True Blood - Plaisir D'Amour (1.09)

Suite à une petite discussion avec une amie – qui a dit que je pourrais écrire sur la question – je me dis que oui, je peux le faire.

Voici un sujet qu’on use et écume autant que l’on peut, et qu’on ne se lassera jamais d’aborder. On répète inlassablement les mêmes choses, mais c’est presque comme le débat VO/VF, il est sans fin, et pourtant, on continue de l’alimenter.

Les adaptations ont toujours été monnaie courante dans le cinéma, et ont plus que fait leur chemin dans le monde de la télévision. Pourtant, en y réfléchissant, je n’arrive pas à trouver beaucoup d’exemples qui se conclut par un : « Le livre est mieux que l’adaptation », une phrase que tant de personnes prennent pour acquise qu’ils n’imaginent presque pas que cela puisse être l’inverse.

Quand je visionne True Blood, j’ai parfois des regrets. Je ne classerais pas mes quelques lectures de La Communauté du Sud dans mes meilleurs moments littéraires, loin de là, mais j’ai bien aimé leur côté fun et léger, pas prise de tête qu’ils avaient, alors que la série n’y ressemble pas vraiment. Je ne compare pas vraiment les romans à la série, car je trouve qu’il n’y a pas de comparaison à faire. Il s’agit de deux univers assez différents.

J’avais trouvé Dexter tellement mauvais que le travail effectué par les scénaristes durant la saison 1, à reculons, m’avait assez bluffée. Réussir une telle progression qualitative, c’est admirable (et vous savez que Dexter n’est pas ma série préférée).

Je viens de finir il n’y a pas très longtemps Flash Forward, et je n’ai pas mis longtemps à comprendre que la série ne ressemblera aucunement à l’ouvrage, car c’est simplement impossible. La présence de Robert J. Sawyer sur le tournage doit rassurer les fans, tandis que, de toute façon, la véritable question, c’est la viabilité sur la durée (une problématique qui n’arrête aucunement les studios).

Bien sûr, au milieu, il y a des adaptations où les gens ne se lasseront pas de vous dire que le roman est meilleur que la série. Certains vous citerons L’Epée de Vérité. Je dois avouer que si Legend Of The Seeker m’a parfois laissé de marbre, il y a eu beaucoup de bonnes choses de faites durant les épisodes, et surtout j’ai vu la saison en entière. Je ne suis pas sûre d’avoir lu 100 pages du livre.

Peut-être que Generation Kill, Band Of Brothers ou JPod sont de meilleurs livres ? Qu’en sais-je ? Finalement, de cette histoire d’adaptation, on oublie une chose souvent primordiale : la masse n’a pas lu l’ouvrage. Best-sellers ou non. Il n’y a pas longtemps non plus, Cachou disait qu’elle ne comprenait pourquoi il y avait eu un changement de fin pour Je suis une légende, celle du livre ayant plus d’impact. C’est là que l’évidence m’a frappée. Qu’est ce que cela peut faire, à partir du moment où l’on n’a pas lu le livre ? Combien y a-t-il de gens qui ont vu Harry Potter et sur cette masse, combien ont lu le livre ? Qu’en ont-ils à faire de la réussite de l’adaptation ? Dans l’univers des séries, c’est exactement la même histoire. Qu’est ce qu’on s’en cogne de savoir si c’est un bon ouvrage, de savoir si l’adaptation est fidèle. De toute façon, la plupart des téléspectateurs n’auront pas lu le matériau de base. Vampire Diaries est peut-être adapté d’un roman, bon ou mauvais, mais cela n’a pas d’importance, ce qui compte, c’est que le show soit bon. Le problème, alors, rejoint celui de l’adaptation cinématographique. 10 Things I Hate About You ou Parenthood, par exemple. À partir du moment où l’original n’a pas été vu, on regarde l’œuvre et notre travail n’est-il pas de la visionner pour ce qu’elle est, et non de la juger par rapport à un autre support. Il est fortement difficile de faire abstraction quand on a lu ou vu, et en fait, j’ai compris quelque chose de tellement évident récemment : il vaut mieux ne pas connaître, pour juger à sa propre valeur la série que l’on a devant soi. Pas de background, pas d’idées préconçues, pas de préjugés. Une série télé est une série télé, qu’importe l’origine.