Ce jeudi marque le début de la diffusion française de Detroit 1-8-7, et c’est donc l’occasion pour moi de vous parler de la série. Notons que la diffusion de la première saison n’est pas encore achevée à ce point sur ABC et que, malheureusement, il y a de fortes chances pour qu’il n’y en ait pas une seconde. Mais ça, il va encore falloir attendre un peu pour en être sûr.

Detroit 1-8-7 parle donc de meurtres à Detroit (Michigan), comme le titre l’indique – 187 étant le code pour meurtre dans la police en Californie, pas dans le Michigan, mais on va faire avec. Ce qu’il faut savoir, c’est que la crise économique a très fortement touché Detroit et qu’elle a l’un des taux les plus élevés en criminalité.

Un contexte important, car la série, comme d’autres auparavant, va imposer son décor comme étant un élément qui lui est indissociable à plus d’un niveau. Detroit est une ville qui a une histoire politique, économique, sociale, et, bien entendu, culturelle. Et c’est quelque chose qui compte, surtout quand il s’agit de comprendre les gens qui y vivent et ceux qui tuent ou se font tuer.

La série se centre sur la division homicide de la ville qui est dirigée par la lieutenante Maureen Mason. Sous ces ordres, elle a des détectives qui sont les représentants du pluriculturalisme local, histoire d’imposer de la crédibilité, car c’est important pour ne pas trahir l’ambition claire de montrer les choses telles qu’elles sont.

Nous suivons donc Fitch et Washington, Longford et Mahajan, et Sanchez et Stone, car les flics fonctionnent par paire. Des associations scénaristiquement bien agencées de façon à offrir des oppositions d’expériences et d’opinions sur le terrain. Le minimum syndical d’un cop show qui se respecte.

Quoi qu’il en soit, et je suis content d’être arrivé jusque-là sans l’avoir dit, Detroit 1-8-7 se présente comme une déclinaison d’Homicide: Life on the Street, 10 ans plus tard. Et ceux qui me connaissent un peu savent que je ne manque jamais une occasion de parler d’Homicide, une série que j’adore, disons-le simplement.

Au lieu des rues de Baltimore, nous avons celle de Detroit – et si les deux villes ne sont pas semblables, elles ont souffert et souffrent encore. Mais ce n’est pas uniquement là que les séries se retrouvent, c’est dans l’ambiance, dans les codes qui définissent les personnages, leurs associations, leurs relations, et, surtout, leur représentation.

Fitch pourrait presque être qualifié de nouveau Pembleton, mais les auteurs de Detroit 1-8-7 ont pris soin de ne pas copier leur ancêtre et de créer des personnages uniques qu’ils vont calmement développer.

C’est une question d’atmosphère pourrait-on dire, et un peu d’iconographie. Le fait est que les deux séries dépassent leur simple statut de cop shows pour nous offrir des témoignages qui sonnent authentiques. La différence est probablement que Detroit 1-8-7 possède un peu plus d’optimisme, ce qui lui permet de trouver sa propre voix, surtout qu’elle tente de montrer ce qui est fait pour la réhabilitation de la ville.

Autre référence que l’on ne peut pas éviter à cause de la présence de James McDaniel au générique : NYPD Blue. Mais sur ce point, je préfère ne pas trop m’engager, car pour moi, cela n’est vraiment pas aussi probant qu’avec Homicide.

Donc, Detroit 1-8-7 est un procédural qui se déroule à Detroit et qui nous parle de Detroit au travers d’investigations menées par des flics que l’on apprend à apprécier et qui savent nous parler de leur ville, de la vie, et – forcément – de la mort, avec passion ou détachement, avec joie ou tristesse, avec humour ou colère, et avec intérêt et une pointe d’originalité que l’on trouve souvent là où elle n’était pas la plus attendue.

D’un point de vue plus critique, c’est une première saison et elle souffre de certaines maladresses qui vont avec cela. Le premier épisode, par exemple, est un peu poussif, mais cela vient en grande partie du fait que c’est un pilote et qu’il a été entièrement remonté puisqu’il devait, à l’origine, inclure l’aspect mockumentaire qui était partie intégrante de la série. Cela a été effacé, donc, alors il ne faut pas s’arrêter à la première impression pour voir ce que Detroit 1-8-7 a à proposer. De toute façon, rares sont les shows qui sonnent juste dès le départ. Après, je trouve qu’occasionnellement, elle a tendance à s’engager sur une voie plus émotionnelle que rationnelle qui la pousse un peu dans ses retranchements pour ne pas trahir ses propres codes.

J’aime donc beaucoup Detroit 1-8-7 et je ne peux que vous encourager à la regarder, en VO de préférence, car c’est toujours mieux ainsi. Il me semble que Canal + offre le multilingue, mais je ne m’avance pas trop là-dessus.

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