The Thick Of It

Ma route croise souvent des commentaires de spectateurs disant avoir « un coup de cœur ». Au-delà du fait qu’à l’évidence, vous avez remarqué que je lis un peu trop de choses sur le web vu le nombre de fois où des billets sont nés ici à cause de différentes lectures, j’ai remarqué une certaine tendance. Le spectateur apparaît blasé, et alors quand une série le séduit, il a soudainement un coup de cœur.

Ce n’est pas un reproche, mais un constat. Au début de la saison 2 de Sons Of Anarchy, j’avais écrit un  billet très enthousiaste sur pourquoi j’aimais tant cette série maintenant, et pourquoi elle occupait une place plus dorée que Mad Men pour moi. Peut-être était-ce un coup de cœur ? Seulement, il faut le dire, l’amour est éphémère. Et entre nous, que cela soit Mad Men ou SOA, les deux m’ont rappelé au cours de leur dernière saison pourquoi elles n’étaient ni The Sopranos, ni The Shield.

Je connais bien la passion, celle qui nous anime et qui nous emporte. Vous m’auriez vue au tout début de Doctor Who, quand le neuvième doctor et moi on faisait connaissance. C’était le grand amour. C’est pour cela que je peux devenir méchante. Ce n’est pas de la gratuité, c’est le fait de savoir que la série est capable de tellement mieux. La déception est forcément plus grande.

Mes plus grandes conquêtes télévisuelles ont toujours été plus concluantes sur la durée. Cela n’a pas été le coup de foudre avec The Shield. D’abord, car j’étais une sériephile un peu jeune, et puis que j’ai parfois besoin d’un temps d’adaptation. Cerner l’univers et ses protagonistes.

En ce moment, par exemple, je rattrape mon retard sur The Thick Of It (dont Fabien vous a parlé ici). J’avais vu la saison 1, et si je l’avais trouvé de qualité, je n’avais pas non plus été ultra conquise. Alors, j’avais laissé la série de côté, finit le visionnage d’autres séries, puis j’y suis revenue. Et le déclic a eu lieu. J’ai littéralement adoré la saison 2. Comme si savoir exactement ce que j’allais voir m’avait aidée à aborder l’œuvre. Non, parce qu’au fond, c’est un peu stupide, les deux saisons étant composées de trois épisodes chacune, on ne peut pas foncièrement dire qu’il y a une véritable raison à cet amour né en saison 2, et non en 1. Pourtant, je suis officiellement complètement folle de cette sitcom et de Malcolm Tucker, et pour la première fois de ma vie, les élections politiques qui ont lieu cette année en Angleterre auront une autre saveur, simplement car elles auront un impact sur le show.

Mes coups de cœur se sont souvent révélés non concluants. Et peut-être est-ce paradoxal, mais je n’ai pas l’impression d’être blasé. Il y a plein de séries que j’apprécie beaucoup, pour leur simplicité, leur efficacité, le divertissement qu’elles offrent. J’aime bien mes petites séries, et parfois, j’ai plus d’affection pour elles que pour celles qui sont dites qualitativement supérieures. Il y a plus de facilité à décevoir quand on place la barre plus haut, et qu’on croit ou non au concept d’âge d’or des séries télévisées, le meilleur est actuellement derrière nous et le prochain renouveau n’est pas encore là. En attendant, j’aime profiter de ce qu’il y a, de rire devant Psych, de pleurer devant Friday Night Lights, de ne pas me prendre la tête avec The Mentalist, de regarder House et NCIS avoir encore un paquet de bons épisodes après 6/7 saisons, etc., etc. (Notez ici que les networks ne sont aucunement une cause perdue …)

Tout cela pour dire que j’ai eu quelques coups de cœur, mais qu’en général, c’est sur la durée que j’ai réellement appris à aimer une série, que c’est au fil des saisons (marathon ou non) qu’elle s’impose à moi. Et pour le coup, chez moi en tout cas, j’ai tendance à ne pas oublier, à ne pas passer à autre chose. La série prend ainsi une place au milieu de ma fresque télévisuelle personnelle et ne plus savoir par où commencer quand il faut lister les séries que j’aime – car je les aime pour des raisons différentes – cela a quelque chose d’extrêmement réjouissant.

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CaroleC
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