La news est tombée hier : Syfy vient d’annuler Stargate Universe. Une information qui, je dois le dire, ne me chagrine pas particulièrement. Disons qu’en termes de séries, il y avait certainement mieux qu’Universe. Malheureusement aussi, en s’en allant, la voilà à soulever une question qui me titille quelque peu ces derniers temps : quel avenir y a-t-il pour la pure science-fiction à la télévision ?

Il n’y a pas trop à remonter dans le temps pour constater qu’il y avait eu un regain d’intérêt pour le genre, avant tout dû à une volonté hollywoodienne de rendre le geek chic et de se faire de l’argent sur son dos. C’était à la mode, et comme tous courants, il est normal que des gens essayent de remplir leur compte en banque avec. Dans le cas présent, il faut quand même être réaliste : sa durée de vie aura été bien courte. Hic, quand même : il semble que cela a au passage empiré la situation pour les amateurs du genre.

Sans jamais se montrer véritablement dominante, la science-fiction a toujours été là, et il y a peu de chance que cela change. Par contre, il faut bien dire que cette mouvance a rendu la vie bien compliquée au space opera, et l’évolution de la chaine Sci-Fi en Syfy en est l’illustration parfaite.

Ce changement d’écriture a été assez mal perçu au point de départ, avant tout car celui-ci signifiait la volonté de la chaine de s’éloigner de la science-fiction pure – comprendre vaisseaux et Cie – pour prendre une orientation plus accessible : des séries plus ancrées sur Terre, coutant moins cher, au sein desquelles nous avons des éléments surnaturels. Première à faire surface de cette nouvelle direction : Warehouse 13, destinée à couler des jours heureux l’été. Quand je pense série de science-fiction, je pense bien rarement à Warehouse, et je n’ai strictement rien contre le show en lui-même.

Dans une interview que j’ai lu entre Brian Michael Bendis et Michael Avon Oeming (les deux hommes derrière le comic book Powers, possiblement adapté à la télévision par FX si un jour la chaine va quelque part – quoi qu’on peut se questionner sur comment elle pourrait payer mais c’est un autre sujet), l’auteur faisait remarquer que ce qu’il faisait – techniquement – était dans le genre de la science-fiction, même si on ne s’en rend pas forcément compte (la question de Oeming étant de savoir si cela tenterait Bendis d’écrire une histoire de S.F. ou d’heroic-fantasy). Ce bout de dialogue m’a marqué pour la simple et bonne raison que si, comme Bendis, je perçois les super héros naviguant dans le genre SF, il faut bien admettre qu’ils ont la capacité de s’extirper de cette case pour que le spectateur les mette dans une autre, et j’ai aussi tendance à faire un peu de même. Quand je pense science-fiction, je ne pense pas forcément X-Men, Spider-Man ou Heroes (et pourtant, il y a de bonnes raisons pour y songer).

Quand je pense science-fiction, je pense Stargate, Star Trek, Farscape, Firefly, Futurama, Doctor Who, Battlestar Galactica … Je pense vaisseaux, voyage dans le temps, exploration… Je pense space opera. Je consomme tout le reste, et je le fais avec énormément d’assiduité, car c’est le genre avec lequel j’ai le plus d’affinités. Mais, dans ma petite caboche, il y a une place bien particulière pour le space opera. Peut-être à cause de Star Wars, peut-être parce que j’ai grandi avec Stark Trek ou Stargate, peut-être parce que Farscape est une des séries responsables de ma passion pour les séries.

Que nous reste-t-il du space opera ? La possibilité d’un Battlestar Galactica : Blood & Chrome, et l’envie de voir sortir du chapeau un nouveau direct en DVD Stargate. Et, si la première ne fonctionne pas et que le second ne voit pas le jour, dans quelle direction allons-nous ?

Je ne pense pas que le genre – comme mon titre le laisse sous-entendre – soit mort, ce n’est jamais le cas. Il y a des retours aux sources, des revivals, des idées de génie… La création ne s’arrête pas, et un genre ne disparaît pas dans un trou noir. Il s’affaiblit, il diminue, il semble complètement disparaître (ce qui n’est jamais le cas, il y a suffisamment de support pour qu’il conserve un brin de souffle), et il finit par revenir. Victime (ou profiteur) d’une mouvance, cela n’a pas d’importance. La question est quand ?