Make It Or Break It

Il fut un temps où les séries débutaient en septembre/octobre et quelques autres nouveautés commençaient plus tard, sans pour autant complètement chambouler notre emploi du temps si serré.

Aujourd’hui, l’univers des séries est un système qui parait en continuelle ébullition. Nos networks chéris veulent même conquérir l’été ! Entre nous, ce n’est pas Critictoo qui va s’en plaindre, mais autant le dire, il y en a de tous les côtés : septembre, octobre, novembre, janvier, mars, juin, juillet août. Les shows arrivent à tout moment de l’année en quantité officiellement non négligeable – épaulé par le découpage des saisons des séries du câble.

Quand 30 Rock démarra au cours d’un début de mois de novembre, j’avais regardé le pilote pour le style, puis j’avais passé mon chemin, avec un leitmotiv très simple : « Si c’est bien, je rattraperai. » OK, on appelle cela une excuse bidon, mais que voulez-vous, moi aussi j’ai mes moments de faiblesse.

Maintenant, les séries viennent de partout, et son mois de lancement peut parfois lui être fatidique. Pour moi, il semble que la plus dure période pour me pousser vers une nouveauté se trouve être aujourd’hui janvier. « Le calendrier est déjà plein les gars, merci quand même d’être passé. » Pourrais-je crier par la fenêtre. Car, j’ouvre la fenêtre – je regarde un épisode – mais me motiver pour la suite n’est pas toujours une mince affaire.

Tous les ans, les séries USA Network viennent s’ajouter. On les commence à l’été, puis on achève la saison en début de nouvelle année. Une habitude. Monk a simplement cédé sa place à White Collar. Le planning, tout est une question de planning, et de bouteille. Ont-elles du charme ? Ont-elles réussi à me séduire suffisamment pour que je sois motivé pour m’investir ?

Me voilà en janvier avec la reprise de Make It Or Break It, avec un épisode de qualité bien médiocre pour une série qui fait passer le temps, mais qui en soit, n’a jamais fait plus pour moi. Elle a ses qualités et se trouve être plutôt bien bâti pour le cœur de cible qu’elle vise. Qui est presque moi, au fond, si je n’avais pas un énorme penchant pour les séries à destination d’un public masculin. L’été, j’éteignais mes neurones, et je regardais. C’était le plus souvent en fond, mais j’ai connu pire fond sonore. Là, je n’ai juste pas le temps. Et, j’ai sûrement déjà meilleur fond sonore.

Life Unexpected s’inscrit presque dans cette lignée. Le pilote n’était pas foncièrement mauvais, j’ai un faible pour Tim le professeur d’espagnol (ceux qui ont vu Miss/Guided comprendront), mais je n’ai juste pas d’envie. Si on fait abstraction du fait que je suis une nouvelle fois le cœur de cible, je devrais – selon une pseudo règle Critictooienne applicable quand on a le temps – regarder au moins deux épisodes supplémentaires pour lui donner sa chance. Ne pas faire de discrimination. Malheureusement, c’est là qu’intervient la dure loi de janvier. J’ai déjà un planning rempli, je n’ai pas forcément envie de m’investir à ce moment précis de l’année.

Sur ce point-là, le système de la Fox avec Human Target m’a paru assez efficace. Deux épisodes en moins d’une semaine, cela a le mérite d’offrir l’opportunité de s’immerger dans la nouveauté de façon un peu plus radicale. Bien sûr, pour aider cette dernière, il se trouve que c’est moi qui suis à la charge des critiques des trois premiers épisodes (et plus, si vous êtes au rendez-vous). Il faut aussi avouer que ce point-là a aussi son rôle à jouer dans l’investissement que je fournis pour une série.

Après janvier vint mars. Étrangement, je suis presque fatiguée rien que de penser à ce fameux mois, mais c’est un peu le début de la fin. Mars, avril, mai. Les séries s’enchainent, sont entrecoupées de semaine avec et sans épisodes. Le rythme est là, on se déchaine comme des fous, pour complètement s’écrouler à l’arrivée. La série télé, cela sonne parfois comme un marathon, et la dernière ligne droite est ultra intensive, tandis que janvier ressemble à ce moment où vous avez envie de vous arrêter sur le bas côté, ralentir un peu le rythme.

C’est dans ces moments-là que le lancement d’une série apparaît véritablement comme un pur business. Il était clair quand ABC a annoncé l’arrivée de The Deep End le jeudi 21 janvier que le sub-text était en gros « Oui, on l’envoie directement au bûcher. Il faut bien alimenter le feu, en attendant le retour de Flashforward. » Bien entendu, cet exemple tend plus à montrer le sacrifice d’une série que la volonté d’une chaine à nous imposer un nouveau programme. Il n’empêche que les chaines doivent alors savoir jouer avec l’emploi du temps, conquérir une cible marketing à la bonne heure et au bon jour, tout en réussissant à convaincre que oui, notre planning peut bien accueillir une série supplémentaire. Pas facile.