Plus il y a de séries qui passent sur votre écran, plus il y a de chances que vous regardiez des shows anecdotiques, mais sympathiques, de la production légère ou du drame dans son plus simple appareil dont la vocation première est de faire bien ce qu’elle fait (ce qui est bien quand elle y arrive).

À mon humble avis (en tout cas à l’heure actuelle), il y a une très fine ligne qui sépare la série somme tout agréable à suivre, sans prise de tête, à la tout simplement médiocre, sans intérêt et dispensable.

C’est le cas de Breakout Kings, qui voulait sûrement être une série détente, mais qui ne parvient pas à se montrer intéressante. L’idée de la série est donc d’attraper les fugitifs avec l’aide d’anciens fugitifs qui voient leur temps de prison diminuer en échange de leur service. J’ai de la sympathie pour Jimmi Simpson et Domenick Lombardozzi, mais cela est approximativement tout ce qui me reste après 5 épisodes. Le premier épisode possédait pourtant un dynamisme qui rendait l’ensemble un minimum attractif, soit pour faire passer 45 minutes d’une journée éprouvante. Le divertissement s’est plus ou moins dilué et si la série a eu quelques idées, elle ne parvient pas à prendre corps et à sortir de ses propres dynamiques – et ce n’est que le début de la série. C’est le type de phénomène qui laisse largement supposer que la série en question n’a strictement rien à dire – même dans son propre registre. En bout de route, la plus grande force de ce genre de shows est que j’ai tendance à penser qu’ils peuvent décemment se poursuivre pour la simple et bonne raison qu’ils ne sont pas forcément bons, mais qu’ils ne sont pas forcément mauvais. L’art télévisuel est tout simplement indifférent à leur sort – et moi aussi, par la même occasion.

Dans un autre registre, le show canadien Endgame, qui suit le réputé joueur d’échecs Arkady Balagan utilisant son sens de l’analyse et de l’interprétation pour résoudre des crimes de son hôtel de Vancouver (il ne peut le quitter depuis l’assassinat de sa femme), aurait pu très bien suivre une voie tout à fait similaire. Ce qui aide clairement la série (et celles qui parviennent à maintenir un certain niveau de divertissement), c’est qu’elle possède un minimum d’ambitions. Cela transparait toujours dans les épisodes, car il y a une volonté de construire des personnages et des histoires. Au-delà du défi de chaque épisode de parvenir à trouver un moyen pour que Arkady se retrouve sur l’affaire (ils ne s’en sortent pas trop mal jusque-là), la série n’a pas instauré de routines solides, même si son intrigue fil rouge aurait tendance à l’entrainer un peu dans cette direction. Elle possède ses particularités, mais en devant principalement se limiter à son lieu – l’hôtel -, chaque épisode tente de tirer parti de l’environnement qu’il a à sa disposition. Il n’est en plus pas bien difficile de s’attacher un peu aux personnages qui ne cherchent pas d’ailleurs à se montrer complexes, justes crédibles.

Si la loi de l’audience risque de fournir à Breakout Kings une saison 2 sur A&E, tandis que Endgame ne survivra pas sur Showcase, je sais en tout cas personnellement que la première quitte officiellement (et sans aucune arrière-pensée) mon petit écran, tandis que j’espère que la seconde, pour son peu de temps imparti, continue dans la bonne direction.