Dans le ShondaLand, les pires décisions sont aussi les meilleures

How To Get Away With Murder

Cette saison, le jeudi sur ABC a été placé entièrement dans les mains de Shonda Rhimes avec succès. La vétérane Grey’s Anatomy aura enfin permis à la chaine d’avoir un show à 20 heures qui ne s’effondre pas, Scandal règne juste après et How to Get Away With Murder est une des nouveautés les plus populaires de la saison.

À la tête de ShondaLand, sa boite de production, Rhimes est donc sûrement à l’apogée de sa carrière avec trois séries qu’elle produit (dont deux qu’elle a créé) à l’antenne. Il parait alors tout naturel de tenter de décrypter ce succès pour pouvoir potentiellement le reproduire. L’accent a souvent été porté sur la diversité raciale et comment les shows de Shonda Rhimes reflétaient plus l’Amérique d’aujourd’hui.

Avec Scandal, la créatrice s’est aussi engouffrée dans une ligne créatrice plus que payante. Olivia Pope est une femme puissante à Washington et elle était aussi, dans le pilote, la maitresse du Président. Les dés sont jetés et, dès ce moment, le défi posé était d’aller encore plus loin. C’est exactement ce que va faire l’équipe créative de Scandal, ne craignant pas de Jump The Shark. Prendre par surprise et faire d’improbables révélations font partie de la formule.

Une formule qui sera portée à un niveau supérieur dans ladite judiciaire How To Get Away With Murder. Dans cette dernière, la surenchère règne au détriment d’une quelconque crédibilité légale. D’une certaine manière, c’est un peu, dans son approche de la loi, l’antithèse de Law & Order. Jack McCoy s’offusquerait et mangerait tout cru Annalise Keating. Heureusement pour l’avocate, ils ne vivent pas dans le même monde.

Dans How To Get Away With Murder, le créateur Peter Nowalk et son équipe suivent une route que Rhimes aura tracée et déblayée avec ses œuvres précédentes jusqu’à ce que les excès narratifs deviennent finalement la norme. Dix ans se sont écoulés depuis le lancement de Grey’s Anatomy, un temps infini en terme d’évolution pour le petit écran qui fut traversé par de nombreux courants créatifs. Les scénaristes diluent la crédibilité pour faire plus de place aux situations rocambolesques poussant les personnages dans leurs retranchements.

Tout ceci ne tiendrait pas vraiment la route si les personnages en question n’étaient pas tous plus défaillants les uns que les autres. C’est là que l’on trouve le meilleur drama de ses séries, auprès de ces médecins (en moins excessif), de ses politiciens, espions et avocats en devenir qui prennent de difficiles et terribles décisions.

Pas une héroïne du ShondaLand ne fut présentée comme étant quelqu’un de stable émotionnellement. Aussi insupportable pouvait être Meredith Grey au commencement, son comportement était expliqué par ses carences émotionnelles qui la rendaient plus qu’instable dans sa vie privée. Que dire d’Olivia Pope, cette femme capable de résoudre les problèmes des autres, mais qui était au cœur de la romance la plus scandaleuse qui soit ? Enfin, Annalise Keating est introduite comme une avocate de talent à la personnalité affirmée pour vite révéler qu’elle est prise dans un mariage abusif.

Cela ne s’arrête pas là, car il ne s’agit pas tant de les voir s’élever au-dessus du point de départ, mais plus d’enchainer les erreurs les unes après les autres. Que ce soit la tête d’affiche ou ceux qui les entourent, c’est dans les mauvais choix que les séries du ShondaLand s’épanouissent. Chaque nouvelle production place la barre plus haut que la précédente sur le sujet, bien qu’il paraisse difficile de faire pire que les étudiants de How To Get Away With Murder maintenant.

Dans de telles conditions, il n’est pas étonnant qu’Asher — un des élèves d’Annalise — ne soit pas mêlé au crime, car il est aisé d’imaginer qu’il aurait été celui qui aurait pris la bonne décision. Pour cette raison aussi, Asher, à ce stade, est peut-être le personnage le plus dispensable de l’univers de How To Get Away With Murder. Il nous rappelle qu’il y a des gens qui ne trompent pas, ne tuent pas et n’ont pas un double agenda. Cependant, il faut bien le dire, l’honnêteté apporte bien peu de défi à surmonter dans le cas présent.

Il y a dix ans de cela, Grey’s Anatomy proposait de suivre le quotidien de chirurgiens et internes ; des saisons faites de drames intenses et de tournants créatifs compliqués s’enchaineront où il faudra maintenir un équilibre entre les défaillances des personnages et une profession qui implique la perfection. Dans le monde politique de Scandal, celle-ci n’existe pas, au contraire, et on salit les mains de façons bien différentes, mais tout aussi payantes en terme de drama. How To Get Away With Murder s’inscrit alors logiquement dans la continuité, où les ambitions des uns et des autres semblent les empêcher de voir clairement ce qui se passe autour d’eux. Plus leur vie menace de s’effondrer et plus les personnages deviennent étrangement intéressants…

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