Bored to Death

Je suis volontaire, amis Critictooiens. Vous le savez bien. Au fond, je ne veux que le bien de nos amies les séries. Je ne condamne personne avant d’y avoir jeté un petit coup d’œil. Mais en ces temps de crise, le temps est on ne peut plus précieux.

Comme vous avez pu le noter – car vous êtes des lecteurs attentifs – j’ai arrêté de faire les critiques de Bored to Death. Je n’ai pourtant pas tout de suite arrêté de visionner. Non, non, malgré le fait qu’à l’évidence, je n’étais pas la seule à ne pas être motivée par la série – vu les chiffres de lecture des reviews – j’ai quand même poursuivi. 2 épisodes.

J’ai donc à mon actif 5 épisodes de Bored to Death, et c’est amplement suffisant pour savoir de quoi il retourne et que cette série porte magnifiquement son titre. L’ennui est le sentiment qui s’est le plus imposé au visionnage.

Mais avant d’entrer dans les détails, un petit rappel : Bored to Death, c’est une série du mégalomaniaque Jonathan Ames, qui aime tellement son nom que c’est ainsi qu’il a baptisé son personnage principal, interprété par le cool kid Jason Schwartzman. Notre fictif Jonathan est un romancier, qui, un jour, car il n’avait rien de mieux à faire, a décidé de devenir détective privé. Mais, il ne va pas se former, non il va juste passer une petite annonce, et le voilà parti sur sa première affaire. Dans l’univers formaté indé new-yorkais de Jonathan, on y croise son meilleur ami dessinateur de comic books, incarné par le trop talentueux Zach Galifianakis. Ce n’est pas le seul qui est trop bon pour la série, car Ted Danson y joue le principal employeur d’Ames, alors que l’actuelle princesse du cinéma indé justement, Olivia Thirlby, est l’ex-petite amie de notre romancier.

Dans ma petite tête pas toujours très connectée, mais à l’imagination débordante, j’avais imaginé Bored to Death comme une série référentielle aux vieux polars et aux univers développés par les adaptations des romans de Chandler – et aux livres en eux-mêmes. Je voyais déjà Jonathan tellement à l’ouest qu’il s’imaginerait dans son bureau, avec l’éternelle femme fatale venant demander son aide. Je pouvais concevoir les allers et venues entre un univers de couleur et un autre noir et blanc. J’imaginais un Jonathan avec quasiment les deux pieds dans un monde à moitié surréaliste.

Je dû me remettre du choc que Bored to Death n’avait pas franchement l’intention de jouer avec les clichés du genre, ni même de les exploiter vraiment. Une fois mis en évidence que ce n’était aucunement une série ayant la volonté de jouer sur un plan iconographique et imaginatif, je cherchais donc à savoir ce qu’elle voulait bien me présenter.

Au cours du visionnage d’un des épisodes, je fus frappée par une évidence : Bored to Death est un programme à l’excentricité latente, tentant de jouer avec un décalage créée par l’exploitation des normes issues d’une culture « indé », sans jamais dépasser aucune frontière. En gros, c’est censé être kip cool, mais cela ne l’est pas. L’inexploitation d’idées et de personnages à la personnalité dite artistique peuplent l’univers presque factice de la série, qui est tombé dans les pièges même du genre dans lequel elle a décidé d’évoluer.

Il n’y a pas vraiment de sujet, et en 5 épisodes, aucun attachement ne se crée avec les personnages. Alors, comme tout, quand rien n’arrive à attirer notre attention, c’est l’ennui qui s’installe. Au point où l’on peut oublier que la série est diffusée. Et dans mon cas, au point où je n’ai vraiment plus envie de m’infliger un épisode supplémentaire.