevés à plusieurs niveaux. J’ai par contre parfois un peu peur que la partie relationnelle entraine le show vers une approche un peu trop soap. Ça a été relativement évité jusque-là, mais une fois de plus, la saison 3 a le pouvoir de changer ça…