Il y a deux semaines, j’écrivais un texte motivé par le désespoir que m’inspirait le personnage de Tyler dans « V ». Cette semaine, j’aurais bien pu en remettre une couche, mais je pense que j’ai fait le tour du sujet, alors évitons de nous faire plus de mal pour rien.

Au lieu de ça, parlons d’un sujet plus profond : NCIS.

NCIS est un drôle de spécimen. Souvent Systématiquement assassinée par ceux qui cherchaient leur McDonald’s de la série tv, NCIS en est à sa huitième saison et n’a jamais été autant suivie dans son pays d’origine. Je préfère éviter de parler du show dans le contexte de sa diffusion française, car il n’y a pas grand-chose à dire là-dessus.

Les raisons de ce succès intriguent forcément de plus en plus, surtout que ça ne semble pas être en passe de s’arrêter. Certains se disent que c’est une combinaison d’éléments aléatoires, entre le hasard d’une programmation et le besoin du spectateur. Je suppose qu’il y a largement la place pour faire une étude sociologique sur le sujet, certains pourraient même dire que c’est une nécessité, car ils ne comprennent pas pourquoi les gens regardent.

Moi, je regarde, et j’écris même dessus sur le site, ce qui n’est pas forcément évident à faire pour chaque épisode, mais c’est un problème que l’on rencontre avec tous les formula shows à un moment ou un autre.

Le fait est que NCIS est une série que j’apprécie, même si en tant que sériephile je ne l’ai jamais considérée comme étant une œuvre intéressante ou quoi que ce soit. Par là je veux dire que je peux être sériephile et regarder une série qui n’a pas beaucoup de profondeur. De toute façon, ça fait partie du contrat, NCIS n’a jamais brandi un autre étendard que celui du divertissement. Cela n’empêche pas ceux qui sont derrière le show d’avoir de l’ambition, même si celle-ci consiste à juste vouloir avoir la série numéro 1.

Quand elle a été lancée, les acteurs disaient clairement qu’ils étaient à la poursuite du titre détenu alors par CSI. Cela paraissait plus improbable qu’autre chose, ça pouvait même faire rire, sauf qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient, et maintenant on se demande comment une série de cet âge, qui devrait être sur le déclin, est au sommet son succès, ou est sur le point de l’atteindre.

La réponse, je ne la détiens pas, mais je félicite cette réussite, car NCIS est la preuve que les gens regardent encore la télévision. Ce n’est pas ce que les networks US ont de mieux à proposer, de loin, mais ce n’est pas ce qu’ils ont de pire non plus – de loin également. C’est juste 42 minutes par semaine d’histoires moyennement originales avec des personnages sympathiques que l’on connait bien et qui délivrent ce qu’on attend d’eux. Ni plus, ni moins.

Dans un sens, c’est le noyau dur de l’industrie du divertissement, la base nécessaire pour permettre au reste de faire autre chose.

Cela dit, NCIS arrive au point où elle va devoir évoluer, un moment qui fut difficile pour CSI, mais qui a fini par être payant. Reste à voir si NCIS négociera la courbe avec moins de remous. Basiquement, comment survivra-t-elle aux départs de membres de son casting, car à ce stade, c’est une éventualité qui risque de bientôt devenir une réalité.