The Wire - Herc and Bubbles

Pause de Noel oblige, c’est le moment de sortir de mes cartons The Wire, saison 4. Je ne sais pas comment sont les vôtres, mais mes cartons, ils débordent. Toujours.

Quoi qu’il en soit, la série se prête bien à une interrogation que j’ai souvent au sujet du spectateur sériephilique : pourquoi parle-t-on si peu de ce qui est douloureux ?

Je m’explique. Si, imaginons, vous êtes petits nouveaux dans ce monde de la série tv, on va vous dire, par exemple, que, The Wire, c’est génial. On va vous dire à quel point c’est réaliste, on va vous vanter l’aspect technique et créatif, du scénario aux acteurs, de la réalisation au travail de l’image. Du costume au maquillage. Qu’importe.

Si je ne suis pas une pleureuse, je ne suis pas non plus étanche. Je l’ai été. Réellement. Me faire pleurer tenait du miracle. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. On pointe ainsi du doigt ces moments clés qui vous font verser votre larme. Non, parce que c’est beau, mais parce que c’est émouvant, triste, poignant. Comment ne pas se retrouver les joues mouillées quand tous les protagonistes sur votre écran font de même ? Et puis, si c’est votre cas, justement, les autres ne vous font pas pleurer, c’est tout.

La grande télévision implique de la souffrance. De la vraie. Celle qui ne me fait pas pleurer. Celle qui fait mal. C’est simple, c’est cette douleur au fond de la gorge, au creux du ventre, celle qui vous fait détourner les yeux, parce que c’est trop dur. De cela, on ne nous parle pas. Peut être, parce que, elle n’est pas si courante. Assurément, car on ne peut pas pousser quelqu’un à regarder un programme sur ce critère. Pourtant, à bien y réfléchir, il me semble que c’est le point commun à n’importe quel drame du haut du panier.

On pense que la comédie doit nous faire pleurer de rires, le drame nous faire pleurer, tout court. C’est faux. Le drame, le vrai, c’est celui qui nous empêche de parler, celui qui crée le malaise, qui nous renvoie à cette étrange sensation de douleur, différente pour chacun de nous, mais bel et bien là. C’est Bubbles au fond du trou, c’est le viol du Dr. Melfi, c’est de la violence gratuite au sein d’Emerald City, c’est Nate Fisher dépressif, c’est la mort du fils de Tommy Gavin. C’est souvent cru, réaliste et sans concession. Il n’y a pas d’artifice, il n’y a rien d’exagéré, et parfois, cela nous est même un peu trop familier.

Alors, oui, The Wire est une grande série. Et comme ses autres compagnons de route, elle implique son lot de passage douloureux, ceux dont on ne parle pas quand on vous vante les mérites. Ou alors qu’on dissimule. Cela signifie aussi tout l’inverse. C’est le juste équilibre de la vie.

avatarUn article de .
CaroleC
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