Warehouse 13 - Nevermore (1.11)

Tout a commencé avec une discussion sur un livre sur les séries tv datant de 1999 dont Carole fait la critique – vous savez on a une chronique dédiée aux livres. On parle un peu autour du sujet et elle me dit que les choses n’ont pas vraiment beaucoup changé depuis cette époque. Après quelques secondes d’hésitation, je me dis que c’est bien vrai.

Hier soir, je me lance dans la relecture – également pour une chronique, rassurez-vous, on a 6 mois de chronique d’avance vous les lirez bien un jour, pas tout de suite – du livre de Martin Winckler, Les Miroirs de la vie, que vous connaissez sûrement.

Au début, M. Winckler fait un bilan bien peu glorieux de la façon dont sont considérées les séries tv en France. C’est là que je me dis que oui, les choses n’ont pas vraiment changé, et ça s’est peut-être même empiré.

Tout d’abord, on ne peut pas dire que côté littérature sur les séries il y a eu un boum. Certes, dernièrement, on a vu quelques éditeurs ajouter des volumes sur les séries dans certaines de leurs collections, mais, franchement, en 10 ans, ce fut bien maigre, sans parler que les livres qui s’attardent réellement en profondeur sur des pans spécifiques de cet art, ça ne court par les rues.

Ensuite, dans la presse. Martin Winckler pointe le manque de connaissances des journalistes sur le sujet. Sans vouloir être désobligeant, là aussi on ne peut pas franchement dire que ça ait évolué. Certains semblent ignorer qu’il ne s’agit pas d’un phénomène de mode et que les séries existent depuis plus de 10 ans. L’aspect succès populaire est exploité, mais c’est bien l’un des seuls. On a donc tendance à se retrouver avec des textes passablement documentés, remplis de banalités, et un peu répétitifs. Ajoutons que beaucoup de journalistes qui clament leur amour des séries ne cessent (probablement inconsciemment) de les placer derrière le cinéma et la littérature, comme si cet art valait quand même moins, ou ne devait pas être traité avec le même respect.

Côté critique, la presse n’a pas vraiment développé cet aspect. Pire, car comme pour le cinéma, avec l’interweb, les amateurs côtoient désormais de près les professionnels qui n’obtiennent alors pas vraiment le respect qui pourrait leur être dû. La différence est que le cinéma bénéficie encore d’une presse spécialisée, certes en difficulté, mais qui a du crédit, là où celle dédiée aux séries a du mal à s’affirmer et à perdurer.

Que reste-t-il ? La représentation des séries à la télévision. Il y a un peu plus de séries de diffusées, mais si on regarde bien, ça n’a pas réellement explosé. Il y a 10 ans, M6 avait déjà une soirée dédiée aux séries, aujourd’hui elle en a deux ou trois, mais ce sont toujours les mêmes programmes. Toujours. On pourrait même dire qu’elle en diffuse moins. France 2 diffusait Urgences en prime le dimanche soir et avait sa soirée séries policières. TF1 a vraiment évolué, mais là encore, en primetime, ce sont éternellement les mêmes séries, ce qui limite vite. Ce que la chaine a vraiment fait évoluer, ce sont ses secondes parties de soirée. Il y a Canal+ qui est payante, ce qui fait que ça ne change pas grand-chose, vu qu’elle a dépouillé Canal Jimmy qui était alors accessible via cable ou satellite. On tourne en rond.

Notons d’ailleurs que là où on voit que ça s’empire, c’est qu’après la disparition de Destination Series, il n’y a pas eu de remplaçant. On ne peut clairement pas voir ça comme une progression.

La seule chose qui peut se voir comme une amélioration concrète n’est pas ce qu’on appellerait « légale », car grâce à internet il est facile de voir une très large sélection de séries comme on veut, quand on veut.

Donc du côté de la presse, des librairies et de la programmation des chaines, ça a vaguement progressé, mais la révolution n’a pas eu lieu. Pour beaucoup de gens, les séries sont assimilables à un simple loisir qui ne vaudra jamais un film. Pour d’autres, il s’agit juste d’un objet de mode ou d’un produit de consommation quotidienne.

Quoi qu’il en soit, comme il y a 10 ans, certaines séries ont gagné une reconnaissance – qui est plus une assimilation au cinéma –, mais celle-ci ne s’applique pas à l’art en tant que tel.

Les choses ont changé, et ce n’est que le début. Le problème, c’est que l’on n’est pas allé bien loin depuis 1999 et on pensait déjà à l’époque que c’était le début. Espérons donc que quand 2020 pointera le bout de son nez, on aura vraiment avancé.