Les frontières de la banalité

18 Sep 2010 à 10:14

En ce mois de septembre qui progresse en nous délivrant son lot de nouveautés, il m’est apparu que c’était le moment opportun pour soulever une question qui ne semble pas être souvent posé : « Qu’est-ce qui définit réellement la banalité ? »

Commençons par ce qu’il faut naturellement chercher : la définition. Mon merveilleux dictionnaire – fourni par Antidote –  me propose trois définitions :

1. Obligation des vassaux d’utiliser le four et le moulin banal, moyennant redevance.
2. Caractère de ce qui est banal.
3. Idée, parole, écrit banal.

Si vous êtes là pour discuter de l’option numéro 1, nous allons avoir un sérieux problème !

Quoi qu’il en soit, cela nous conduit à banal = Qui est commun, dépourvu d’originalité, de tout signe distinctif (toujours selon le même dictionnaire).

Alors après tout cela, qu’est-ce qui relie séries télé et banalité ? Surtout, qu’est-ce qui détermine réellement qu’une série est banale ou non ? Justement, avec les nouveautés, il n’y a pas meilleur moment pour constater la diversité des avis – naturel – mais surtout le seuil de tolérance variable en fonction des personnes.

On ne cesse de le répéter, mais une série vise un public précis. Si le système n’est pas fiable à 100%, il n’empêche que les shows sont pensés selon des critères sociaux et culturels qui ne peuvent être reniés dans le but de mieux toucher le cœur de cible. Le fait est que nous regardons tous des shows qui ne nous sont pas destinés – qu’il s’agisse d’une erreur marketing ou de nos propres goûts. Peut-être finalement est-ce à ce moment précis que la banalité s’affirme plus qu’elle ne le devrait ?

En fait, la série est étudiée pour séduire son public et pour que ce dernier ne la trouve pas banale. Le fait est qu’être réceptive à l’œuvre – en règle générale – fera qu’on sera moins sujet à crier à la banalité, alors qu’une personne qui se plonge dans un univers qui n’est pas le sien aura tendance à décrier les poncifs d’un genre. C’est sûrement ce qu’il y a de plus fascinant dans ce procédé : nous sommes forcément plus enclins à être tolérants de par le fait que la série appuie sur une corde sensible.

S’il y a un type de shows que je maitrise bien mieux que tous les autres, c’est la série de genre – fantastique, SF et dans une certaine mesure la fantasy (on ne peut pas dire que cela soit ultra représenté). Je connais donc tous les clichés du genre, qui est en plus souvent sujet à devoir s’accommoder d’un budget limité sur lequel son spectateur fétiche a pris l’habitude de fermer plus ou moins les yeux (moi comprise, bien qu’on aime en rire soyons honnêtes). À la base, je peux donc m’esclaffer de voir revisiter encore et encore un classique plus aisément, mais je serais pourtant moins prompt à condamner et plus encline à pointer du doigt les tentatives d’originalité que quelqu’un qui est moins réceptif au genre. Connaissant mieux le sujet, ce sont des détails que je verrais.

Mais cet étrange phénomène n’est pas continu. Après tout, le fait de mieux maitriser un genre fait qu’à la différence d’un non-initié, la non-originalité d’une œuvre me frappera de plein fouet, ce qui ne sera pas son cas. Le genre historique est aussi un excellent exemple, car les largesses prises par les fictions chiffonnent parfois les passionnés extrêmement dévoués à leur sujet.

Pour le coup, retour à ce qui nous différencie tous : ce fameux et indécrottable bagage culturel.

Ainsi, il semble que la banalité dans les séries surgit en fonction du spectateur. Majoritairement, c’est l’intrigue qui a le droit de se doter de cet adjectif ou de ses synonymes (ressassé, éculé, facile, insipide, plat, sans intérêt, etc.) Je suis sûre de les avoir moi-même utilisés à quelques occasions, gratuitement par fatigue ou lassitude. Je ne suis pas parfaite !  Je sais, c’est triste, mais que voulez-vous… Mais, épaulé parfois par certains commentaires/textes, il est aussi facile de constater que la frontière de la banalité ne se trouve pas au même endroit pour tout le monde. Cela sonne creux pour une personne, mais pas forcément pour une autre.

Alors, « Qu’est-ce qui définit réellement la banalité ? ». Rien du tout. Et tout le reste. Elle est malléable, car elle parait s’accommoder de nos expériences personnelles, de nos sensibilités, de notre sévérité ou de notre indulgence. Nous avons tous des rapports différents avec une série et ses intrigues, et ce qui la rend banale ou non dépasse parfois la simple logique. La seule véritable chose à faire, c’est de justifier honnêtement son point de vue.

Pour terminer sur une note qui pourra toujours mener à une autre réflexion : banal ne signifie pas mauvais.

Tags : Star Trek moins...
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