Les séries TV, un engagement de longue durée

7 Mai 2013 à 14:36

Farscape (John Crichton et Aeryn Sun)

Régulièrement, le débat sur la façon de regarder une série refait surface, intensifié par la consommation boulimique forcée par la programmation des chaines françaises. Alors, à la semaine ou en marathon ? Cette question est loin d’être primordiale, même si elle a sa raison d’être. D’abord, car la plupart des séries sont construites narrativement pour être regardé un épisode à la fois ; ensuite, car l’expérience qui en découle est différente.

Regarder une série à la semaine est en vérité… un marathon. Cela demande une certaine forme d’assiduité que l’on n’a pas forcément envie d’entretenir avec toutes les œuvres. Cela demande, quand la série n’est pas au meilleur de sa forme, de la conviction pour ne pas lâcher prise face aux multiples obstacles. C’est le moment difficile à traverser qui met à l’épreuve notre détermination, celle qui nous a poussées à faire confiance aux équipes créatives. Puis, il y a la récompense, la ligne d’arrivée à traverser.

D’une certaine façon, c’est à ce moment précis que tout prend un sens différent. Cinq saisons de Fringe en compagnie d’Olivia Dunham, Peter Bishop et Cie, étalées sur plusieurs années, cela ne provoque pas les mêmes émotions qu’un visionnage qui se sera au mieux déroulé sur quelques mois (la capacité de certains à enchainer les saisons m’impressionne régulièrement).

Je ne crois pas que l’un vaille plus que l’autre. L’essentiel – c’est valable pour toute forme d’art – est de découvrir, d’aimer et de connaitre. On n’était pas forcément présent à la première diffusion, on n’avait pas le temps ou la maturité à ce moment précis ou je ne sais quoi. Cependant, l’expérience reste différente, car suivre une série sur la durée c’est poursuivre sa vie en parallèle, voir sa vision se modifier et connecter certains moments clés à son existence. Je ne parle pas d’un parallèle au niveau des intrigues, mais juste du quotidien de base.

La fameuse « série de son adolescence » est la quintessence du sujet, les personnages sont adolescents quand cela commence et, si tout va bien, ils sont comme le spectateur, prêts à aborder le monde adulte quand elles se terminent.

Cela n’a pas à s’appliquer qu’au teen shows, loin de là. Si Farscape occupe une place si importante dans ma sériephilie, c’est avant tout car je l’ai suivi pendant des années – regardant les rediffusions entre les différentes saisons, attendant les nouveaux épisodes impatiemment, prêtant mes coffrets DVDs pour partager mon engouement, le tout entremêlé d’épreuves plus ou moins personnelles. J’ai beau avoir aimé Lost, par exemple, je n’aurais jamais ce rapport avec la série que d’autres ont, l’ayant rattrapé alors qu’elle allait se terminer.

Il se crée un lien entre l’œuvre et le spectateur qui ne se définit pas de la même façon. Les personnages ont évolué sous nos yeux durant plusieurs années. On a eu le temps de les aimer ou de les détester à divers degrés et de théoriser entre les épisodes, de mesurer le poids émotionnel, de se plonger dans une mythologie ou dans des recherches pour en savoir plus – sur l’envers du décor, sur les acteurs, les scénaristes, le sujet même du show et ses thématiques.

Tout cela, vous allez me dire, on peut toujours le faire. Seulement, cela ne s’inscrit pas dans une période temporelle large, mais le plus souvent au cœur d’une période bien définie qui laisse moins de place aux détails et aux émotions pour s’ancrer solidement et laisser une marque indélébile.

Le moment où l’on découvre une série peut être primordial et avoir un impact sur notre personne. J’espère sincèrement qu’aujourd’hui encore, des spectateurs sont bousculés par des shows comme Six Feet Under ou The Shield, même s’ils n’ont pas pu les regarder sur plusieurs années à l’époque de leur diffusion TV. Pour autant, je pense que qui nous somme culturellement est quelque chose qui se forge sur la durée et que les séries dans lesquelles on s’investit pendant des années jouent un rôle important.

Je ne parle pas d’un facteur nostalgique qui nous empêcherait de réellement voir que telle ou telle série est mauvaise car on avait de l’affection pour elle quand on était plus jeune, mais d’une histoire personnelle, de celle qui donne à la série un poids différent sur lequel on ne peut pas forcément mettre des mots précis, mais qui définit notre rapport vis-à-vis d’elle et pourquoi on l’aime.

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