J’aime les séries tv et je n’en ai pas honte. Le fait est que ce n’est pas le cas de tout le monde.

Par exemple, il y a ceux qui n’aiment pas vraiment, mais considère que telles ou telles séries méritent juste d’être encensées parce qu’elles valent mieux. On reconnaît ces gens par le fait qu’ils disent que c’est plus que de la série, c’est presque, voir mieux, que du cinéma.

Le cinéma est un art, la série tv aussi. La grosse différence entre les deux est que le premier est « noble » en France, mais pas le second – visiblement. Du coup, monter la série au niveau du cinéma est l’illustration parfaite du mépris existant envers cette forme artistique. Ce mois-ci, les Cahiers du Cinéma ont sorti un numéro avec Betty Draper (January Jones dans Mad Men) en couverture. En gros titre : Séries une passion américaine. Je regarde le sommaire et je ne me suis pas attardé plus longuement, car AMC et HBO, c’est un style de série tv, mais ce n’est pas représentatif des séries tv, bien au contraire. Et ce n’est pas un cas isolé, car la presse ne semble s’intéresser qu’à une tranche isolée des séries tv, une tranche que j’aime énormément, mais qui n’est qu’un petit bout et qui n’est clairement pas le plus gros. Disons-le franchement, c’est juste de l’élitisme.

Les cinéphiles se doivent de ne regarder que les séries qui sont assez bonnes pour eux, mais remettons les choses à leur place : le cinéma n’est pas plus noble que la série tv. Si l’un a les productions Bruckheimer, l’autre a… les productions Bruckheimer. Oui, According to Jim était une honte, mais Meet the Spartans ne valait certainement pas mieux.

Mais il n’y a pas que les cinéphiles qui jouent les élitistes et méprise la plus grande partie des séries, les journalistes spécialisés en France sont assez sectaire, adeptes des préjugés et disent souvent des âneries. Le pire étant de croire que l’on ne peut parler d’une série que si on met en avant ses grandes thématiques – trouver un angle proche de l’étude sociale est vendeur.

Dans un autre style, j’ajouterais : ne pas aimer une série, c’est une chose, mais rejeter des genres entiers c’est autre chose.

Cela dit, il faut bien reconnaitre que ce n’est pas facile d’aimer les séries en France quand on voit que la majorité des gens ne comprennent pas encore comment cela fonctionne et ont toujours dans la tête cette vieille propagande qui ramenait les séries au niveau de simples programmes abrutissants, ni plus, ni moins.

J’aime donc les séries. Pire, je suis un passionné, un sériephile. Donc, je regarde des séries, mais pas simplement regarder, je m’investis dedans, j’en retire quelque chose. Je m’intéresse à l’histoire des séries, car c’est un moyen d’en découvrir que je ne connais pas. Je ne regarde d’ailleurs pas que des nouveautés, je regarde des séries que j’ai ratées, je tente d’en découvrir régulièrement. Par là je veux dire, vraiment, pas uniquement jeter un coup d’œil à un extrait, survoler un pilote ou lire un synopsis. C’est un investissement de temps énorme, mais une passion, ça ne se vit pas à la légère ou ça ne se vit pas du tout.

Chez Critictoo, on aime les séries, c’est pour ça qu’on a créé le site d’ailleurs. On espère que l’on encourage des personnes à voir les séries avec un esprit ouvert et qu’on réussit à titiller la curiosité de certains. Ce n’est pas une mission, mais presque.