Au début du mois, j’ai donc révélé mes bonnes résolutions pour cette année 2011, dont l’une d’elles était de boucher quelques trous et de regarder des séries que j’aurais dû voir il y a bien longtemps. Comme approximativement tout ce qui touche à la série télévisée, le cerveau se met à fonctionner d’une façon très Critictooienne – soit qu’est ce que tous ces visionnages peuvent apporter au site ? La question est plus compliquée qu’il n’y parait, car si certains noms sur ma liste n’ont pas été traités sur le site, d’autres oui (dont Spaced, qui a eu le droit à un bilan), ou vont l’être (comprendre : Fabien a écrit un bilan pas encore publié d’une série que je n’ai pas vu).

Je pense (et ce n’est pas la première fois que je le dis) que le moment où l’on regarde une série a son importance, et encore plus quand on s’attaque à une série culte, à un classique ou référence de la télévision. Arriver 10 ans plus tard peut tromper à différents niveaux, car la télévision a énormément changé, différentes révolutions visuelles et narratives ont eu lieu, et notre bagage personnel fait qu’on a pu très bien voir les rip-offs, mais pas l’œuvre originale (une pensée pour Rear Window, vue très tardivement dans mon cas).

Pour le coup, je me suis dit que c’était un angle d’approche à exploiter. Moi, allant là où des tas de personnes sont allés avant, ayant entendu les bruits de couloirs, possiblement croiser une image et des références de ladite production… Comment, après tant de choses, avait survécu l’œuvre en question à mes yeux, si c’était bien ou pas, et tant qu’on y est, est-ce ou non surestimé ?

Ce qui m’amène à cette colonne/chronique (je vous laisse choisir le mot), baptisée Fill in the Blanks (car en français, cela ne sonnait pas aussi bien), où je reviendrai donc sur ces fameuses séries pour vous donner mon avis hautement personnel sur la question.

On commence tout de suite avec une série anglaise : Spaced.

Spaced en données simples :

Titre VF tout pourri : Les Allumés
Années : 1999-2001
Nombres de saisons et d’épisodes : 2 saisons pour un total de 14 épisodes.
Pays et chaine : Angleterre / Channel 4
De et avec : Simon Pegg et Jessica Stevenson (aujourd’hui Hynes)
Avec aussi : Nick Frost, Mark Heap, Julia Deakin, Katy Carmichael
Réalisée par : Edgar Wright (on s’en fout la plupart du temps, mais pas dans le cas présent !).
Spaced en une phrase : C’est l’histoire de Tim Bisley (Pegg) et Daisy Steiner (Stevenson), qui sont à la recherche d’un lieu de vie et qui vont se faire passer pour un couple pour louer un appartement, alors qu’ils se connaissent à peine.

Pourquoi Spaced ?

Tout d’abord, car elle est courte. Avec 14 épisodes, j’étais au moins sûre que ma résolution porterait ses fruits rapidement, et sur ce plan-là, c’était un facteur fortement décisif. Enfin, cela, c’est pourquoi j’ai choisi de commencer par celle-ci et non pourquoi elle faisait partie des séries que je devais voir.

Spaced – non pas que j’avais une idée de ce à quoi cela ressemblait – est une série classée au rayon culte, appuyée par la notoriété acquise par ceux qui l’ont faite et qui y ont participé. Je savais qu’il y avait des références et que c’était censé être marrant (honnêtement, ni plus, ni moins).

% de honte de ne pas avoir vu Spaced avant ? 65%. La série a quelque peu gagné en exposition en France au cours des deux années venant de s’écouler me rappelant plus régulièrement que je le voulais que je n’avais pas encore jeté un coup d’œil à l’œuvre. Le phénomène étant assez tardif, je vivais assez bien ce trou culturel.

A cross between The Simpsons, The X-Files and Northern Exposure… dixit Pegg et Hynes.

Au visionnage, Spaced est le genre de séries où l’on prend légèrement conscience que ce n’est pas forcément facile à décrire, trouvant son énergie dans ses délires, ses références pop cultures et sa réalisation.

Avant d’en arriver là, il y a 14 épisodes à voir, dont le pilote, à la qualité quelque peu discutable, devant lequel je n’ai pas ri une fois. Autant dire que pour convaincre, il y a mieux, mais la taille des épisodes (c’est du 25 min.) et le fait que j’avais une soirée de plusieurs épisodes au menu a permis de véritablement entrer dans la série.

Tim et Daisy élisent donc domicile au 23 Meteor Street et, avec cette rencontre et installation, viennent les amis de ces derniers, et un afflux sans fin de références. Ce que démontre Spaced mieux que personne, c’est finalement que la pop culture (et culture geek) traverse magnifiquement les années. Le tour de force narratif n’est pas au fond d’en mettre à tous les carrefours, mais plutôt de fournir un récit fluide, drôle et convaincant même quand ladite référence ne peut être cernée.

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Il y a donc un véritable naturel dans cet univers culturel qui sert le récit (et non l’inverse, ce qui aurait été fatidique), se retrouvant aussi sous forme visuelle, et j’apprécie tout particulièrement cela. Il y a une simplicité déconcertante se dégageant de Spaced qui rend les personnages – dans toutes leurs particularités artistiques ou non – attachants, avec une préférence personnelle pour Tim.

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Le principe de base est donc très simple, mais c’est la capacité à être à la fois ancrée dans une certaine réalité et de posséder une imagination débordante qui permet aux histoires de prendre d’étranges proportions et d’entrainer le spectateur dans un univers qui se montre alors complètement surréaliste.

Les deux saisons forment un ensemble que je qualifierais d’homogène, la série trouvant très rapidement son rythme de croisière et ayant su établir avec brio ses personnages secondaires.

La sentence

Pas la peine de vous faire un dessin, Spaced fut largement à la hauteur de l’aura (indéfinie) qu’il y a autour du programme. Drôle, originale, divertissante, (majoritairement) imprévisible, pleine de ressources, et extrêmement attachante. Un mélange de simplicité, d’excentricité, et de passion parfait.

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Vous pouvez donc aussi lire le bilan de Fabien sur la série Spaced et/ou vous procurez la série en DVD Zone 2 UK.