À force de lire à droite à gauche que Freaks and Geeks était une superbe série, je me suis dit que j’allais quand même y jeter un coup d’œil. Je me souvenais qu’elle était plus ou moins passée inaperçue à l’époque, et qu’elle avait été annulée.

Mais voilà, le temps a passé, et la série a acquis une notoriété quasi insoupçonnée. Une de celles qui nous disent presque qu’on tient là l’une des meilleures séries. Parce qu’on aime l’emphase, tout devient vite génial à la télévision. En gros, il apparaît qu’elle a séduit les gens qui écrivent aujourd’hui sur les séries télévisées, aidée par le fait que ceux qui ont travaillé dessus se sont fait un nom depuis. Grâce à cela, elle a pu sortir de l’anonymat.

Pour ceux qui ne savent pas de quoi retourne Freaks and Geeks, c’est l’histoire de Lindsay Weir qui, suite au décès de sa grand-mère, fait des changements dans sa vie, à commencer par les gens qu’elle fréquente. Elle va alors rejoindre la bande de freaks de l’école. Son frère cadet, Sam, va au même lycée qu’elle et a deux amis avec qui ils forment les geeks. De temps en temps, le joueur de football et sa copine sont là, dans une caricature encore plus grossière.

Le point de départ de la série se base de toute façon sur des stéréotypes affirmés, ce qui rend légèrement difficile d’aller plus loin. Mais en soi, ce n’est pas ce qui m’a le plus gênée dans la série, ou tout du moins de ce que j’ai regardé de la série, n’étant pas allé au-delà des 4 premiers épisodes.

Autant dire que le courant n’est pas du tout passé entre la série et moi. Il fut un temps où je me serais sûrement forcée à regarder plus, et j’avais même prévu d’au moins atteindre le 8e. Mais j’ai mieux à faire de mon temps. Comprendre : pourquoi le perdre à regarder une série que je n’aime pas ? J’arrête rarement une série aussi rapidement, la précédente avec laquelle cela m’est arrivée, c’est Shameless UK (en toute logique, je ne regarde pas le remake !).

Freaks and Geeks ne me parle aucunement. Certains y voient un réalisme sur le portrait de l’adolescence. À savoir que cela se passe en 1980-81 et que mon adolescence a eu lieu dans les années 90, je ne me sens aucunement connectée par un pseudo-esprit de l’époque. Je ne conçois pas ce que j’ai vu du programme comme authentique, et à vrai dire, j’ai trouvé un certain nombre d’intrigues et de dynamiques relationnelles assez banales. Il y a une prévisibilité qui vient se mêler à la dure vie adolescente.

C’est ce qui me conduit à ce qui m’obsède depuis quasiment le début : cela me rappelle The Wonder Years. OK, c’était les années 60 et il y avait une voix off, mais l’aura qui semble flotter au-dessus me parait similaire, à moitié sensible, nostalgique et qui veut dépeindre les difficiles épreuves. À ce niveau-là, j’avoue être légèrement agacée par la place de Lindsay dans l’ensemble, pour la simple et bonne raison qu’il est un peu évident qu’elle n’a pas grand-chose à faire là. Mais bon, la crise d’adolescence que voulez-vous !

Je sais que ce n’est pas foncièrement mauvais – mais loin d’être génial -, seulement, je n’accroche pas du tout. C’est le genre de choses qu’on a tendance à oublier, mais qui finit par nous rattraper : une série, ce n’est au point de départ qu’une question de feeling. Dans le cas présent, il n’y avait rien du tout.