Homicide

« Life c’est la seule série policière que je suis. Et pourtant il y en a un paquet, mais je n’ai jamais aimé les CSI & co. »

Cette phrase a été écrite par Caro, qui sévit sur Critictoo. Si ce n’est qu’elle ne l’a pas écrite chez nous, cela n’est pas permis, vous vous en doutez, d’écrire ce type de choses sur des séries que les grands patrons soutiennent. Pourtant, cela représente au fond l’avis d’un certain nombre de téléspectateurs. Dans le monde policier, il y a les séries que l’on suit et les autres. Il y a celles que l’on aime et ce qu’elle a appelé CSI & co. Ce que d’autres appelleront CSI, L&O & co. A vous de choisir.

Ceci n’est pas générationnel, Caro est plus âgée que moi. Ceci est représentatif d’un genre, qui, je ne sais comment, est populaire auprès du grand public aujourd’hui, mais à moitié boudé quand on l’aborde dans une discussion qui se veut sujette à débat. Ce genre, pourtant, est un pilier du monde du petit écran, éternellement représenté, ne mourant jamais. Il fut, il est, il sera. Et il a ses classiques, ses incontournables. D’hier et d’aujourd’hui.

Je suis au fond trop jeune pour avoir été marquée par Magnum et ses chemises à fleurs. J’ai bien entendu vu des épisodes, pas l’intégralité, je l’avoue, malgré multiples rediffusions. Je trouvais Miami Vice assez glauque. J’ai été traumatisée par un épisode où Sonny aide un type à sortir de prison, car il se dit innocent, pour qu’il découvre après sa libération qu’il était bel et bien coupable. Encore une fois, j’étais assez jeune.

Mais d’un côté, quel âge avais-je pour NYPD Blue ? Je ne sais plus. Sipowicz n’est pas un bout en train, on n’en convient tous. Mais, il reste un symbole de ce monde policier que les plus jeunes ne citent plus. Comme Homicide : Life On the Street. Tout le monde aime vanter The Wire, ou pour peu qu’ils l’ont vu, The Corner. Mais ces mêmes personnes n’ont-elles pas vu Homicide ? C’est dans celle-ci que se trouve pour moi une grande part des flics qui m’ont le plus marquée : Pembleton, Bayliss, Munch, Kellerman, Lewis… Elle n’a dû sa survie qu’à son succès critique, elle a gagné des récompenses, et encore plus de nominations. Ils sont les flics d’hier. Il n’y a plus de NYPD Blues à la télévision, il n’y a plus de Homicide.

L&O était déjà là quand ces deux séries ont vu le jour, et elle est encore présente. La révolution suivante arriva avec CSI. Elle changea le visage de la série policière, qui aujourd’hui, n’ignore plus la police scientifique, même quand elle a choisi de retourner à ce qu’on peut appeler les basics. Certains tendent à renier l’impact de CSI sur le paysage audiovisuel. Si cela leur fait plaisir, l’histoire, de toute façon, ne tient pas compte de cela. Leurs armes étaient leur microscope, personne ne l’avait fait avant, et personne ne le fera après. Pas même les dérivés. C’est symbolique, une pierre à l’édifice de plus.

Puis vint The Shield. Ou comment faire de la bonne série avec peu d’argent, selon FX. Je ne sais pas si, à l’époque, la chaine mesurait qu’elle donnait le jour à une série, qui, si bien entendu est représentative de toute une période, a elle aussi apporté sa pierre au monde policier, offrant une autre vision. Personne ne l’avait fait avant, personne ne le fera après.

Dragnet, Cagney & Lacey, Hill Street Blues, The Bill, … On en aime certaines, on en déteste d’autres, et il y en a qu’on n’a jamais vu et qu’on ne verra jamais.  C’est ainsi qu’on vu le jour les flics d’hier et d’aujourd’hui, ceux qui ont appartenu à ces séries ayant marqué le petit écran de leur empreinte. Ils n’ont pas tous un badge, ou une arme, mais ils sont les représentants d’un genre tellement exposé qu’on a tendance à oublier ce qui se cache derrière. La série policière fait définitivement partie du paysage audiovisuel, et est le compagnon de route le plus fidèle du sériephile, quelle que soit son année de naissance.

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CaroleC
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