three doctors Les trois visages d’une série

Mardi 27 juillet 2010 à 10:23 - 0 commentaire

Les trois visages d’une série

 Les trois visages d’une série Les trois visages d’une sériepar Carole.

Venant de terminer mon livre, j’avais décidé pendant mes vacances de lire The Writer’s Tale Les trois visages d’une série qui est donc présent depuis un moment dans ma pile, mais que j’avais sagement laissée de côté, pour y revenir quand j’aurais plus de temps (soit pas en pleine période de fin de saison ou autre).

En gros, j’ai eu d’autres lectures à boucler avant, et m’y voilà enfin. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il n’y ait pas trop d’embuches pour la suite de la lecture. Quoi qu’il en soit, le timing fut plutôt bon, car au début du livre, Benjamin Cook lance Russell T. Davies sur Skins, alors que la saison 1 était en cours de diffusion. Il a donc écrit, je cite (page 45) :

publicite

There’s a real gulf between the show that everyone involved seems to think that they’re making and the show that they’re actually making.

Cela m’a fait penser, avant tout car je partage assez bien ce point de vue, et surtout que comme je l’ai dit quand je vous ai parlé des deux premières saisons, j’avais une image de Skins qui ne collait pas avec la série que j’ai vue.

D’une certaine façon, à force de regarder des séries, de lire sur les séries, d’écrire sur les séries, j’ai réalisé que la vision que l’on avait de cette dernière était malléable. Les paramètres sont alors assez variables, car notre perception dépend de notre bagage quantitativement et qualitativement parlant, en même temps que du moment précis où l’on découvre la série (à son lancement ou 10 ans plus tard, c’est important), sans oublier l’aspect marketing et/ou l’image que la série s’est construite.

Pour compliquer un peu le jeu, on peut sans trop de difficulté rajouter la différence culturelle, qui tombe bien, car je suis partie de Skins, et que l’Angleterre est énormément touchée par ce phénomène. La différence culturelle fait que notre regard, tant qu’il ne connaît pas cette culture, ne pourra être juste envers ladite œuvre. Il faut naturellement visionner pour connaître son sujet. C’est comme cela dans tous les domaines, il existe plusieurs couches, et on peut simplement imaginer que passer d’un pays à un autre, c’est comme circuler dans les sous-genres, le genre principal étant tout simplement la série. Bon, je simplifie énormément là, mais c’est pour éviter de trop tirer en longueur sur la question.

Je reviens donc à la perception que l’on peut avoir d’une série, à laquelle j’attribue trois visages :

1/ ce qu’elle est : celui-ci est au fond incontestable. Mais d’un côté, c’est là que je vous renvoie à ce qu’a écrit Benjamin Cook, car finalement ce n’est pas obligatoirement celui qui fait la série qui sait vraiment ce qu’elle est. C’est parfois insondable, mais c’est ainsi. Ceux qui sont derrrière ont parfois pleinement conscience du type d’œuvre sur laquelle ils travaillent et ils agissent dans ce sens, et d’autres souhaitent donner le jour à un produit qui au final n’est pas ce qu’ils pensent qu’il est. L’art dans toute sa splendeur où l’on n’a pas toujours conscience de ses capacités et de ses limites. C’est aussi ici qu’il faut mettre sa valeur historique, c’est très rarement discutable (même si cela existe, comme toute règle il y a des exceptions).

2/ ce qu’on pense qu’elle est : le spectateur a une opinion. Cela donne plein d’opinions qui se recoupent ou non. Elle est parfois juste et elle peut aussi être complètement à côté de la plaque. Elle se construit à cause ou grâce aux autres visages de la série, en fonction de notre expérience, de notre consommation, de notre capacité à nous forger une opinion (dépendant du pourquoi vous regardez votre télévision) … À la base, pour que notre point de vue se rapproche au plus près (ou réussisse à percevoir exactement) le premier visage de la série (ce qu’elle est), cela se fait principalement à la consommation. Plus vous voyez, mieux vous savez. C’est une règle de vie culturelle. C’est pour cette raison que j’écris ici sur les séries et pas sur les romans. Cela ne m’empêche pas d’avoir un avis et des goûts, mais je ne suis pas suffisamment connaisseuse d’un genre pour que mon opinion prévale sur celle de quelqu’un d’autre.

3/ ce que les autres pensent qu’elle est : une série a une réputation. C’est son troisième visage. Il n’y a pas grand-chose à dire autour de celui-là, qui voit le jour grâce à de la bonne promotion, grâce à sa place dans le paysage télévisuelle, à des récompenses, à sa place dans l’histoire, à sa fanbase, etc.

La vérité dans tout cela est qu’il y a bien peu de séries où les trois visages sont identiques. Et encore, si par miracle cela arrive – soit la série est géniale, vous pensez qu’elle est géniale et l’avis général dit aussi qu’elle est géniale -, il n’est pas bien difficile de rencontrer quelqu’un pour qui cela ne sera pas le cas.

publicite
59 queries. 0,756 seconds.