How I Met Your Mother

On parle toujours des séries que l’on suit, mais on tente la moitié du temps de dissimuler ce qu’on ne suit pas ou que l’on n’a pas vu. Et si vous dites le contraire, c’est que soit vous ne fréquentez pas vraiment de sérievores/philes (il n’y a donc rien à cacher), soit vous êtes un menteur.

Pour compliquer un peu, il y a ceux qui parlent de séries, en partant du principe, que – forcément, voyons ! – vous les avez vus. Votre moyenne personnelle s’élève à 80-100 séries par an, mais ce n’est pas assez. C’est presque implicite : vous devez tout regarder ! Il y a des gens qui y arrivent. Sérieusement. Sans déconner. Ce sont des encyclopédies de la télévision. Mais, il ne sera pas rare de croiser un critique de séries qui pointera le fait que les gens pensent que son boulot, c’est de regarder la télévision (juste cela), et qu’on pense qu’il doit avoir un avis sur Numb3rs ou Medium, après tout, c’est son job. Ne parlons pas du nombre de critiques anglais qui disent, que, non, ils ne regardent pas The Wire. Une fois que l’un est sorti du placard, les autres peuvent. Mais pendant des années, ils ont vécu cachés. On vit tous cachés à un moment ou un autre, sur une série. Moins en France, car le spectateur préfère ignorer la référence. On a notre façon bien à nous de gérer notre manque de culture en la matière – compréhensible d’un point de vue historique. Mais, quoi qu’il advienne, c’est la même chose, au fond.

En fait, il n’y a même pas besoin que cela soit un classique du petit écran. J’ai beau avoir dit multiples fois ne pas suivre How I Met Your Mother, il y en a qui pensent encore que je devrais l’avoir vu. Pire, qui me parle comme si je la regardais. Non, je ne suis pas Lost, et alors ? Je n’en ai aucune honte, je le vis très bien, merci. Je me contrefous de Desperate Housewives et ma petite vie de sériephile a très bien survécu à cela.  Pas de Gossip Girl, pas de One Tree Hill, pas de 90210. À la poubellos, les séries teens CW ! Dans le cas présent, je m’en porte bien mieux, si vous voulez mon avis.

Alors quoi ? Ce ne sont pas des classiques. Il y en a qui disent que Dawson est soi-disant une bonne série. Il y a des gens qui vouent un culte à The WB. Ne me demandez pas pourquoi, je ne saurais l’expliquer. Ironiquement, à une époque, pour dire tout le bien que je pensais de Dawson, je disais : « une fois passé la saison 1, un bon épisode par saison. » Je n’ai réellement pas passé la saison 1, et j’ai vu quelques bons épisodes par-ci par-là, qui étaient d’une saison différente à chaque fois. Mieux, mieux, une vraie référence de la mort qui tue : je n’ai pas vu un épisode de M*A*S*H. J’ai vu 5 minutes de I Love Lucy, je ne m’en suis jamais remise. Je me sens coupable, par contre, de révéler ne pas avoir vu The Office UK (aucunement, par contre, de dire que je trouve que la version Américaine est nulle).

On peut jouer à ce jeu-là pendant des lustres. Honnêtement, il n’est pas difficile de faire croire que l’on a visionné une série/saison. Si, en plus, vous êtes un peu dans la SF, vous savez mentir, c’est obligatoire, vu que dans ce milieu, tout le monde prétend avoir tout lu et tout vu (je suis fière de dire que oui, j’ai  bien lu Dune ! Ce n’est pas un mensonge !). Quelques lectures, judicieusement, quelques reviews pour certains shows, et pour peu que votre interlocuteur ne soit pas trop calé, le mirage est  impeccable. Savoir détourner une conversation à temps, ou laisser parler la personne pour éviter de dévoiler la vérité est aussi très utile. Tout un art que l’homme maitrise réellement bien.

Il y en aura sûrement pour vous dire que cela ne sert à rien de cacher son ignorance. Qu’il se mente à lui-même si cela lui fait plaisir ! Le meilleur moyen reste sans aucun doute d’être dévoué à sa cause, et quand je vois le nombre d’heures de télévision qui m’attend, que fais-je à écrire ce billet, je vous le demande ?

Malgré tout, ma vie se porte on ne peut mieux sans How I Met Your Mother, et je n’ai vraiment pas l’intention d’y changer quoi que ce soit. Vraiment pas.