Chae Do-woo  (incarné par Kim Kang-Woo) dans Story of a Man

La télévision possède son lot d’acteurs ou d’actrices que l’œil apprécie de voir défiler. Aucun doute là-dessus. Mais, un fait notable apparaît au cours des visionnages : le méchant est devenu plus attirant.

Avant, peu de séries mettaient en scène des pourritures, des corrompus, des meurtriers. Quand je parle du méchant, je parle du vrai. Celui qui remplit cette fonction, qui pourrit la vie de notre héros. Aujourd’hui, ce dernier est devenu sexy.

Après avoir lu quelques réflexions sur le personnage de Chae Do-woo (incarné par Kim Kang-Woo) dans Story of a Man (qui illustre ce billet), en regardant un épisode, je me suis questionnée sur ce qui rend ces personnages si attrayants. Car, oui, Do-woo est vraiment sexy, dans toute son immoralité. On pourrait me reprocher de partir d’un exemple on ne peut plus facile, en Asie, ils ont des standards ultras élevés.

Mais, voilà, c’est valable pour les autres. Je me rappelle avoir lu à l’époque de Jekyll qu’une femme avait fait la réflexion que Jackman l’a laissé totalement indifférente, mais Jekyll faisait tout l’inverse.

Autre exemple : Michael C. Hall est quand même bien plus attirant en Dexter Morgan (même s’il est assez insupportable à parler toujours de lui) qu’en David Fisher, si on passe outre le fait qu’il était gay, d’accord ! Adrian Pasdar en Profit crevait l’écran, et ne possède pas du tout la même aura quand il endosse le brave type, comme dans Mysterious Ways.

Pourtant, dans les années 80, on ne peut pas dire que ce sentiment était vraiment présent. Passons au-delà des personnages torturés qui pouvaient peupler la télévision, le tombeur de ces dames était le héros, et à vrai dire, le méchant alimentait au mieux les cauchemars, au pire laissait indifférent, si on caricature.

L’évolution télévisuelle a offert au méchant – psychopathe, escroc, tueur, etc… – une place plus importante. Sans aller jusque là, le profil de l’homme pas forcément aimable, possédant un plus grand franc-parler, avec une bonne dose de machos ou autres ingrédients de ce type contre lequel, dans la vraie vie, la femme se sent obligée de lever le bouclier (du moins, celle qui prône l’égalité) est justement ce type-là qui fait rêver. Je sais bien, le bad boy n’est pas un mythe, la femme est réellement attirée par ce type d’hommes (comme par les pompiers…).

Alors, si on regarde à une autre échelle, n’allant donc pas voir du côté des méchants, mais juste du personnage dont l’amabilité n’est pas la qualité première, House ne charme pas que Cuddy. Des tas d’Anglaises ont admis trouver Gene Hunt à leur goût, personnage synonyme d’une époque où la misogynie n’était pas huée dans les couloirs.

Il y en aura toujours pour préférer le gentil (Ted) au tombeur (Barney), pour préférer l’homme sur son destrier (Sam Tyler) à celui à la grande gueule (Gene Hunt), au bon père de famille (Jackman) à son double psychopathe (Jekyll), mais qu’importe cela, car sur le plan de la performance, l’acteur se révèle toujours bien plus charismatique (et alors plus sexy) quand il incarne un personnage un peu plus ambigu.

Il existe sûrement des contre-exemples, des performances ratées, mais la question mérite amplement d’être posée, marquant assez bien l’évolution des personnages à la télévision, de l’attrait et de la fascination qu’ils peuvent exercer sur le spectateur.