Sy Fy Upfronts

La news circule sur le net depuis quelques jours maintenant, la chaine US du groupe NBC spécialisée dans la science-fiction change de nom. Fini Sci Fi, dès juillet, ce sera SyFy. Pourquoi ce changement ? La raison la plus évidente est que Sci Fi est un genre avant tout et n’est pas marque déposée. En gros, niveau marketing, ça a toujours été un problème. Ensuite, la chaine essaie depuis plusieurs années de vendre du fantastique, de l’action, de l’aventure et pas seulement de la science-fiction. Du coup, en changeant le nom, les dirigeants espèrent que le public comprendra enfin que la chaine ne se résume pas à un genre uniquement.

Le plus étonnant là-dedans, c’est que beaucoup se revendique « fans de SF ». Cela hérisse le poil des véritables fans de SF, mais passons. Etonnamment, « Science Fiction », ce n’est pas exclusivement Battlestar Galactica. Dure réalité que celle-là, vu que l’on a utilisé le terme « drama » pour la vendre à un public honteux de visionner de la SF. Mais ceci est pourtant la vérité. Regarder BSG ne fait pas d’une personne un fan de SF. Oui, si tu t’intéresses à cette série uniquement ça ne fait pas de toi un geek de Sci-Fi (geek=passionné, pour de vrai).

Bref, bien que beaucoup sont là à dire qu’ils aiment la SF, SyFy a du mal à entretenir sa crémerie, car finalement, il n’y a pas beaucoup de monde qui regarde. Elle essaie donc de changer pour tenter de séduire un public plus large, surtout que par définition, la Sci Fi, ça coute cher. L’aspect financier est un véritable problème que beaucoup de non-initiés ont des difficultés à saisir, mais Sanctuary est là pour aider à comprendre.

Cette série, que je me sentirais pratiquement obligé de présenter vu le peu d’intérêt que les reviews ont sollicité sur ce site, est réalisée en grande partie devant un fond vert. Les décors sont générés par ordinateur et tout se tourne donc avec le minimum possible. Elle est produite pour pas cher du tout, mais cela impose d’énormes contraintes logistiques à toutes les étapes de la production. Du coup, les gens qui travaillent dessus font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont (presque rien quoi). Les upfronts de la chaine viennent de passé et Amanda Tapping, que je ne présente pas, exprime à merveille ce qu’est le show : The thing with Sanctuary is that it’s the little show that could.

Ni plus, ni moins.

SyFy, ce sont des petites séries avec des petits moyens, mais de l’ambition.

On en arrive à une parenthèse sur Stargate Universe. Gros casting sur le papier (les acteurs britanniques et canadiens coutent beaucoup moins cher que les américains), et une équipe scénaristique pleine d’idées qui a décidé de faire du Stargate pour une nouvelle génération. Voilà que Robert Carlyle nous annonce une série qui a pour thème la survie, que c’est plutôt sombre, au point qu’il y aurait même un suicide dans le sixième épisode. Wow ! C’est de Stargate que l’on parle ici ou quoi ! Cette franchise a été pendant plus d’une décennie la colonne vertébrale de la Science fiction à la télévision. Son but premier était le divertissement. Certains le lui ont reproché, mais certains aussi n’ont jamais compris que toutes les séries n’étaient pas là pour faire fonctionner le cerveau. Bref, que se passe-t-il ? Difficile de se prononcer pour le moment, on verra à l’automne, mais cela s’inscrit indéniablement dans la nouvelle stratégie de la chaine qui avoue ouvertement remodeler la série pour toucher un nouveau public.

Quoi qu’il en soit, après l’arrêt de BSG, de SG-1, de SGA et les multiples séries qui n’ont pas dépassé leur première saison, SyFy entame une mutation assez conséquente et veut que ça se sache. On va avoir des séries qui s’intègrent dans des franchises, comme SG-U et Caprica, mais qui offriront des tons bien différents. On aura toujours de la SF cheap avec Sanctuary, mais aussi un peu d’aventure/action/fantastique avec Warehouse 13, et plus encore, car Sy Fy, la marque va se décliner en sous-marques, genre : Sy Fy Films, Sy Fy Kids,…

Sy Fy, ce ne sera donc pas Sci Fi, car comme le genre qui était revenu en force il y a quelques années a prouvé que le public ne l’aimait pas réellement et qu’il était temps de tenter autre chose. La vérité encore plus profonde derrière tout ça, c’est que la fameuse ère du Geek est une illusion médiatique. Le spectateur moyen pour les « séries de genres » n’a pas changé, et n’est surement pas agrandi. On ne peut décemment pas reprocher à la chaine d’essayer une nouvelle approche, même si certains n’ont toujours pas saisi quelle était cette dernière. Pour ma part, je reste un adepte du genre et j’espère qu’il ne va pas continuer à décliner à la télévision, car c’est un peu trop la tendance ces derniers temps (il n’y a qu’à regarder les projets des chaines pour l’automne prochain).

Sur ce, bonne chance à SyFy.