La mort annoncée de Spooks

11 Août 2011 à 14:50

Ce n’était pas vraiment un secret d’État que la série d’espionnage Spooks allait bientôt mourir. En fait, c’était une telle évidence que c’était prévisible, avant même que ceux qui travaillent dessus, le nez beaucoup trop dedans pour tout de suite réaliser, prennent la décision officiellement. De façon un peu inhabituelle, c’est Kudos (la boite de production) plutôt que le diffuseur qui a décidé de mettre fin à la série.

Je passe sur l’historique même de Spooks, de son importance dans l’évolution de la télévision anglaise, de l’exposition internationale que la série a apportée à Kudos, de son traitement de l’actualité. Son réalisme, sa conception, tout cela a été écrit à de multiples endroits, et il y a de fortes chances que d’ici qu’elle rende officiellement l’âme, beaucoup reviennent dessus (même Critictoo, je ne suis pas voyante, je ne sais trop ce que nous allons écrire dans l’année à venir).

Au lieu de cela, je préfère m’arrêter sur ce que la série, pour moi, téléspectatrice, représente et la place qu’elle aura occupée durant toutes ces années. Il y a des programmes qui jouent un rôle plus important que d’autres sur notre culture et Spooks est définitivement l’une d’entre elles.

Je ne peux pas écrire cela pour beaucoup de séries, alors autant le faire quand c’est le cas : j’ai découvert Spooks grâce à ma mère. La première saison était diffusée en primetime sur Canal +. Si je ne me trompe pas (mes souvenirs sont peut-être inexacts), c’était l’épisode avec Anthony Head. Le quatrième d’une saison qui n’en comporte que six.

Ma mère a arrêté la série à la fin de la seconde saison, mais j’ai poursuivi. J’ai donc traversé les années, passant de mon petit écran à internet, de Tom à Adam, d’Adam à Lucas, sans oublier la place hautement méritée dans cette liste d’hommes de Ros Myers.

Si aujourd’hui, la télévision anglaise occupe une place non négligeable sur mon écran, ce n’était pas le cas à l’époque. D’ailleurs, ce ne fut pas le cas tout de suite. Sûrement, car la nationalité était moins au cœur des discussions et qu’on ne tentait pas de percevoir ce qui fonctionnait ou pas dans les différents modes de production – ou en tout cas, pas à la même échelle.

Spooks reste la série avec laquelle j’ai rencontré Matthew Macfadyen et Keeley Hawes (et eux aussi d’ailleurs, c’est ainsi qu’ils se sont rencontrés !), et à une échelle différente, David Oyelowo (dont je ne suis toujours pas sûre de la prononciation du nom). Des acteurs dont les noms (surtout Matthew soyons honnêtes) me feront regarder d’autres œuvres. Puis, il y a eu Rupert Penry-Jones dans la peau d’Adam. Difficile transition pour finalement être totalement conquise. Jo ou Zaf from Spooks (Miranda Raison et Raza Jaffrey). L’incroyable Hermione Norris dans la peau de Ros, une femme comme on en fait peu et qui restera l’un des meilleurs personnages féminins qui sera passé sur ma télévision. La réconciliation avec Richard Armitage, un acteur que j’appréciais peu, mais qui fut purement excellent durant la peut-être meilleure saison de la série (la 7) et qui connut une chute amère, un traitement narratif qui nous annonçait la fin.

Des noms qui ont donné vie à des personnages particulièrement marquants, humains, complexes. Des morts qui s’accumulent et qui restent ancrées dans la mémoire (je ne me suis jamais totalement remise de celle de Danny, un pur choc télévisuel). Une dépression sans fin pour Adam à laquelle j’ai cru qu’on ne verrait jamais le bout. Des hauts et des bas qualitatifs, entrainés par la routine, de nouvelles tentatives narratives, un retour aux sources en splendeur. Puis, le début de la fin …

Une fin qui se fera bien évidemment en compagnie de Harry et Ruth, les survivants, le symbole des débuts, des coups de génie, de l’humour noir, de la romance, de la subtilité, des gros ratages. La série, en somme.

Spooks se terminera comme elle a commencé : avec six épisodes. Dix saisons qui auront vu bien des taupes passer, dans lesquelles de nombreuses crises auront été désamorcées, où de multiples infiltrations auront eu lieu, et où bien des espions seront tombés. Une série qu’à aucun moment, même au plus bas, je n’ai songé à arrêter ou à délaisser. Il y a longtemps que j’ai arrêté de la citer parmi mes préférées, mais je possède tellement d’attaches invisibles qu’il reste difficile d’expliquer la place qu’elle occupe, si ce n’est que Spooks est une de ses séries qui a fait de moi la spectatrice que je suis aujourd’hui.

Il reste donc une petite saison pour conclure en beauté un show qui aura laissé une empreinte indélébile sur ma petite personne – et sur le monde des séries télévisées.

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