Soirée canapé

Je me décide enfin à écrire ce billet que j’ai en tête depuis que The Beast a démarré, mais jusque là, je n’avais pas eu le temps de l’écrire.

Il est donc question de la survie d’une série sur mon écran. Ou le vôtre. Pour des raisons personnelles. Rien à voir avec son audimat, ou son annulation, juste avec mes propres goûts. Combien de temps laisse-t-on a un programme pour s’imposer ? Combien d’épisodes avant de dire stop ? Qu’est-ce qui fait qu’on envoie une série au bûcher, qu’on lui redonne une chance, ou qu’on s’en fout, qu’importe tout ce que les autres peuvent dire.

Si je n’atteins pas le niveau d’excellence de mon confrère Fabien quant au visionnage des pilotes, je n’ai pas à rougir, j’en ai vu énormément, et j’en verrais encore autant. Qu’importe que le pitch me branche ou non, je n’élimine quasiment aucune série avant le pilote, sauf si c’est BBC Three. Mais, c’est une autre histoire, je pense.  Si je voulais écrire là-dessus au moment de The Beast, c’est que j’ai à cette période enchainé : alors que Being Erica a eu le droit à 3 épisodes, The Beast fut stoppé après le second, et il devait y en avoir une troisième dans la pile dont j’ai oublié le nom qui fut arrêté. United States of Tara a failli passé au gril aux environs de l’épisode 5, quand, justement, la série est devenue enfin bonne pour moi. Sauvée par le gong (sans jeu de mots foireux) !

1, 2, 3 épisodes… Puis 6… Puis le passage fatidique de la mi-saison… 13 épisodes, et j’ai dit adios à Lost, je me faisais trop chier…. La fin d’une saison… Adios Nip/Tuck, tu auras vécu 13 épisodes…Le début d’une nouvelle saison… Adios Carnivale, au deuxième épisode de la seconde saison…

On peut jouer à ce jeu-là pendant longtemps. J’arrête, plus ou moins facilement, mais je suis tout autant capable de revenir. Reaper a dormi avant que je m’y replonge, et je ne regrette aucunement. La saison 2 de Supernatural a subi un stand-by, de même que la 5 de NCIS. Deux séries que je suis encore. Je m’y suis reprise à trois reprises pour passer le cap de la saison 1 de Gilmore Girls (la saison 1 est franchement moyenne, il n’y a pas à dire), et j’ai aujourd’hui tous les DVD.

Un an de trou dans le JAG, une saison où j’étais en période d’examen, vous savez l’année fatidique du BAC (S, si vous tenez tant à le savoir). Jack Bauer a quitté mon écran pendant une saison et demie avant d’y revenir aujourd’hui. No regrets, je peux vous dire une chose, si c’est mauvais, j’arrête. Je ne suis pas du genre à dire du mal gratuitement d’une série, et pour tous ceux qui ont cru que je regardais Doctor Who par force ou je ne sais quoi, c’est que non, j’aime Doctor Who et que j’en attendais plus, j’en attends toujours plus. C’est censé être bon, pas mauvais. Tant que je ne lâche pas le morceau, il y a de l’espoir, si vous voulez mon avis. Et que j’aime encore suffisamment pour rêver à un jour meilleur.

Je suis une vraie petite américaine, je suis capable d’aller et venir, de lâcher l’affaire et de reprendre si le cœur m’en dit. Et pourquoi pas boucher les trous plus tard, si je suis de nouveau sous le charme.

Un nombre de paramètres incroyable entre en compte quant à la destinée d’une série sur notre écran : en plus de son sujet, voilà que s’il elle démarre en septembre, novembre ou janvier, cela va avoir son mot à dire. Quand 30 Rock a commencé, plus de place sur ma grille de programme, je n’ai pas tout de suite regardé la série. Friday Night Lights fut mis temporairement au rencard, après le pilote aussi, car c’était un teen show, et que cela m’avait refroidie. Si c’est du fantastique ou de la SF, vous pouvez arriver quand vous voulez, et en général, je regarde au moins une mi-saison, pour être sûre de mon coup. Je me décide très vite sur les séries féminines, car très peu m’intéressent. J’ai un penchant un peu plus développé pour le câble, mais qui aujourd’hui, est moins prononcé (la faute aux arrêts consécutifs, je crois). La sitcom doit vite me convaincre, car ce n’est pas mon genre de prédilection. Et puis, il y a le casting, la séduction d’un projet par un nom, et dans mon cas, plus acteur que créateur. Je regarderai Nurse Jackie car c’est Edie Falco. Kings possède un ensemble plus que solide à mes yeux, et franchement, il y avait longtemps que l’équipe créatrice de Stargate n’avait pas réussi à me faire autant saliver. L’équation est bien compliquée. Elle peut se jouer sur les acteurs, sur la photo, dans le coin à droite, ou parce que le pilot, dont on n’attendait rien, fut séduisant. Parce que notre cœur a été conquis au second (l’expérience série asiatique, où très rare sont les drama m’ayant accrochée au premier épisode)… Si Fabien me dit que ça vaut le détour (c’est un excellent vendeur – comme destructeur – c’est incroyable), si je lis de belles paroles au détour d’un blog connu ou inconnu…

Finalement, c’est un business tout aussi compliqué que le reste.